Les élèves ont besoin de mener ensemble leurs apprentissages sans que ne soient favorisées la sélection et la distinction de quelques un·es à travers ce concours, d’autant que deux épreuves ne relèvent pas des disciplines enseignées mais du capital culturel des familles. Ce concours n’est demandé ni par les personnels ni par les parents d’élèves. Les résultats seraient en outre exploités auprès des familles dans une logique de concurrence entre réseaux et entre établissements. Il s’inscrit dans un projet politique qui dilue la politique d’éducation prioritaire, écarte les élèves les plus en difficulté d’une scolarité choisie au lycée et flatte l’élitisme. L’arrêté créant le concours a été rejeté à 51 voix Contre, 1 voix Pour (un syndicat du patronat), 2 voix en abstention et 1 refus de vote. Si le ministre s’entête et publie cet arrêté, le SNES-FSU appellera les collègues à ne pas promouvoir ce concours ni à y inscrire les élèves.
La déclaration préalable du SNES-FSU ci-dessous aborde aussi les conditions déplorables de corrections des jury d’examens et le boycott des manuels scolaires de la galaxie Bolloré.
Madame la directrice, Monsieur le chef de service, Monsieur le Président, Mesdames Messieurs,
Mardi, les AESH appelées à la grève par l’Intersyndicale ont exprimé avec force dans toute la France leurs revendications pour la création d’un corps de la Fonction publique. Il permettrait de sortir de la précarité l’ensemble des AESH avec un vrai salaire et une professionnalité enfin reconnue. La création d’ « assistants d’accessibilité » quand les autres AESH en seraient exclues et resteraient contractuel.les n’est pas une réponse acceptable. Le SNES-FSU portera ses mandats sur les personnels en situation de handicap et l’école inclusive à la CNH du 25 juin à Bobigny
Le 2 juin, la journée de mobilisation intersyndicale a permis une autre mobilisation, celle des AED avec plus d’un quart des vies scolaires fermées. Les revendications salariales, pour la réduction du temps de travail et de la fin des entraves à l’accès au CDI doivent être entendues. Le SNES-FSU poursuit ses actions pour que les discussions dans les académies sur les grilles salariales soient débloquées et pour la création d’emplois d’AED.
Les annulations ou gels de crédits sur le budget 2026 prévus par le Premier ministre à hauteur de 6 milliards pourraient toucher la recherche et l’enseignement, plus particulièrement les budgets vie de l’élève et les emplois d’AED. Le SNES-FSU dénonce toute coupe budgétaire dans un contexte où le climat scolaire est de plus en plus tendu dans les établissements.
Les crédits pédagogiques pour renouveler les collections de manuels scolaires sont d’ailleurs déjà passés de 80 millions à 37 millions pour le budget 2026. Tout indique que les équipes seront bridées dans leurs choix. Le SNES-FSU revendique des crédits suffisants pour permettre l’achat de manuels alors que les programmes sont renouvelés. La mainmise de l’empire Bolloré sur l’édition scolaire est un autre problème majeur. Le SNES-FSU appelle les collègues à la vigilance sur le choix des manuels et soutient les initiatives de boycott des manuels Hachette, Hatier, Le Livre scolaire, Foucher, Didier.
La réforme de la formation initiale dégrade nettement les conditions de formation des futur·es lauréat·es des concours L3 et M2 : fermeture de filières, regroupement interacadémique de formations, conditions d’affectations incertaines en l’absence de barème, etc. Avec des lauréat·es du CAPES L3 a priori bien plus nombreuses et nombreux à être déjà inscrit·es en master, des réservations supplémentaires de poste pour en faire des berceaux dégraderont les mutations des titulaires, les affectations des TZR et l’accès à l’emploi des contractuel·les.
Le SNES-FSU rappelle son opposition à tout service devant élève dans le cadre de la formation initiale. Dans les disciplines les plus déficitaires, les doubles inscriptions aux concours L3 et M2 laisseront des places non pourvues : le SNES-FSU demande de déclarer admis·es au CAPES les candidat·es admissibles à l’Agrégation, une mesure réglementaire qui permettrait de pourvoir sans attendre plusieurs postes. Pour les autres disciplines, des listes complémentaires doivent être ouvertes.
Le SNES-FSU fera très vite le bilan des premiers résultats de cette réforme qui ne résoudra pas la crise d’attractivité dans nos métiers. Revenir à un haut niveau de qualification, revaloriser les salaires et améliorer les conditions de travail sont incontournables pour y parvenir. Il y urgence à prendre des mesures salariales et indiciaires pour l’ensemble de la carrière, depuis les tout premiers échelons pour les faire décoller du SMIC jusqu’à la Classe exceptionnelle pour en débloquer l’accès dans le second degré avec des taux de promotion à tripler de toute urgence. Alors que le rapport annuel du COR dévoilé aujourd’hui proposera d’allonger encore les carrières dans la Fonction publique, le ministère ne peut pas laisser sans perspective de promotions plus de 20 000 certifié·es bloquées à la hors-classe, dont 65 % sont des femmes.
Avec la période des examens, les surveillances et les multiples convocations comme jurys font peser une lourde charge de travail et une responsabilité importante sur les personnels. Le SNES-FSU dénonce l’absence de véritables mesures pour alléger la pression sur les collègues de lettres, de philosophie et de mathématiques. Une revalorisation des indemnités de correction du DNB est par ailleurs indispensable, le taux actuel à 75 centimes la copie, parfois à se partager entre deux correcteurs et correctrices pour le sujet de sciences, est une provocation. Le SNES-FSU appelle le ministère à un sursaut pour prendre la mesure des attentes de la profession.
A Mayotte, le SNES-FSU est aux côtés des personnels dont les conditions de travail ne cessent de se dégrader. Les EMS et les AED se mobilisent pour faire reconnaître les spécificités de leurs conditions d’exercice dans un contexte social dramatique (violences, intrusions, attaques d’établissements). Le dialogue social reste heurté et les dernières réponses de la Rectrice ne sont pas satisfaisantes. L’administration ne semble pas prendre la mesure de la situation. Le mouvement social continue : hier, les manifestants ont bloqué la circulation à Mamoudzou et aujourd’hui, la grève est reconduite.
Enfin, la mort de Lyhanna a suscité une grande émotion. Le SNES-FSU a une pensée pour sa famille, ses camarades de classe et les personnels de son collège. Le gouvernement et le président de la République ont directement ciblé les magistrat.es, continuant ainsi d’affaiblir sciemment la confiance en l’État de droit. Des magistrats et des avocat.es alertent pourtant depuis des années sur les dysfonctionnements du système judiciaire en matière de violences sexuelles, de même que sur l’insuffisance des moyens budgétaires accordés à ce service public. Le SNES-FSU participe à la campagne de la Coalition féministe pour une loi-cadre intégrale contre les violences sexuelles.





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