concours général des collèges

Le ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray annonce la création d’un concours général des collèges. S’il s’agit de faire de ce concours général l’antichambre du concours général des lycées, symbole d’une forme d’élitisme et d’entre soi, le SNES-FSU le réaffirme avec force, notre système éducatif n’a pas besoin de ça ! Depuis des semaines, à travers les mobilisations pour la rentrée 2026, les personnels, avec le SNES-FSU, montrent que leurs préoccupations premières est bien la réussite de l’ensemble des élèves, entravée par les choix budgétaires et politiques du gouvernement (DGH rabotées et éducation prioritaire délaissée…).

Un instrument de reproduction sociale

Les élèves pourront s’inscrire à une des cinq épreuves suivantes :

  • Mathématiques et sciences, avec une épreuve de résolution de problème ;
  • Français et culture générale, avec la rédaction d’un écrit long mobilisant des références culturelles diverses ;
  • Histoire-géographie ;
  • Arts plastiques ;
  • Informatique et codage, avec une épreuve centrée sur la pensée informatique et les technologies d’avenir.

La dernière n’est même pas une discipline enseignée en collège… tout comme la culture générale. C’est révélateur du biais de ce genre de concours qui revient à valoriser des savoirs et compétences apprises en dehors du collège, donc à valoriser ce qui est très fortement déterminé par les origines sociales Un concours général qui récompense le capital social, voilà une idée peu disruptive dans la politique éducative macroniste. On voit se dessiner en filigrane la logique de plus en plus présente dans notre système éducatif, celle des « talents » individuels. Et tandis que l’École recherchera la « Nouvelle Star », le gouvernement entend poursuivre, loin des projecteurs, la dégradation globale du système éducatif.

Cap vers l’élitisme

Il faut donner un horizon aux élèves les plus à l’aise et qui ont envie d’être nourris. Dans cet esprit, nous allons créer un concours général des collèges en 2027. (Édouard Geffray, interview, groupe Ebra)

Ces déclarations d’Édouard Geffray à la presse rappellent furieusement celles de Gabriel Attal, ex-ministre de l’Éducation nationale, qui assumait les groupes de niveau du « Choc des savoirs » comme un moyen permettant aux meilleurs élèves de « s’envoler ». Le tri social et scolaire, la pression, plutôt que l’ouverture et l’émancipation par les savoirs pour toutes et tous. Il ne reste plus grand-chose du « Choc des savoirs » , objet politique aux services d’une ambition ministérielle et qui s’est fracassée devant la détermination des personnels et du SNES-FSU à ne pas en rabattre sur les ambitions démocratisantes du 2d degré. L’actuel ministre, DGESCO à l’époque était aux premières loges pour le voir. Mais il l’a visiblement oublié.


D’ailleurs, Édouard Geffray, parallèlement à cette annonce sur le concours général des collèges, a renouvelé ses propos sur la baisse du taux de réussite à l’examen et prévoit d’ores et déjà 75% de réussite au DNB, soit presque 10 points de moins que le taux de réussite actuel. Cela s’inscrit clairement dans une ligne politique qui consiste à organiser la fin de l’élévation générale des qualifications de la population.
Logique de concours et valorisation d’un « mérite » ou d’une « excellence » précoces marquent des orientations politiques qui tournent le dos à la lutte contre les déterminismes sociaux qui pèsent si lourd dans le parcours scolaire.

Ce concours général va encore accroître la compétition entre des établissements avec le risque de multiplier les classements en fonction des réussite en complément de l’IVAC (indicateur de valeur ajoutée des collèges). Les élèves sélectionné·es et poussé·es à passer ce concours subiront une pression supplémentaire, bien loin des enjeux d’un collège démocratisant. On le voit déjà avec les lycées : les établissements privés sous contrat présentent ces résultats sur leurs plaquettes publicitaires, s’appropriant sans vergogne les performances de leurs élèves.

Pendant ce temps, la politique d’éducation prioritaire est délaissée et les DHG de ses établissements sont attaquées et réduites à peau de chagrin. Les inégalités scolaires ne cessent de s’accroître mais, pour le ministère, rien n’est plus urgent que de créer un concours gadget !

Le SNES-FSU, aux côtés des personnels eux aussi déterminés à ne pas en rabattre sur les ambitions émancipatrices du second degré, continuera de porter sur le devant de la scène les vrais enjeux de l’École et luttera pour obtenir des moyens au service l’instruction, la formation et la qualification de l’ensemble des élèves.


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