Alors que dans les années 70, 50 % des jeunes sortaient du système éducatif après l’école primaire, en 2026, 50% des jeunes ont un niveau de formation supérieur au baccalauréat. Les objectifs de 80% d’une classe d’âge au baccalauréat et de 50% d’une classe d’âge diplômée du supérieur sont donc atteints.

Depuis les années 2000, on assiste à une certaine stagnation des chiffres et parallèlement, à une baisse de la natalité. Mais on peut constater que loin d’en profiter pour améliorer les conditions d’études et de travail, des fermetures de classe et des suppressions de formation se poursuivent, voire s’accentuent.

Il s’agit bien d’un changement de cap de la politique éducative.

Il devient de plus en plus clair que l’État pressé par certains milieux économiques a choisi la « décroissance éducative »[1]. Les réformes Blanquer à tous les étages du système éducatif ont déjà profondément accentué la compétition scolaire et la sélection. Ce n’est que face à la protestation générale que G. Attal a dû renoncer à faire de l’obtention du DNB une condition pour le passage en seconde.

E. Geffray a cherché du côté de l’orthographe le moyen de sanctionner davantage les candidat·es au baccalauréat mais sans grand succès. L’heure est donc désormais à la limitation des poursuites d’études, cela a été mis en évidence par les sociologues pointant l’arrêt ou le recul de la massification de l’enseignement supérieur depuis la gouvernance du président Macron.

J. Gossa [2] dans un article récent dévoile que les indicateurs de performance annexés au budget de l’État prévoient que Parcoursup ne donne pas de réponse positive à tous les néobacheliers. La cible était de 95% en 2024, de 93,5% en 2025 et ont été atteintes. En clair, il est programmé que près de 7 % des jeunes des n’auront pas d’affectation dans l’enseignement supérieur après leur bac et donc, ne sont censés poursuivre d’études.

La réforme de l’enseignement supérieur menée l’an dernier par le ministre Baptiste, chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a déjà montré ses effets avec des réductions de crédits drastiques, conduisant à des fermetures de filières et à une augmentation sans précédent des frais d’inscription. La création d’EPE (établissements publics expérimentaux)permet le mélange entre public et privé et de possibles dérogations au cadre législatif et réglementaire des universités.

Les instruments de cette politique sont déjà en place dans tout le système éducatif:

  • Grande liberté laissée au local, et absence de cadrage national
  • Diminution de l’offre de formation/ Recours aux expérimentations qui permettent de s’affranchir des cadres réglementaires
  • Externalisation et financement du privé
  • Développement des contractualisations
  • Confusion public et privé

On les retrouve dans la création des PAS, dans les conventionnements avec les ARS, dans l’externalisation des prises en charge des enfants « déctectés » TND ou rencontrant des troubles psychiques.

Les PsyEN sont pris·es comme les autres personnels dans cette politique qui s’inscrit totalement à l’opposé des valeurs de leur métier, de leur conception de l’éducation et du développement des enfants et des adolescent·es.


[1] Julien Gossa, Loi Baptiste : une lecture en marche arrière, dans https://blog.educpros.fr/julien-gossa/2025/07/03/loi-baptiste-une-lecture-en-marche-arriere/

[2] Julien Gossa, Enseignement supérieur: vers la démassification, Revue L’école émancipée, n°118, mars-avril 26



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