Il ne faudra pas attendre de note de service ni de consignes générales à l’ensemble des jurys de baccalauréat mais « des corrigés par sujet avec un barème tenant compte de la qualité de la langue ». Le SNES-FSU s’étonne de cette réponse inopérante dans plusieurs disciplines. Il suivra avec attention les consignes transmises lors des commissions d’entente au cours desquelles les IPR devraient donner les précisions.
Le ministère a confirmé l’ouverture de concertation sur les textes Langues régionales au baccalauréat, avec l’intention d’ouvrir leur portée au réseau public.
Le SNES-FSU a par ailleurs insisté pour que le ministère rappelle aux rectorats que les commissions d’harmonisation pour le contrôle continu au DNB devaient être réunies avant les épreuves terminales sans devoir convoquer les collègues jusqu’au 8 juillet comme cela semble se dessiner dans certaines académies de manière totalement abusive. Le SNES-FSU agira avec les collègues pour contrer toute offensive d’allonger inutilement le temps de travail.
Déclaration du SNES-FSU au CSE du 28 mai 26
Madame la Directrice, Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs,
Dans quelques jours, débuteront les épreuves du baccalauréat général et technologique avec les épreuves d’ECE sans que les correcteurs et correctrices n’aient à ce jour de consignes claires suite aux annonces du ministre sur l’orthographe, la grammaire et la syntaxe. Aucune note de service, aucun texte réglementaire ne précise à ce jour aux collègues comment évaluer selon les nouvelles priorités, comment prendre en charge les candidat·es en situation de handicap ou nouvellement arrivé·es en France.
La mesure semble bien davantage taillée pour les médias qui attendent des gages sur leur droite, que pour les personnels dont le souci permanent est de faire entrer tous les élèves dans des apprentissages exigeants quel que soit leur parcours. Les collègues n’ont pas attendu le ministre pour être vigilant·es sur les écrits de leurs élèves mais avec une volonté de formation et non de sanction.
En début de semaine, les déclarations du ministre à la presse régionale sur la reconnaissance des langues régionales en spécialité du baccalauréat faisaient l’impasse sur une réalité particulièrement crue : les élèves du public ne sont pas concerné·es par ces mesures puisque, contrairement aux disciplines du tronc commun, les enseignements de spécialité ne sont pas dispensés en langue régionale dans le public. Ce n’est en revanche pas le cas pour le privé associatif auquel le ministre s’adresse donc, mais sans oser le dire, lui offrant ainsi une promotion à moindre frais.
Le SNES-FSU attend de prendre connaissance des textes réglementaires qui cadreront ces évolutions et demande une correction du périmètre. Une réflexion sur l’optionnel et le DNB serait tout autant nécessaire pour valoriser ces langues dans le réseau public et augmenter réellement le nombre de locuteurs et locutrices.
Mais la communication du ministre s’est subitement faite plus discrète s’agissant des conséquences de plusieurs jours de canicule sur les conditions de travail des élèves et des personnels. Le SNES-FSU demande un diagnostic de l’adaptation de chaque établissement scolaire, suivi d’un plan de rénovation du bâti à hauteur de 4 à 5 milliards d’euros par an pendant 10 ans. Notons par ailleurs que cet épisode caniculaire interroge l’une des propositions de la commission citoyenne du CESE reprise depuis par le ministre avec le début des cours repoussé à 9h.
Les personnels, et particulièrement les AESH, n’ont pas davantage entendu le ministre évoquer les pôles d’appui à la scolarité (PAS) une fois de plus retoqués dans une proposition de loi à l’Assemblée. Le SNES-FSU demande la fermeture de tous les PAS, leur expérimentation depuis deux ans n’étant plus justifiée par une évolution légistique à attendre.
Egalement, le ministre n’évoque plus du tout la réforme des EAF qui, enfin, avait été amorcée par la DGESCO. S’agit-il d’un recul pour plaire aux branches les plus conservatrices ? Le SNES-FSU demande une reprise des concertations et reste disponible pour partager ses propositions, notamment pour les séries technologiques. Nous vous demandons en revanche de reporter les consultations sur les programmes de cycle 4 dont la mise en œuvre doit être confirmée pour la rentrée 28 après celle des programmes de Sixième à la rentrée 27.
Après deux ans d’expérimentation plus que chaotique, le classe de prépa-Seconde serait donc pérennisée avec les projets de textes présentés hier en CSL. Le SNES-FSU rappelle son opposition à ces classes de relégation organisées avec moins d’heures de cours et sans programme disciplinaire. Elles ont principalement accueilli, bien après la rentrée et sur les très nombreuses places vacantes, des élèves toujours dans l’attente d’une affectation. Le SNES-FSU conteste plus globalement la sélection qui s’opère tout au long du lycée Blanquer, et le risque à terme d’un tri des élèves entre le DNB et la Seconde avec la prépa-Seconde.
Les propos du ministre de l’Enseignement supérieur dans la presse ce lundi sont de ce point de vue très éclairants « il y a peut-être des réflexions à mener autour du droit à la poursuite d’études, une spécificité française. […]. Mais aujourd’hui, des jeunes décrochent le bac avec un bagage académique très faible et deviennent étudiants parce que c’est la loi ».
Il s’agit bel et bien d’un coup d’arrêt annoncé de l’accès aux études supérieures pour un grand nombre de jeunes. Parcoursup et bientôt la prépa-Seconde sont les tamis d’une sélection inacceptable au lycée. Nous pourrions ajouter la présélection qu’opérera l’inacceptable concours général en Troisième pour distinguer certain·es élèves. Le SNES-FSU souhaite par ailleurs comprendre ce qui a poussé le ministère de l’enseignement supérieur à se désengager de la gestion des BTS et CPGE bientôt transférée à la DGESCO.
Dans un tout autre cadre, celui de la conférence TER (travail emploi retraite), le représentant du gouvernement attend des propositions « courageuses » sur l’orientation des élèves dans le rapport final annoncé pour septembre. Autant de signaux faibles que le SNES-FSU analyse comme une volonté politique de déscolariser et démassifier l’accès au lycée et à l’enseignement supérieur. Le SNES-FSU ne laissera pas faire et renforcera sa lutte pour une élévation générale des qualifications de la population, un enjeu démocratique face à la montée des inégalités qui permettent aux idées d’extrême droite de prospérer.
Pour finir, le SNES-FSU avec l’Intersyndicale appelle les AED à se mettre en grève le 2 juin pour l’amélioration de leurs conditions de travail, leurs salaires et les moyens en vie scolaire. Le 9 juin, ce seront les AESH qui se mobiliseront à l’appel de l’Intersyndicale pour la création d’un statut de fonctionnaire, nous y revenons dans la déclaration de la FSU. Enfin partout en France, le SNES et la FSU appellent à participer aux marches pour les droits des enfants et la jeunesse le 30 mai à l’initiative du COFRADE, le comité français pour le droit des enfants.






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