Un déclassement salarial insupportable
Entre 2020 et 2026, la valeur du point d’indice n’a augmenté que de 5 % alors que l’inflation était de 21 % ! Si le point d’indice avait augmenté comme l’inflation de 21,28 % depuis 2020, un·e certifié·e au dernier échelon de la hors-classe toucherait 504€ net de plus par mois. Ces chiffres à eux-seuls témoignent du déclassement salarial et social des fonctionnaires, notamment dans l’Education nationale, organisé par les gouvernements successifs.
Depuis 2017, il y a eu seulement deux augmentation de la valeur du point d’indice, d’une part en juillet 2022 et d’autre par juillet 2023, à hauteur de 3,5 % puis de 1,5 % ne compensant pas l’inflation sur la même période, puisque l’indice des prix à la consommation (IPC) a augmenté de 5,7 % en 2022 puis de 3,7 % en 2023. Et si on remonte à 2010, l’inflation a progressé de 27,7 % sur 16 ans quand le point d’indice n’a augmenté que de 6,8 % : c’est une perte considérable de pouvoir d’achat !
Avec la hausse de l’inflation, la situation salariale des agent·es de la Fonction publique, déjà critique, est devenue intenable. La hausse de 2,2 % du SMIC au 1er juin 2026 pour suivre l’inflation a entrainé le passage en dessous du SMIC de près d’un million d’agent·es. En effet, le gouvernement refuse de revaloriser le point d’indice mais aussi le minimum indiciaire Fonction publique, qui passe ainsi en dessous du SMIC. Comme cela n’est pas légal, le gouvernement est contraint alors à verser à des centaines de milliers d’agent·es, dont les AED, les AESH et même les futur·es élèves-fonctionnaires, recruté·es à bac+3, une indemnité compensatoire pouvant aller jusqu’à 67 €. En refusant de revaloriser les grilles indiciaires, il persiste dans une politique d’appauvrissement des fonctionnaires.
Car le bilan en termes de carrière est également dans le rouge : rien n’a été fait pour les milieux de carrière dans l’Education nationale, scandaleusement oubliés des maigres annonces de ces dernières années. Il en résult tassement de la carrière, accentué par la scandaleuse dégressivité de la prime d’attractivité Blanquer.
Du fait des choix des derniers ministres en matière de taux de promotions à la classe exceptionnelle pour les personnels du 2de degré, le déroulement des carrières des professeur·es, CPE et PSY EN, s’arrête à la fin de la hors-classe pour presque toutes et tous, et des dizaines de milliers de nos collègues, dont une majorité de femmes, n’ont plus de perspective crédible d’avancement et de promotion 10 à 15 ans avant leur fin d’activité et leur départ en retraite, alors que les carrières s’allongent depuis les dernière réformes des retraites dont celle de 2023. 15000 enseignant·es ont plus de 60 ans et n’ont toujours pas accédé à la classe exceptionnelle.
Or, finir sa carrière à la hors-classe,
– c’est 590€/mois en moins sur le salaire de fin de carrière par rapport à la classe exceptionnelle.
– c’est 350€/mois en moins sur la retraite ensuite
Les exigences du SNES-FSU
Le SNES-FSU revendique notamment
– l’augmentation d’au moins 15 % de la valeur du point d’indice
– l’indexation du point d’indice sur les prix
– la refonte des grilles des corps enseignants et assimilés avec l’ajout de 130 points pour le premier échelon et des progressions d’au moins 40 points par échelon
– pour l’accès à la classe exceptionnelle, un taux de promotion de 29 % pour le second degré, ainsi aligné sur celui du premier degré
| L’explosion de la part de contractuel·les parmi les agent·es de la Fonction publique, passée de 15% en 2010 à 25% en 2026 dans la suite de la loi de transformation de la fonction publique et pourrait atteindre 33% en 2033. Est-ce le signe de la volonté politique de tirer parti du renouvellement massif des générations qui s’annonce pour réduire drastiquement voir mettre en extinction le statut de la Fonction publique ? Cette orientation politique pose des problèmes essentiels, entre terme de conditions matérielles faites aux contractuel·les et aux non-titulaires, en termes de concurrence entre contractuel·les et titulaires dans les embauches et les affectations, en termes d’égalité de traitement pour les usagers. Le sort réservé aux non-titulaires varie selon les académies. Seule la mise en place d’une grille de rémunération nationale revalorisée, transparente et opposable, permettra de garantir l’égalité de traitement entre tous les personnels, quel que soit leur lieu d’exercice. Le SNES-FSU rappelle sa demande d’un plan pluriannuel de titularisation pour résorber la précarité dans les métiers de l’enseignement. |
Dans l’action !
Le rendez-vous salarial du 6 juillet
La pugnacité de l’intersyndicale Fonction publique a permis d’arracher au ministre de la Fonction publique David Amiel un rendez-vous salarial le 6 juillet. Si, à ce stade, nul ne sait ce que le ministre aura à proposer, la FSU, avec l’intersyndicale sera intransigeante sur l’urgence d’une revalorisation des traitements. Lors d’une précédente réunion, alors que le ministre évoquait des mesures pour….l’après 2027, toute l’intersyndicale avait claqué la porte de la réunion.
La journée d’action du 29 septembre
Dans la Fonction publique, la CGT, la CFDT, l’UNSA, la FSU, Solidaires, la CFE-CGC et la FA-FP appellent à la mobilisation, y compris par la grève, le mardi 29 septembre. En étant nombreuses et nombreux dans la rue, nous pourrons peser sur les arbitrages budgétaires à venir pour gagner des mesures de revalorisation.
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Suppléments SNES et FSU
(matériel à venir)



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