17 mai : journée internationale de lutte contre les LGBTIphobies

Permettre l’égalité réelle requiert une approche proactive ; il faut instaurer un climat permettant l’inclusion de toustes dans un cadre sécurisantet respectueux, seule possibilité de permettre l’égalité réelle. Dans cet article, le SNES-FSU propose des mesures concrètes et applicables pour permettre l’inclusion réelle des usager.es et personnels LGBTQIA+.

Le SNES-FSU invite à les personnels à investir au maximum les dispositifs institutionnels de lutte contre les discriminations, notamment le CESCE. Toutefois le SNES-FSU exige des moyens réels et à la hauteur des enjeux pour ces dispositifs. A l’heure acutelle, l’absence de temps dégagé dans les services et de moyens en personnels sociaux et de santé rend la mise en place de ces leviers plus formelle que réellement efficace.

Inscrire dans le règlement intérieur des établissements la lutte contre les discriminations.

Le SNES-FSU invite les personnels à demander l’inscription explicite au règlement intérieur la lutte contre les discriminations, notamment en y inscrivant clairement la lutte contre les LGBTQIA+phobies et la transphobie.

Voici une proposition à inscrire au règlement intérieur :

– Intégration dans la section RESPECT D’AUTRUI ET DU CADRE DE VIE

« Conformément aux principes fondamentaux de respect mutuel et d’égalité, le collège/lycée ………de ………… est résolument engagé dans la lutte contre toutes les formes de discrimination et de violence, notamment le sexisme, le racisme, l’antisémitisme, la xénophobie, le harcèlement ainsi que la LGBTQIA+phobie. Cet engagement s’appuie sur les textes réglementaires en vigueur (circulaires du 1er août 2011, 12 septembre 2018, 29 septembre 2021, arrêté du 1er juillet 2013, BO du 13 juin 2024). Chaque membre de la communauté éducative – élèves comme personnels – s’engage à :

  1. Respecter la dignité de chaque individu, indépendamment de son sexe, son origine, son orientation sexuelle, son identité de genre ou ses convictions, réels ou supposés
  2. Lutter activement contre les stéréotypes et les discriminations, en contribuant à un environnement inclusif, bienveillant et sécurisé pour toutes et tous.
  3. Prévenir et signaler tout acte de harcèlement ou comportement discriminatoire, conformément aux principes éducatifs et éthiques de l’Éducation Nationale.

Ces démarches éducatives seront renforcées à travers l’enseignement moral et civique (EMC), dans les enseignements de toutes les matières et dans tous les aspects de la vie scolaire. Elle vise à former des citoyennes et des citoyens respectueuses/respectueux et responsables. »

– Intégration dans la section PUNITIONS, SANCTIONS ET DISPOSITIFS D’ACCOMPAGNEMENT

Conformément à la priorité académique donnée à la question d’égalité, toute atteinte à ces principes devra faire l’objet d’une sanction appropriée et ferme, accompagnée, si nécessaire, de dispositifs éducatifs ou d’accompagnement visant à prévenir toute récidive.

En intégrant ces éléments au règlement intérieur, les établissements renforcent le cadre protecteur et leur rôle de garant des principes républicains auxquels le SNES-FSU est engagé, tout en protégeant élèves et personnels des discriminations et violences de toute nature.

Mobiliser le Programme EVARS pour lutter contre les discriminations.

Le SNES-FSU se réjouit de l’adoption du programme EVARS et a contribué à ce qu’il conserve une teneur progressiste et inclusive malgré les pressions mises en œuvre. Le SNES-FSU continue de militer pour qu’il soit plus ambitieux et aborde pleinement les notions d’identité de genre, de transidentité et de LGBTQIA+phobies qui sont invisibilisées au sein de ce programme, reflétant une vision hétérocentrée que l’école ne doit pas promouvoir.

L’EVARS constitue néanmoins un outil à mobiliser et investir pour faire avancer la lutte contre les discriminations. Il a inscrit dans ses objectifs : l’EVARS contribue à la lutte contre les discriminations énoncées à l’article 225-1 du Code pénal et opérées entre les personnes sur le fondement « de leur sexe », « de leur identité de genre » et « de leur orientation sexuelle ». Le programme marque donc la possibilité de l’inclusion de la lutte contre les discriminations au coeur des missions de l’école. Le SNES-FSU encourage donc les personnels formé.es et volontaires à participer à ces dispositifs en les investissant. Les objectifs du BO sont larges, s’ils ne mentionnent pas explicitement les réalités LGBTQIA+, ils permettent des mises en œuvre qui laissent la place à l’éducation à ces thématiques.

Le SNES-FSU encourage les personnels intervenants en EVARS à rendre visible les réalités LGBTQIA+ au maximum dans le cadre de l’EVARS. Nous déplorons cependant que c’est aux enseignant.es de faire cette démarche d’inclusion, quand le programme devrait inclure explicitement ces thématiques. Le SNES-FSU exige que des moyens réels, en termes d’heure, de formation et de financement soient mis en place pour permettre au programme EVARS d’être pleinement mis en œuvre.

Les référent·es Égalité

Les référent·es Égalité peuvent être un dispositif pertinent de lutte contre LGBTQIA+phobies dans les établissements, tout comme les labellisations des établissements pourraient être un outil institutionnel approprié si des moyens réels leur étaient alloués.

Concrètement, pour lutter contre les LGBTQIA+phobies les référent.es égalité peuvent :

  • Demander un bilan annuel anonymisé des situations de violences ou de discriminations signalées et des réponses qui leur ont été apportées.
  • Réaliser un questionnaire anonyme sur le climat scolaire, incluant les violences sexistes et LGBTQIA+phobes.
  • Mettre à disposition des élèves des ressources LGBTQIA+ fiables et des contacts d’aide.
  • Travailler sur les stéréotypes de genre dans l’orientation, notamment dans les filières forte-ment genrés.
  • Exiger la mise en place une procédure claire lorsqu’un·e personnel ou un.e élève est victime d’une agression, insulte ou discrimination LGBTQIA+phobe.
  • Organiser des temps de sensibilisation: expositions, interventions, productions d’élèves, campagnes d’affichage.
  • Participer à l’accueil et à l’accompagnement des élèves trans ou LGBTQIA+, en lien avec les personnels compétents, en veillant notamment au respect du prénom et de l’identité de genre de l’élève dans le cadre réglementaire et à la confidentialité des informations person-nelles.

Enfin, cette mission ne peut reposer sur le bénévolat. Le SNES-FSU exige que les référent·es disposent de temps dégagé, de formations et de moyens spécifiques, ainsi que d’une reconnaissance effective de leur travail. La lutte contre les inégalités et les LGBTQIA+phobies doit relever d’une politique collective de l’établissement et non de la seule bonne volonté de quelques personnels.

Faire des temps forts des leviers de mobilisation

Les journées internationales et nationales constituent des points d’appui pour rendre visibles les luttes contre les discriminations et construire des actions collectives dans les établissements. Le SNES-FSU encourage les personnels à s’en saisir, tout en refusant que la lutte contre le sexisme et les LGBTQIA+phobies soit réduite à quelques journées symboliques. Ces temps forts doivent permettre de prolonger le travail mené toute l’année dans les enseignements, la vie scolaire et les instances de l’établissement. Ces dates peuvent être mobilisées et donner lieu à des interventions, des ateliers, des productions d’élèves, des expositions.

  • 25 janvier : Journée nationale de lutte contre le sexisme
  • 8 mars : Journée internationale des Droits des femmes
  • 31 mars : Journée internationale de visibilité trans
  • 26 avril : Journée de visibilité lesbienne
  • 17 mai : Journée internationale contre les LGBTQIA+phobies
  • Juin : Mois des Fiertés / Pride Month
  • 1er décembre : Journée mondiale de lutte contre le sida

Le SNES-FSU revendique du temps, des formations et des moyens pour permettre aux personnels de construire des actions régulières et pérennes contre toutes les formes de discrimination.

Protéger les personnels LGBTQIA+

La lutte contre les LGBTQIA+phobies doit également protéger les personnels victimes. Insultes, propos discriminatoires, outing, deadnaming, mégenrage volontaire ou remise en cause de l’identité de genre constituent des atteintes aux droits et aux conditions de travail qui ne doivent jamais être banalisées, qu’elles proviennent de la hiérarche, de collègues, d’élèves, de familles ou d’autres usager·es. Le SNES-FSU accompagne dans leurs démarches les personnels victimes pour que leurs droits soient respectés, qu’iels bénéficient d’une protection, d’un accompagnement et d’un suivi effectifs, dans le respect de la confidentialité de leurs informations personnelles. Que vous soyez victime ou témoin de LGBTQIA+phobie, contactez votre section académique. Le SNES-FSU accompagne non seulement les collègues victimes de discrimination, mais accompagne les personnels trans et non-binaires dans leur parcours, intervient pour faire respecter les prénoms d’usage et l’identité de genre des personnels, faire respecter l’égalité des droits des familles homoparentales. Aucun·e personnel ne doit être contraint·e de dissimuler son identité ou sa vie privée pour pouvoir exercer son métier, ni rester isolé·e face aux discriminations.

Faire vivre les droits LGBTQIA+ : une lutte syndicale au quotidien

La lutte contre les LGBTQIA+phobies ne peut reposer sur la seule mobilisation individuelle de quelques personnels. Elle doit devenir une politique collective et durable pour transformer nos manières d’agir et nos relations sociales. Le SNES-FSU appelle les personnels à se saisir de toutes les instances à leur disposition, tout en exigeant des moyens réels et qu’une véritable politique d’inclusion collective soit mise en oeuvre, et que chacun.e contribue à faire de nos établissements, des lieux de respect et de lutte contre les discriminations. En protégeant et en accompagnant les personnels LGBTQIA+, comme tous les personnels et toutes les minorités, le SNES-FSU mène au quotidien une action collective et syndicale pour une École qui protège toutes et tous et permette à chacun.e d’y étudier, d’y travailler et d’y vivre sans discrimination.