Vague de chaleur, effets d’annonce
Alors qu’une nouvelle vague de chaleur est annoncée, cette fois la semaine des épreuves écrites du bac général et technologique, le ministre Edouard Geffray est sorti de son silence pour annoncer, quelques heures avant le début des épreuves, qu’il « ne souhaite plus qu’aucun examen se déroule les après-midi ».
Espérons qu’un ministre puisse faire plus que souhaiter et véritablement agir…. Et force est de constater que les annonces du ministre n’en sont pas vraiment. Chaque année, lors des discussions sur le calendrier des examens, le SNES-FSU porte la demande de prise en compte du réchauffement climatique, avec des épreuves le matin. Pour la session 2026, c’est chose faite pour les épreuves de spécialité et une bonne partie des épreuves du brevet. L’organisation va donc peut-être enfin évoluer pour le bac pro, encore scandaleusement traité différemment, avec des épreuves l’après-midi, en pleine vague de chaleur il y a 15 jours. Reste l’angle mort des épreuves orales, Grand oral, oral de français et oral de rattrapage.
Cette première mesure nationale d’adaptation au changement climatique reste largement insuffisante. Dans la droite lignée de ses prédécesseurs, le ministre n’envisage la canicule qu’au regard des examens, en raison de leur caractère symbolique, mais aussi de la pression des recours portés par les familles. Pour les jours à venir, le ministre ne dit rien du collège où les cours continuent à se ternir sans adaptations nationales anticipées, alors que des températures au-dessus de 35°C, et parfois jusqu’à 40°C, sont prévues sur une large partie du territoire.
Sortir du bricolage
Le SNES-FSU demande depuis plusieurs années des mesures d’adaptation, notamment horaires, face aux vagues de chaleur, ainsi qu’un plan d’adaptation et de rénovation du bâti scolaire, à hauteur de 5 milliards d’euros par an pendant 10, soit 2 à 3 % des aides publiques aux grandes entreprises en 2023. Nous demandons également un plan pour les DROM, pour lesquels il faut prendre en compte d’autres indicateurs (notamment la chaleur humide) et mieux travailler des enjeux de pénuries d’eau, de sargasses et de risques sismiques et cycloniques.
Pour la première vague de chaleur de mai 2026, alors que le ministère réagissait au fil de l’eau, le SNES-FSU a publié une carte de la « météo des classes », un premier exercice de cartographie inédit puisque le ministère n’est même pas capable de le faire. Les résultats restent édifiants : 77,6 % des collèges et des lycées ont relevé une température de plus de 30 degrés, 87,18 % des établissements n’ont pas mis en place de mesures d’adaptation. Encore une fois, ce fut le règne de la grande débrouille : les professeurs qui amènent leurs ventilateurs personnels, qui tentent d’ouvrir les fenêtres, les élèves qui cherchent les points d’eau…Voilà où en est la 7eme puissance mondiale !
Et ce bricolage généralisé est appelé à perdurer. Dans le « plan de gestion des vagues de chaleur » publié fin mai 2026, les adaptations horaires, passages en service minimum ou fermetures, sont décidées au niveau local, établissement par établissement. Il est fort probable que cette semaine, comme il y a 10 jours, chacun décide dans son coin d’ouvrir, de passer en distantiel sans aucun cap donné par les autorités académiques ou nationales. Le SNES-FSU est attaché à la continuité du service public, en présentiel, pour toutes et tous, mais cette mission d’intérêt général ne peut se faire au détriment de la santé des personnels et des élèves. Lors de la vague de chaleur de mai, comme l’an dernier, les personnels nous ont signalé des malaises de collègues ou d’élèves. Les capacités de concentration et de réflexion sont par ailleurs clairement altérées par la chaleur. Nous ne pouvons plus payer de notre santé des décennies d’inaction climatique !
Agissons ensemble
Le SNES-FSU appelle les personnels à se mobiliser, pour faire valoir leurs droits dans les établissements, remplir le Registre Santé et Sécurité au travail, demander des aménagements. Le report des décisions sur le seul niveau local n’est plus acceptable, tant elles laissent la communauté éducative s’organiser par elle-même, et subir des conditions de travail inacceptables.
Le SNES-FSU continue de porter publiquement l’état réel du bâti scolaire et des conditions de travail des élèves et des personnels, d’interpeller le ministère et le gouvernement pour que des mesures d’urgence soient prises et qu’un plan de rénovation thermique du bâti scolaire soit enfin engagé. Il est largement finançable !
Nous demandons au ministère que des décisions nationales, académiques, ou départementales d’adaptation, notamment horaires, deviennent la règle et non plus l’exception, alors que les niveaux de vigilance et de température, vont continuer à augmenter, dans la semaine, et dans les années à venir.




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