Les retours de terrain
Le SNES-FSU organise une météo des classes (2 questions, 5 mn, complétez notre enquête avec vos identifiants) pour mettre en lumière les réalités du terrain : un bâti scolaire toujours pas adapté et des salles surchauffées. Notons qu’à ce stade, aucun des responsables politiques si prompts à parler de raccourcissement des vacances d’été, ne s’est exprimé pour envisager d’allonger l’année scolaire en juillet et de reprendre plus tôt en août : la situation critique, en mai, montre bien qu’il serait irresponsable d’allonger l’année scolaire l’été.
Quelques témoignages aussi reçus via les réseaux sociaux
« Quasi 32…sans allumer le vidéo proj’. Ceci dit 32 élèves pour 32 degrés on était raccord… l’enfer en Bretagne »
« 37° de 11h à 17h. 32 de 8 à 11h.
Académie de Lille, préfabriqués. J’ai fini par filer au supermarché du coin acheter de l’eau sur mes deniers propres! Ras le bol de l’apathie de l’EN! »« 33 degrés cet après-midi. Un mini ventilateur sur pied pour toute la classe »
La parole hors sol du ministre
Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, s’est invité mardi matin pour tenter de délivrer un discours rassurant, pas loin de revisiter le fameux « on est prêts » du Covid. Chacun pourra juger : des consignes envoyées le matin même alors que l’alerte aux fortes chaleurs existait depuis quelques jours, du bon sens conjugué à tous les temps (faire cours dans des salles fraîches, équiper les élèves de casquettes et de gourdes, mettre de la crème solaire etc).
Le ministre a également évoqué les opérations de rénovation du bâti scolaire en cours, reconnaissant qu’elles prennent du temps.
Il renvoie à plus tard des décisions éventuelles d’annulation et report des épreuves du bac (les épreuves du bac professionnel commence cette semaine).
Un discours hors sol, loin de prendre la mesure de la gravité de la situation.
L’action du SNES-FSU
Le SNES-FSU fait le point sur les textes et vos droits pour protéger votre santé. Les équipes militantes des sections académiques sont aussi à vos côtés pour vous accompagner dans vos démarches individuelles et collectives. Le ministère, en tant qu’employeur, a des obligations, définies notamment dans le décret de mai 2025 : il ne peut échapper à ses obligations en matière de prévention, d’évaluation des risques et de protection.
Pour un plan national de rénovation du bâti scolaire
Contrairement au(x) gouvernement(s), le SNES-FSU n’a pas attendu l’arrivée d’une période fortes chaleurs pour agir. Depuis plusieurs années, il alerte sur l’état du bâti scolaire et la nécessité d’un grand plan de rénovation des collèges et des lycées. En 2024, il a été la première organisation à mener une grande enquête sur le bati scolaire et les conditions de travail : les volets ou protections extérieures sont absents dans 43% des établissements, alors qu’ils pourraient faire diminuer la chaleur de 3 à 4 degrés dans les classes. Les températures ont dépassé les 30° dans 63% des établissements avec des pics à 38° (5%) et 40 degrés (5%). 91% des répondants subissent des températures parfois néfastes pour leur santé.
Il est possible de proposer des solutions concrètes dans les conseils d’administration des collèges et lycées pour améliorer les conditions de travail et d’études en prenant en compte les enjeux de la crise climatique (végétalisation, isolation et ventilation, peinture blanche à effet albedo, réduction de la consommation énergétique, bannissement du plastique jetable…).
Le bâti scolaire doit faire l’objet d’un plan d’investissement à la mesure des enjeux de réduction de consommation énergétique. Les collectivités territoriales doivent y affecter des moyens nécessaires. Mais les coupes budgétaires de ces dernières années ont aussi touché les budgets dédiés à la rénovation thermique des établissements.
Selon tous les rapports consacrés au sujet, il faudrait a minima 5 milliards d’euros supplémentaires par an pendant 10 ans, en supplément des subventions de l’État annuellement accordées aux collectivités. Alors que le nombre de jours de vagues de chaleur sera multiplié par 5 dans une France à +2,7 °C et par 10 dans une France à +4 °C, ces investissements sont stratégiques car ils permettront d’assurer la continuité et l’égalité d’accès à un service public de qualité. Le SNES-FSU demande la mise en œuvre d’un plan national de rénovation du bâti scolaire, qui nécessite la mobilisation commune de l’État et des collectivités territoriales




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