Le ministère et les rectorats utilisent la baisse démographique pour fermer des classes, augmentant mécaniquement l’effectif dans les autres divisions et multipliant compléments de service et mesures de carte scolaire alors même qu’il faudrait rétablir des milliers d’emplois pour revenir au taux d’encadrement de 2017. Dans l’académie de Poitiers par exemple, c’est aussi le prétexte pour que des communes cessent de financer l’entretien d’écoles en déménageant leurs élèves dans un collège voisin. Ces regroupements favoriseront les échanges de service interdegrés puis le projet d’École du socle ou d’École fondamentale. Des établissements privés sous ou hors contrat pourraient même racheter certains de ces locaux déjà aménagés selon leurs besoins.
L’absence de remplacement de personnels sur des semaines contribuent au ras-le-bol des équipes éducatives comme dans un collège de Rennes, en grève, pour réclamer d’urgence un.e CPE.
En Seine-et-Marne, une équipe a collectivement fait reculer un principal qui organisaient les réunions de fin d’année pendant les vacances, la semaine de 8 juillet !
Ailleurs, des professeur.es résistent collectivement face à des personnels de direction qui tentent d’imposer l’uniformisation de pratiques d’évaluation sous le nom de protocoles d’harmonisation ou autre, voire projet local d’évaluation comme au lycée (PLE).
Les « 800 » et les « 21 »
Parmi les « 21 collèges » dont l’IPS est le plus faible, des équipes se mobilisent régulièrement jusqu’à la grève pour obtenir un classement d’urgence en éducation prioritaire car la signature d’un Contrat local d’accompagnement (CLA) imposé par le ministère ne peut pas répondre à leurs problématiques. C’est notamment le cas des collèges Gérard Philippe à Clermont-Ferrand et Honoré-d’Urfé, à Saint-Étienne.
C’est aussi le cas de collèges qui ont été retenus dans le dispositif « 800 collèges en progrès » comme à Saint-Chamond dans la Loire et d’autres en Seine-Saint-Denis, en grève pour obtenir le label et dont les équipes résistent au quotidien contre le pilotage par les indicateurs.
Les quatre demi-journées de diagnostic, qui ont souvent ressemblé à celles d’un établissement en « auto-évaluation » ont donné lieu à divers types d’actions de la part des équipes : imposer la question des moyens dans le débat, le boycott et même la grève. Des moyens, il y en a peu ou pas, voire moins dans ces collèges où il faudrait réapprendre son métier pour faire mieux avec moins. Dans l’académie de Lille, les « feuilles de route » tardent à être exposées aux équipes récalcitrantes, tandis que le recteur de l’académie de Créteil s’invite dans des collèges qui résistent en espérant convaincre les personnels ainsi mis sous pression.
Le SNES-FSU rappelle que les « 800 collèges en progrès » concurrence la politique nationale d’éducation prioritaire, tout comme la proposition de loi de sénateurs centristes qui tend à ruraliser, donc à territorialiser, cette politique originellement sociale et nécessaire.
Les sections syndicales du SNES-FSU accompagnent les équipes de ces collèges dans leurs mobilisations.







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