Des nouveautés qui n’en sont pas vraiment
La lecture du BO peut donner l’impression que le ministère ne fait pas complètement confiance aux personnels des rectorats et aux enseignant·es avec l’ajout de phrases telle que « La liste des 25 situations retenues dans chaque académie est confidentielle. ». S’il est vrai qu’ici ou là, des fuites ont pu avoir lieu, ou que des collègues ont préparé leurs élèves à un sujet proche d’une situation retenue, est-il nécessaire d’écrire cette « lapalissade » ? A noter que les collègues de PC et SVT sont placé·es dans la situation paradoxale de faire travailler voire réviser les élèves tout en connaissant les sujets choisis …
Il est aussi formalisé dans le texte que « lors de l’évaluation, deux professeurs examinateurs sont présents dans la salle » tandis « qu’un examinateur évalue au maximum quatre candidats ». Cela correspond à ce qui se pratique déjà sur le terrain, d’ailleurs certaines circulaires académiques le préconisaient déjà.
Le BO fait mention de consignes spécifiques quant au choix des sujets en PC : « Dans le cas des épreuves de physique-chimie, le tirage au sort s’effectue parmi un sous-ensemble des situations retenues par les professeurs de l’établissement comprenant au moins deux situations d’évaluation à dominante physique et deux situations d’évaluation à dominante chimie. Ce sous ensemble est renouvelé par demi-journée. ». Comment doit-on comprendre ce renouvellement par demi-journée : peut-il être partiel ou doit-il être intégral ? Trop rigidifier les choses pourrait amener localement à augmenter le nombre de sujets à choisir et donc à alourdir encore la charge de travail des personnels. Pourquoi ne pas faire confiance aux équipes ?
Des évolutions significatives
La question de l’évaluation est au cœur des nouveautés qui semblent plus significatives. En effet, le BO mentionne « qu’avant le début des épreuves, une réunion d’entente est organisée entre les professeurs évaluateurs afin d’analyser et partager les critères d’évaluation des différentes situations ». Là aussi cela peut donner l’impression que les enseignant·es ne faisaient pas les choses correctement les années précédentes… sachant que sur la question des critères d’évaluation, cela fait plusieurs années que nous nous plaignions d’un certain flou dans les sujets… D’ailleurs, du temps de service sera-t-il libéré pour participer à cette réunion d’entente ?
Plus loin est écrit « qu’à l’issue des épreuves, une réunion d’harmonisation est organisée afin de garantir l’équité de notations entre candidats ». Le BO est encore une fois un peu flou : à quel niveau se fait cette réunion d’harmonisation ? Celle de l’établissement ou celle l’académie ?
Si la formalisation des réunions d’entente et d’harmonisation permet de se mettre en conformité avec le BO portant sur le « Déroulement des corrections aux examens du second degré à compter des épreuves 2024 », il procède aussi de la volonté ministérielle de piloter les pratiques sous couvert d’équité de l’évaluation, dans la logique des PLE.
La réunion d’entente pourrait favoriser les décisions collégiales, prises en équipe, y compris quant aux choix des sujets et éviter des décisions autocratiques d’un·e coordinateur·trice de discipline peu enclin·e au dialogue. Par contre, l’harmonisation après l’épreuve n’a pas de sens, on retombe dans les travers d’une croyance d’une harmonisation a posteriori qui aurait un réel sens en termes d’équité d’évaluation, ce qui est tristement impossible au vu de la diversité des situations et du faible nombre de l’échantillon.
Le SNES-FSU demande que le ministère prenne en considération la responsabilité et la charge de travail inhérentes à ces épreuves expérimentales de physique-chimie et de SVT en rémunérant correctement les évaluateurs et les évaluatrices. Le SNES-FSU exige qu’une décharge de cours pour les enseignant·es de physique-chimie et de SVT soit inscrite dans les textes réglementaires nationaux plutôt qu’actée par les rectorats en amont de la passation de ces épreuves afin d’en assurer leur préparation. Enfin, le ministère doit fournir aux évaluateurs des fiches d’évaluation avec des critères de réussite et des attendus plus clairs pour chaque situation expérimentale retenue par les IA-IPR.







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