Des épreuves littéraires qui changent de nature

Tout d’abord, la première épreuve écrite, commune aux Lettres modernes et Lettres classiques, est modifiée en profondeur. L’épreuve de composition française très ouverte et généraliste, est remplacée par une dissertation sur le modèle de l’agrégation : il faudra disserter à partir d’un sujet portant sur une œuvre littéraire précise, choisie parmi un programme périodiquement renouvelable de 6 œuvres prises du Moyen Âge à nos jours. Certes cela peut s’avérer plus rassurant pour les candidats qui travailleront dans un périmètre bien défini, mais cela va les conduire à passer, en quelque sorte, deux concours en un. En effet, le lourd travail de préparation de l’écrit, pour parvenir à maîtriser les six œuvres en question, ne sera pas réinvesti pour l’épreuve orale d’admissibilité puisque tout texte issu de la littérature française, et de la littérature antique pour les Lettres classiques, peut être proposé dans l’épreuve de la « leçon ».

Mais le plus étonnant est qu’il n’y ait plus aucune épreuve, écrite ou orale, permettant d’évaluer les capacités des futurs professeurs à expliquer un texte. Tout au plus demande-t-on aux seuls candidats de Lettres modernes de faire une étude stylistique juxtaposée à une étude de notions grammaticales, dans une des épreuves d’admissibilité. Que l’on puisse passer un concours pour enseigner les lettres sans avoir à faire un commentaire ou une explication littéraire, a de quoi laisser sans voix !

L’épreuve d’entretien, un véritable entretien d’embauche

La disparition de l’épreuve orale de l’explication de texte permet la mise en place d’une nouvelle épreuve qui en dit long sur les nouveaux critères de recrutement. En effet, les candidats devront faire état de leurs études et de leurs expériences professionnelles, ainsi que des raisons qui les ont conduits à vouloir devenir professeurs. Cette nouvelle épreuve, qui se voit attribuer un coefficient 3 (et qui comptera donc pour un quart de la note globale), ne pourra qu’inciter les étudiants à délivrer un discours conforme aux attentes idéologiques d’un jury comportant des personnels administratifs mais surtout à faire des vacations pendant leurs études, ce qui permettra de compenser, à moindre coût et sur le dos d’universitaires surmenés, les manques de titulaires dus aux importantes suppressions de postes.

En lettres classiques, la maîtrise de la langue pèse plus lourd

Les candidats en Lettres classiques passeront désormais trois épreuves d’admissibilité au lieu de deux : une épreuve de traduction de 5 heures consistant en deux versions, l’une d’un texte latin, l’autre d’un texte grec, vient s’ajouter aux épreuves de dissertation et d’étude de la langue. Certes, ces trois épreuves de 6 heures, 5 heures et 5 heures composent un ensemble dense mais cela permet aussi, par rapport au précédent concours, de ne plus avoir une épreuve composite, « l’épreuve écrite à partir d’un dossier » qui devait être une course contre la montre pour les candidats appelés à traiter trois sous-épreuves différentes en 6 heures.

Il semble tout à fait intéressant que les nouvelles épreuves du CAPES contraignent  les formations à être revues et à comporter de la grammaire française car le problème du cursus des Lettres classiques est que la grammaire est souvent quasi exclusivement de la grammaire grecque et latine alors qu’ensuite il faut enseigner la grammaire française aux élèves.

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