Intervention dans les plénières, actions collectives lors des demi-journées banalisées, motions, propositions de rédactions qui permettent d’éviter les pièges du PLE… vous trouverez dans cet article des témoignages des actions en cours dans les lycées. Vous pouvez contribuer à enrichir cette rubrique en envoyant votre témoignage à lycees@snes.edu.

Pour vous informer :

– l’analyse par le SNES du guide disciplinaire des IG à télécharger

– le guide syndical sur le PLE à lire ici

– le tract qui résume le tout  « 5 minutes pour comprendre le PLE et les risques pour nos métiers »

Agir collectivement

Les demi-journées banalisées permettent aux équipes de se concerter pour exprimer leur désaccord et rédiger des motions, faire venir la presse ou proposer des rédactions de PLE.

Une collègue d’un lycée de Paris témoigne « Chez nous la réunion plénière en demi-journée banalisée a été l’occasion d’un beau tir croisé contre le PLE. Finalement, la direction a fait comprendre qu’elle était un peu en service commandé et tenait surtout à régler la question de l’absentéisme des élèves aux contrôles.Ensuite, on a réussi à faire un texte commun, en passant dans toutes les salles où étaient réunies les équipes disciplinaires pour proposer un texte qui a même convaincu les plus hésitants : « Chaque enseignement fera l’objet d’une ou plusieurs évaluations par trimestre ou semestre. Ces évaluations seront propres à chaque enseignement et à chaque groupe en cohérence avec les programmes et les besoins pédagogiques de chacun de ces groupes » »

Dans un lycée des Yvelines, un collègue raconte « Nous avons pas mal bataillé car nous voulions imposer notre projet PLE. En voyant ça le chef ne s’est pas montré enthousiaste du tout. L’affaire est suspendue. »

Selon les disciplines

Plusieurs équipes font le choix d’une déclinaison disciplinaire avec l’objectif de garder la main sur la rédaction. Des formulations larges souvent précédées de préambule font consensus car elles ont le mérite de respecter la liberté pédagogique.

Dans une lycée de l’académie de Nantes, les collègues ont rédigé ainsi le PLE pour la partie SVT : « L’évaluation en Sciences de la vie et de la Terre conjugue des contrôles de connaissances (QCM, questions ouvertes, questions de synthèse…), des évaluations de compétences, notamment expérimentales et de raisonnement/argumentation scientifique, des travaux de groupes, des oraux, d’éventuels projets… L’enseignant se donne la possibilité d’assortir les notes de coefficients en fonction du type d’évaluation ci-dessus, de situations pédagogiques spécifiques… La représentativité de la moyenne sera basée sur une diversité/pluralité de situations d’évaluation. »

A Toulouse, l’équipe de maths d’un lycée : « Avant toute chose, l’équipe pédagogique tient à faire part de son profond attachement : au baccalauréat national, terminal et anonyme ; à notre liberté pédagogique, inscrite dans la loi, à laquelle le conseil pédagogique ne peut porter atteinte. Le Décret n° 2021-983 du 27 juillet 2021 modifiant les dispositions du code de l’éducation relatives au baccalauréat général et au baccalauréat technologique indique : « le décret prévoit pour tous les candidats que le baccalauréat général et technologique comprend des épreuves terminales portant sur des enseignements communs et des enseignements de spécialités, des évaluations sous forme de contrôle continu portant sur les enseignements ne faisant pas l’objet d’une épreuve terminale, dont les enseignements optionnels, … » Par conséquent notre discipline n’est concernée que pour : en filière générale : – l’enseignement de spécialité s’il est abandonné en fin de première, – l’option math experte et math complémentaire en terminale – l’enseignement scientifique, surtout en terminale puisque nous n’avons pas d’heure en première. En filière technologique (S.T.L.) le tronc commun mathématique. Dans tous ces domaines, un nombre suffisant d’évaluations sera fait afin de pouvoir établir une note de contrôle continu reflétant les acquis et les progrès des élèves. »

Uniformiser les «  harmonisations » !

Les déclinaisons disciplinaires du PLE peuvent ne pas suffire à certains proviseurs qui en demandent toujours plus pour normaliser les pratiques !

Dans un lycée de Lorraine, le chef d’établissement souligne « la richesse des productions   mais aussi leur diversité ». Il suggère donc une « trame commune » articulant « objet des évaluations, nature des évaluations, principe de calcul de la moyenne trimestrielle ou semestrielle, nombre de notes, absences et rattrapage, fraude » avec un modèle à l’appui inspiré de la proposition d’une des équipes disciplinaires. « Son intérêt réside dans les marges d’autonomie qu’elle laisse à chaque discipline : choix du type d’évaluation, coefficient, poids relatif, nombre de notes… tout en offrant un cadre qui ne nous enferme pas dans un « contrat » avec les élèves qui pourrait se retourner contre nous par la suite : par exemple absence d’un enseignant pour maladie qui a construit sa moyenne avec X notes dans le trimestre et qui ne serait pas remplacé. » Si la prudence de ce proviseur est à saluer dans cette dernière remarque, il n’en demeure pas moins qu’il attend des collègues d’uniformiser leur harmonisation à partir d’un modèle prescrit !

Des hiérarchies incohérentes et une diversité d’interprétations

IPR et proviseurs ne tiennent pas partout le même discours, notamment sur le guide de l’inspection générale. C’est bien une ressource disciplinaire parmi d’autres qui n’a aucune valeur réglementaire.

Dans l’académie de Limoges, le collège des IPR décrit le guide de l’évaluation comme un « document d’appui », contenant des « recommandations », rien de plus. En réunion, les IPR indiquent ce que le PLE « peut » contenir, en particulier le nombre de notes est indiquée de manière « éventuelle ».

En Bretagne, la direction d’un lycée attend des fourchettes de notes nécessaires pour établir les moyennes. Refusant ce cadre contraint, les collègues ont exprimé leur refus en plénière. L’IPR présent a tenu un discours allant dans ce sens « surtout pas de cadre contraignant, garder sa liberté » mais en ajoutant « pour cette année en tout cas ». Des collègues ont réagi en faisant part de leur surprise quant au fait de faire disparaître un cadre national et de vouloir ensuite créer un PLE supposé assurer une sorte d’équité. D’autres ont signifié que du côté des IPR la concertation n’était visiblement pas idéale puisque certains IPR ont explicitement demandé à leurs équipes (SVT en Bretagne par exemple) de chiffrer le nombre de notes et leurs natures pour constituer la moyenne !

Dans un courrier aux collègues de mathématiques, les IPR de l’académie de Toulouse étendent abusivement la réflexion sur le PLE à la classe de Seconde alors que le PLE ne s’applique ni en Seconde ni au collège : « le contrôle continu, qui représentera dès la session 2022 40 % de la note du baccalauréat, devient certificatif, ce qui implique la nécessité d’une concertation et d’une harmonisation pour construire une culture commune de l’évaluation, de la seconde à la terminale. »

A Créteil, les IPR insistent sur le fait de ne pas chiffrer le nombre d’évaluations dans le PLE mais demandent à être « extrêmement explicite (avec les élèves, les parents) » sur les modalités d’obtention de la note certificative.

Des passages en force

Lorsque les propositions de PLE rédigées par les enseignants avec les CPE ne cadrent pas avec leurs attentes, des proviseurs passent outre et imposent une autre rédaction !

En Guyane, une proviseure n’étant pas satisfaite du PLE produit par les collègues, l’a transmis aux IPR qui l’ont réécrit à leur place !

Dans un lycée de l’Essone, la proviseure a adressé ce courrier aux collègues de SVT/Physique :

« Je regrette de vous informer du fait que je ne puis valider ces décisions non conformes au guide de l’évaluation. Je vous ai fourni une liste des points à aborder et vous remercie de bien vouloir traiter ces différents points. cordialement à vous ». Les collègues de ST2S, après avoir transmis leur projet de PLE, ont eux été invité-es à prendre un RDV avec son secrétariat.

Dans un lycée de l’académie de Besançon, un proviseur demande à toutes les disciplines, y compris celles qui ne sont pas concernées par le PLE, de remplir un fichier Tableur comme celui-ci ! Cette logique gestionnaire a été contestée par les collègues.

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