CSE 4 juillet 2024

CSE du 17 juin 2026

Déclaration du SNES-FSU

Monsieur le ministre, Madame la directrice, Monsieur le président

La livraison des résultats PISA 2025 a provoqué son lot de commentaires sur un déclin supposé des performances de l’école française. Le SNES-FSU rappelle que les résultats ne portent pas sur les apprentissages des élèves mais sur des batteries d’exercice stéréotypés, qui ont peu à voir avec le travail réel dans les classes, ce qui devrait amener nombre de contempteurs à mesurer leurs propos. L’observation des tendances reste néanmoins instructive et, dans les comparaisons internationales, la France ne se démarque pas tant.

Tous les pays ont un commun une crise de recrutement et d’attractivité  qui, partout, pénalise les élèves : avec le déclassement salarial et la dégradation des conditions de travail, les jeunes diplomé·es fuient les métiers de l’enseignement. La réforme de la formation initiale n’a pas permis de juguler la crise, elle sera même aggravée dans un an, une fois la cohorte des actuel·les étudiant·es en M1 et M2 épuisée.

Les résultats internationaux interrogent aussi le développement débridé depuis les confinements, de pratiques numériques au nom d’une supposée personnalisation des apprentissages. C’est un piège pour les élèves les plus fragiles car d’une part c’est un prétexte pour ne pas réduire la taille des classes dans le second degré et d’autre part cela prive les élèves de personnels qualifiés à leurs côtés pour accéder aux apprentissages. Pour ne pas creuser les inégalités, le SNES-FSU défend précisément un principe de précaution sur l’IA Générative en éducation.

M. le ministre, vos réactions à Pisa en pointant les réseaux sociaux et en menaçant le collège unique sont opportunistes et ne résoudront rien. Après avoir imposé le contrôle continu au bac, reprocher maintenant aux familles de ne s’intéresser qu’aux notes pour Parcoursup n’est pas à votre avantage.

Les politiques éducatives doivent bien au contraire être pensées sur le long terme avec la perspective de l’élévation générale des qualifications qui sera profitable à l’intérêt général. Il faut donc investir davantage sur l’enseignement public laïque, en profitant de la baisse démographique et prendre acte de la nécessaire baisse, pour aller vers l’arrêt, du financement de l’enseignement privé sous contrat.

A l’opposé du rapport du Sénat qui s’en prend au bac et à l’université, il faut sécuriser les élèves dans la poursuite d’études, leur donner confiance dans leur capacité à réussir, revaloriser les personnels et les payer correctement. L’appel unitaire à la grève le 29 septembre le fera entendre haut et fort.


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