La note du service du 28 aout 2026 cherchait à imposer le PLE aux lycées. Des rectorats s’en étaient emparés pour étendre les prescriptions d’une évaluation standardisée au sein des collèges. La récente note de service du 26 mars 2026 intitulée « Préparation des élèves aux exigences du DNB et des baccalauréats général et technologique à compter de la session 2026 » s’inscrit dans cette continuité avec la volonté du ministère de formater les pratiques d’évaluation des enseignant·es.
Étendre les pratiques locales pour mieux standardiser
La première partie du texte « Préparer les élèves tout au long de l’année » révèle bien la tendance à l’œuvre dans la transformation de nos métiers. L’évaluation précède l’enseignement dans le projet pédagogique. Autrement dit, l’enseignement n’a d’autre finalité que d’être évalué. Ainsi, la note de service décrit dans le détail les pratiques souhaitées : « Pour les équipes pédagogiques, il s’agit de les [les élèves] exercer à lire attentivement les sujets afin d’en appréhender correctement les consignes, à mobiliser l’ensemble du temps imparti d’épreuve, en persévérant face à la difficulté, y compris lorsque les sujets peuvent différer de leurs attentes, à faire une relecture active et efficace de ce qu’ils ont produit. ». Le ministère prend acte de l’existence des épreuves blanches dans les collèges et lycées et appelle à les rendre « systématiques » tout en insistant sur des « activités d’entraînement et de révision ». Un « encouragement » est adressé aux établissements pour « organiser un temps de révision spécifique avant les épreuves, afin de permettre aux élèves de fournir un effort intellectuel dense, temporaire et efficace. » Ainsi, le ministère s’appuie sur des pratiques locales existantes et tend à les généraliser quels que soient les contextes. Or, ce qui apparaissait comme des choix d’équipes ici ou là n’a peut-être pas la même pertinence ailleurs.
Les dispositifs d’aides au service de l’examen
L’une des sous-parties enjoint à « Mobiliser les dispositifs d’accompagnement des élèves », en faisant appel aux heures supplémentaires de soutien renforcé et de Devoirs faits à destination des élèves de 3e pour la préparation aux épreuves. Au LGT, ce sont les heures d’accompagnement personnalisé ou le tutorat qui « peuvent être utilisés pour renforcer les méthodes de travail et consolider les apprentissages. » D’une part, la note de service n’évoque pas le financement de ces dispositifs. D’autre part, la remédiation à la difficulté scolaire devient subordonnée à la préparations aux épreuves du DNB ou du bac.
Des élèves en surchauffe ?
Côté élève, le ministère invite à l’engagement dans le style méritocratique en vogue : « Chaque élève doit également s’investir, tout au long de l’année, dans la préparation des épreuves, tout en intensifiant ses efforts à l’approche de la date des examens. » Les professeur·es font office de coach pour conseiller l’élève à « se préparer mentalement et matériellement à l’examen. » À l’heure où la souffrance psychique des jeunes ne laisse pas d’inquiéter, cette logique concurrentielle qui fait de l’enseignement un objet d’effort et de mérite doit alerter.
Alors que les conditions d’enseignement se dégradent et que l’accompagnement des élèves à besoins particuliers est sabordé, le ministère pose des cadres d’examens toujours plus contraignants donnant l’illusion d’un investissement au service de la réussite de toutes et tous. En réalité, on observe une transformation du contenu des épreuves de certains examens allant justement vers un niveau d’exigence que l’école dans les conditions matérielles et sociales actuelles ne peut pas suivre. Une déconnexion volontaire et entretenue entre une école sans moyens et des examens exigeants. L’échec scolaire est ainsi renvoyé à la seule responsabilité individuelle.
L’orthographe, comme outil à trier
La note de service se termine sur « Une exigence renforcée dans les attentes rédactionnelles pour toutes les disciplines ». Bien sûr la maitrise du code écrit est essentielle dans nos enseignements, mais cet accent porté sur « la qualité rédactionnelle : orthographe, syntaxe, grammaire, clarté de la langue et lisibilité du propos » sonne comme ne incitation à une correction tatillonne et discriminante. En effet, les études montrent que les élèves les moins à l’aise avec les codes de l’écrit sont les élèves les plus socialement défavorisé·es. Pour le SNES-FSU, l’orthographe ne doit en aucun cas servir de justification à une vaste discrimination sociale et scolaire !
Des professeur·es maitres de leurs choix pédagogiques
Comme pour la note de service du 28 aout 2025 organisant la mise en place des projets d’évaluation, le SNES-FSU rappelle qu’une note de service n’a que peu de valeur règlementaire. Le Code de l’éducation garantit la liberté pédagogique des professeur·es. Cette nouvelle note de service ne doit pas être un instrument d’imposition de présumées « bonnes pratiques » collectives. Ce qui prime, ce sont les choix pédagogiques des professeur·es qui en sont les meilleur·es expert·es !





Élections professionnelles :