ECE 2026

Le Conseil supérieur de l’Éducation (CSE) est la représentation nationale de la communauté éducative. Il donne des avis consultatifs à l’administration. Il est composé des représentant·es des organisations syndicales, des associations de parents d’élèves, d’élèves et d’étudiant·es ainsi qu’un siège pour le MEDEF.

Après un premier vœu intersyndical voté à la quasi unanimité demandant le rétablissement de l’enseignement de technologie en Sixième, le SNES-FSU a poursuivi avec une série d’amendements ayant pour logique de rétablir cette discipline plutôt que de la faire prendre en charge par les professeur·es de physique-chimie et de SVT sur ce niveau. Le SNES-FSU est le seul syndicat à avoir proposé un programme complet de technologie pour montrer l’importance de cette discipline ; cette proposition de programme a reçu un vote favorable et très majoritaire du Conseil supérieur de l’éducation (CSE).

En ce qui concerne les contenus de ces programmes annuels, la FSU-SNUipp et le SNES-FSU ont apprécié la bonne tenue scientifique des contenus proposés. Cela n’était pas le cas dans d’autres programmes disciplinaires proposés au CSE ces derniers mois. Le SNES-FSU apprécie aussi deretrouver dans ce projet de programme des contours plus précis, éclairant le travail des professeur·es. La réforme du collège de 2016 les a remplacés par des programmes flous tendant à creuser les inégalités sociales puisque chaque équipe pouvait l’interpréter selon le niveau estimé de son public.

Comme le SNES-FSU le demandait, ce programme tend ainsi à se recentrer sur une initiation aux mesures de grandeurs physiques (masses, volumes, distances, durées) qui sont les outils usuels de la discipline et à la mise en place de premières connaissances en électricité et en chimie, qui seront développées par la suite.

Quel calendrier ?

Ce programme devra s’appliquer à la rentrée 2026 en CM1 puis en CM2, et en Sixième à la rentrée 2028. La FSU a voté contre ce calendrier qui est trop contraignant pour les professeur·es des écoles. Alors que le SNES-FSU a obtenu l’échelonnement des programmes de français, mathématiques et LV au collège, une inquiétude subsiste quant à la mise en œuvre du programme de Cinquième, pas encore étudié dans ces instances. L’administration a en effet évoqué la rentrée 2027 plutôt que celle de 2028, ce qui serait un non-sens pédagogique. Le SNES-FSU continuera d’œuvrer à repousser ce programme pour que la logique curriculaire soit mieux respectée.

Quelles évolutions par rapport au projet initial du Conseil supérieur des programmes (CSP) ?

Le SNES-FSU a proposé des évolutions pour le projet de programme initial en commission spécialisée, avant le CSE. D’autre part quelques amendements ont été repris en séance au CSE, portant sur les principes et sur le programme de SVT.

Les rédacteurs et rédactrices, ainsi que l’administration, n’ont pas souhaité prendre en compte la lourdeur de programme. En effet, si on lit le programme de physique-chimie de Sixième, il a été délesté de partie dont le SNES-FSU demandait la suppression depuis 2016. Le SNES-FSU a pourtant insisté sur le fait que les élèves arrivant en Sixième proviennent de plusieurs écoles différentes, qui ne sont pas dotées de la même façon en matériel de TP. De ce fait les élèves de Sixième n’ont pas étudié toutes les notions de programme du cycles 2 et de CM et pas les mêmes selon leur provenance. Le temps consacré aux révisions, voire à la découverte de qu’ils et elles auraient pu apprendre est donc considérable dans ce programme plus ambitieux en primaire que le précédent.

Le SNES-FSU revendique des groupes à effectif réduits garantis

Il est réjouissant de lire que la contribution indéniable de l’expérimentation scientifique au développement de l’esprit critique des jeunes élèves est soulignée plusieurs fois dans le texte. Mais pour une faisabilité réelle dans les classes, il parait indispensable d’exprimer clairement la nécessité d’un travail en groupes à effectif réduit, ce qui manquait à ce projet.

L’administration n’a pas repris l’amendement du SNES-FSU (aucun vote contre), car elle implique des moyens horaires qui dépendent de la Direction des ressources humaines. Elle a toutefois concédé une formulation précisant le besoin d’effectuer des TP. Durant le dialogue, il perçait que les membres de l’administration ignorent encore la faiblesse des marges académiques des DHG réceptionnées en collège. Cette simple mention de TP dans le programme ne suffira pas à obtenir des groupes à effectif réduit dans tous les collèges ! Dans tous les cas, il s’agit de négocier avec le ou la chef·fe d’établissement dans le cadre d’une mise en concurrence des disciplines, ce qui est inacceptable. Le dédoublements en sciences doivent être inscrits dans la grille horaire nationale du collège afin de les garantir !

Quelques avancées dans les « Principes »

Le SNES-FSU a réussi à faire disparaitre l’idée d’« apprentissages fondamentaux », vocable idéologiquement marqué, instauré par J.-M. Blanquer dans un intertitre. Deux paragraphe seront réunis sous un nouvel intertitre « Contribution à la maitrise des langages, des concepts et des outils en français et en mathématiques ».

Le paragraphe sur « l’égalité entre tous les élèves » a été amélioré par l’administration qui a aussi accepté d’utiliser l’expression « transition écologique » dans le paragraphe suivant. Le SNES-FSU a proposé d’éliminer le terme « compétences psychosociales » car celles-ci n’ont aucun fondement scientifique. Comme il s’agit d’un nœud idéologique du ministère, cela a été refusé.

Conserver la liberté pédagogique

Le SNES-FSU apprécie le changement de titre des colonnes de droite des contenus qui se dénommaient « exemples de réussite », ce qui ne signifie pas grand-chose. Désormais, elles sont renommées « proposition de démarches et d’activités». Certains items sont redondants avec la colonne de gauche. L’administration a amélioré certaines formulations. Dans d’autres cas, cette colonne nuance les items de la colonne de gauche, ce qui peut s’avérer utile pour mesurer jusqu’à quel niveau de difficulté enseigner.

Face à l’inquiétude exprimée sur le caractère prescriptif de ces « exemples », l’administration a corrigé un paragraphe pour accentuer l’assurance de la liberté pédagogique des professeur·es : «  Les propositions de démarches et d’activités sont ouvertes et non prescriptives. Les professeurs ont la possibilité de proposer d’autres démarches ou activités permettant d’atteindre les objectifs d’apprentissage ». Cette phrase pourra être opposable aux possibles préconisations trop insistantes de membres des corps d’inspection.

En revanche, il n’y a pas eu de reprises d’amendements portant sur les notions du programme de physique-chimie, visant à simplifier quelques items sur l’étude de graphique de changement d’état (demande de report en Cinquième) et la mesure de volume de gaz par déplacement d’eau.

Les amendements du SNES-FSU concernant l’EVARS dans le programme de SVT ont tous été repris.

Projet de programme de sciences et technologie de cycle 3 publié par le CSP

Version définitive et applicable du programme de sciences et technologie de cycle 3


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