Grève 5 novembre

Dans la continuité des mobilisations du début d’année, l’interpro appelle à la grève le 5 novembre pour les salaires et les emplois. Cette journée a une résonance particulière dans l’Education nationale : le mouvement lycéen, dont bon nombre de revendications rejoignent les nôtres, oblige le gouvernement à répondre. Le ministre du Travail affirme que la question de la hausse du SMIC n’est pas « tabou ». Le ministre du Budget, David Amiel, a déclaré il y a quelques jours « Evidemment que ces mesures, notamment [concernant] les plus fortunés, pourraient encore être renforcées » en évoquant les mesures de lutte contre l’abus d’optimisation fiscale. Les lignes bougent, les totems indépassables d’hier vacillent sous la pression du rapport de force, c’est le moment de se retrouver, nombreuses et nombreux, dans la grève et dans la rue pour pousser encore plus fort nos revendications !

Les 5 raisons d’être en grève le 5 novembre

Raison n°1 : un moment décisif pour gagner !

Depuis plusieurs semaines, les lycéennes et les lycéens se mobilisent contre leurs mauvaises conditions d’études. Leur mobilisation, massive, déterminée, joyeuse et qui s’inscrit dans la durée, avec notre soutien, sur la base de revendications que nous portons en grande partie, a obligé le gouvernement à répondre. Moyens, bâti scolaire, Parcoursup, si ces premières réponses sont jugées, à juste titre, insuffisantes par les organisations de jeunesse, les lignes ont bougé grâce à la mobilisation.

Dans la suite de la grève du 29 septembre dans la Fonction publique pour nos salaires, les revendications dénonçant la vie chère et l’absence de mesures salariales significatives ont pris de l’ampleur : des manifestations ont réuni plusieurs centaines de milliers de personnes, malgré les tentatives du gouvernement de les interdire et de porter un coup frontal à la liberté de manifester.

Ces dernières semaines ont montré qu’une mobilisation dans la durée pouvait obliger le gouvernement à répondre aux revendications. Nous entrons dans le vif des discussions budgétaires. La grève du 5 novembre doit être massive. Dans un moment charnière pour le mouvement social, alors que le gouvernement est sur la défensive et que le rapport de force est de notre côté, la participation de chacune et chacun va être décisive. C’est le moment de généraliser la grève et de massifier la mobilisation pour gagner ! Le SNES-FSU discutera des suites rapides à donner à cette journée, en s’appuyant sur une grève massive le 5 novembre.

Raison n°2 : pour nos salaires

Les personnels de l’Education nationale vivent directement les conséquences de l’austérité salariale (notamment le gel de la valeur du point d’indice) qui leur est imposée depuis trop d’années. Le déclassement salarial et social de nos professions est avéré. Il pèse lourdement sur l’attractivité de nos métiers, ainsi que sur le quotidien des personnels. Entre 2020 et 2026, la valeur du point d’indice n’a augmenté que de 5 % alors que l’inflation était de 21 % ! Si le point d’indice avait augmenté comme l’inflation de 21,28 % depuis 2020, un·e certifié·e au dernier échelon de la hors-classe toucherait 504€ net de plus par mois.

Ce gouvernement, comme les précédents depuis 2022, a multiplié les réponses provocatrices et hors sol. En réactivant le Pacte pour répondre à la pénurie de remplaçants, et les HSE à la rentrée 2027, Edouard Geffray ne déroge pas à la règle : il opte pour des dispositifs synonymes de « travailler plus pour s’épuiser plus » qui ne sont en rien de la revalorisation. Cela suffit !

Nos revendications

– Augmentation du point d’indice (+20 %) et revalorisation des carrières (stagiaires à 2 000 €, fusion classe normale et hors-classe, classe exceptionnelle pour toutes et tous).
– Mesures spécifiques pour l’égalité professionnelle femmes-hommes.
– Titularisation des AESH.
– Plan de titularisation des non-titulaires
– Grilles nationales de rémunération pour les AED, AESH et non-titulaires.


Raison n°3 : pour des moyens pour le second degré

En matière de moyens, le 2d degré public a été maltraité ces dernières années. Depuis 2006, il a accueilli 63 262 élèves supplémentaires mais a perdu 29 846 emplois de professeurs ! Résultat, la France a les classes les plus chargées d’Europe en collège et plus de 3/4 des classes de 2de ont plus de 30 élèves. Le gouvernement a annoncé, en guise de réponse au mouvement lycéen, revenir sur les suppressions de postes annoncées et de créer 500 emplois pour diminuer les effectifs dans certaines classes de 2de et 1264 pour ouvrir des classes en BTS. Si le ministre reconnait enfin la nécessité de fixer des seuils sur les effectifs, ce que le SNES demande depuis des années, cela ne peut se limiter à certaines classes de 2de. Il faut diminuer les effectifs sur tous les niveaux, en collège et en lycée.

Il faut aussi des équipes pédagogiques et éducatives complètes : à la rentrée, le SNES-FSU a montré que ces équipes (professeurs, CPE, PsyEN, AED et AESH) étaient incomplètes dans 73% des collèges et des lycées. Il y a urgence à créer des emplois dans les différentes catégories de métiers, pour recruter et améliorer les conditions de travail.

Nos revendications

– 24 élèves maximum par classe en lycée et 20 en collège (16 en REP/REP+).
– 1 poste de CPE pour 250 élèves, 1 poste de Psy-ÉN pour 600 élèves, au moins 2 prof. documentalistes par établissement.
– 1 AESH pour 1 à 2 élèves maximum

Raison n°4 : pour en finir avec le lycée Blanquer

Réforme du lycée, réforme du bac, Parcoursup : depuis 2019, le SNES-FSU a pointé les problèmes et impasses de ces réformes. Emplois du temps intenables, tri à l’entrée à l’université, pression du contrôle continu….tout était tellement prévisible. Le ministère a aussi annoncé l’ouverture de chantiers sur le contrôle continu et les emplois du temps, reconnaissant implicitement les impasses du lycée Blanquer. Ces totems présentés comme indépassables sont en train de bouger. Pour le SNES-FSU, il faut aller plus loin. On ne peut se contenter de rustines qui, en bougeant tel ou tel élément, pourraient créer de nouveaux problèmes. Il faut déblanqueriser le lycée et en finir avec les réformes du lycée, du bac et de Parcoursup !

Nos revendications

– Remise à plat du lycée Blanquer avec reconstitution des groupes classes sur des contenus cohérents évitant les emplois du temps « en barrettes » jusqu’à 18 heures.
– Fin du bac Blanquer avec mesures immédiates : suppression du Grand oral, retour aux épreuves terminales et fin du contrôle continu.
– Abrogation de Parcoursup et augmentation des places dans l’enseignement supérieur public pour les 160 000 jeunes toujours sans affectation.

Raison n°5 : pour un plan ambitieux et national de rénovation du bâti scolaire

Le SNES-FSU documente depuis plusieurs années l’état désastreux des collèges et des lycées. Il a ainsi mené plusieurs enquêtes auprès de la profession pour faire un état des lieux du bâti scolaire et, par exemple, faire une cartographie précise de la situation lors des derniers épisodes caniculaires, ce que le ministère n’a jamais été capable de faire.

Le SNES-FSU a salué la somme de 4 milliards d’euros mise sur la table pour la rénovation du bâti scolaire ces derniers jours. Mais, Mais il n’est pas possible d’en rester à 4 milliards jusqu’en 2030 quand on sait qu’il faut 4 à 5 milliards d’euros par an pendant 10 ans pour la rénovation thermique du bâti scolaire. 4 à 5 milliards cela représente 2 à 3% des aides aux grandes entreprises que le gouvernement reconnaît avoir versé aux grandes entreprises en 2024. Ce plan est donc largement finançable pour en finir avec les bouilloires thermiques que sont nos établissements scolaires. Le SNES-FSU alerte aussi sur la situation très critique des DROM notamment sur ce sujet. Il y a 4 semaines, les responsables des sections académiques des DROM avaient été reçu au ministère, et il n’y avait eu aucune ouverture sur le sujet.
Le SNES-FSU demandé la création d’un espace de discussion au niveau national, regroupant les représentants des personnels, des élèves, des parents, des collectivités, pour suivre les travaux, partager les informations, croiser les remontées de terrain avec une boussole : s’assurer de l’égalité sur le territoire sur le sujet bâti scolaire.

Nos revendications

– 5 milliards d’euros par an pendant 10 ans.
– Plan d’urgence État-collectivités pour l’adaptation et l’équipement des établissements avec des mesures immédiates (protections solaires, ventilation, rafraîchissement de certaines salles, etc.).
– Protocoles ministériels pour protéger l’ensemble des personnels et des élèves en cas d’épisodes de chaleur ou de froid

Où manifester le 5 novembre ? (carte en cours de construction)

Les outils de la mobilisation

Visuels/Pancartes

Tract

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Communiqué

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