Trop de CPE ont des effectifs d’élèves à suivre incompatibles avec un exercice serein de leurs missions. Certains établissements n’ont purement et simplement pas de CPE, et nombreux sont les collèges à plus de 600, 700, voire 800 élèves avec un·e seul·e CPE. Cette situation est source de souffrance au travail. L’augmentation du taux d’encadrement est la condition de l’amélioration des conditions de travail.
Des redéploiements faute de moyens
Les académies qui connaissent des créations d’établissements scolaires sont légitimes à demander des moyens supplémentaires. Or le ministère en guise de réponse ne fait que reprendre 11 postes dans 7 académies pour les basculer dans 9 autres. Et dans un deuxième temps, certains rectorats ont proposé des redéploiements. Le SNES-FSU a participé aux groupes de travail qui se sont réunis pour porter ses revendications.

Postes CPE : pas de barème national
Le ministère ne proposant pas de barème national, chaque académie présente son barème en choisissant ses propres critères : type d’établissement (collège-LGT-LP) / effectifs élèves avec des pondérations distinguant SEGPA, ULIS, CPGE, BTS / taux d’encadrement / Indice de Positionnement Social (IPS) faible ou taux d’élèves boursiers / éducation prioritaire (REP ou REP+) / régimes (interne, externe, demi-pensionnaire) / spécificités (dispositif mixité social, internat d’excellence). Plusieurs rectorats ont imposé des redéploiements en prétextant des « sur-dotations » d’établissements. Le SNES-FSU s’est opposé, contrairement à d’autres organisations syndicales, à ces glissements de postes de CPE entre établissements qui ne sont qu’une simple gestion de la pénurie de moyens. Le SNES-FSU revendique la prise en compte des effectifs d’élèves post-bac (BTS, CPGE…) dans le calcul des dotations. Ce n’est pas le cas actuellement. Or nombreux sont les CPE qui accompagnent ces jeunes.
1 CPE pour 250 élèves
Le SNES-FSU ne cesse de revendiquer des emplois de CPE pour permettre à tous les EPLE d’être suffisamment dotés et aux CPE d’exercer leurs missions dont le suivi des élèves (cœur du métier) dans des conditions acceptables. Actuellement ce sont environ 13000 emplois de CPE qui sont gérés par le ministère.
Le SNES mène un travail de prospective sur les besoins des EPLE en postes de CPE.
Aller au contenu PDFUn coefficient multiplicateur est attribué par taille d’établissement en reprenant les éléments fournis par Repères et références statistiques-2025 (publication annuelle éditée par les services statistiques du ministère). Deux hypothèses sont proposées. La plus haute est la plus favorable en termes de taux d’encadrement éducatif et vise la revendication du SNES de 1 CPE pour 250 élèves. La plus basse se situe dans une perspective à court terme et montre les besoins immédiats en créations d’emploi. Faute d’éléments statistiques suffisants, cette analyse ne prend pas en compte certaines caractéristiques d’établissement comme la présence d’un internat ou le classement en REP/REP+ ou les sections de BTS par exemple.
La projection du SNES-FSU évalue le nombre de CPE nécessaires pour couvrir l’ensemble des besoins entre 4000 (fourchette basse) et 7300 (fourchette haute pour respecter le mandat 1 CPE pour 250 élèves) en plus des 13000 emplois actuels. C’est une augmentation sensible mais nécessaire pour prendre en charge de manière satisfaisante nos missions auprès des élèves. Il s’agit d’un véritable choix politique.
Pour le SNES-FSU, la création de postes de CPE est urgente avec une programmation pluriannuelle des recrutements. Il exige également que plus aucun établissement ne reste sans CPE, la suppression des postes spécifiques, profilés ou partagés sur deux établissements, un réel vivier de TZR pour permettre des remplacements effectifs. Le travail éducatif nécessite un engagement sur le long terme. Ce n’est pas le choix de ce gouvernement.




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