S’informer et informer les personnels
Ces « 800 » sont pointés du doigt pour la faiblesse de leurs résultats par l’institution. L’offensive est violente puisqu’elle s’accompagne dans certains cas de préconisations pédagogiques contraignantes, ce qui remet en cause travail des personnels.
Certains personnels pourraient encore croire et espérer que cet énième dispositif soit un moyen de pallier la dégradation des conditions de travail. C’est d’ailleurs ainsi que les chef.fes d’établissement et membres d’inspection le présentent jusqu’à ce que soit questionné le travail des personnels sans apport de moyens supplémentaires. L’harmonisation est alors le maître mot pour uniformiser et piloter leur travail. Voici plusieurs articles vous informent sur cette réforme :
→ Offensive managériale : pour comprendre les logiques qui se cachent derrière ce plan « 800 collèges en progrès ».
→ Attaques contre l’Éducation prioritaire : explique en quoi le plan « 800 collèges en progrès » entre en concurrence avec l’Éducation prioritaire définie nationalement et conduit une contractualisation des moyens au niveau académique .
→ Atteinte à la liberté pédagogique : démonte les mécanismes par lesquels le plan « 800 collèges en progrès» met en place des contraintes pédagogiques lourdes.
→ Retours de terrain : donne des éléments d’analyse après la mise en place du plan « 800 collèges en progrès »
Ainsi, les heures d’informations syndicales sont un droit essentiel pour diffuser ces informations. Il faut penser à en poser une pour la pré-rentrée. Il est aussi possible de contacter le SNES-FSU de votre académie pour qu’un.e représentant.e l’anime ou accompagne ces heures d’information syndicale.
Informer la communauté éducative
Afin de s’assurer la majorité en conseil d’administration et plus globalement leur soutien dans les actions mises en place, il est intéressant de construire un lien de confiance avec les représentant.es des parents d’élèves ainsi que tou.tes les autres élu.es du conseil d’administration. Il est nécessaire de déconstruire le discours médiatique du ministère, qui peut sembler pertinent aux familles.
Pour cela, le SNES-FSU a produit un article à ce sujet, disponible également sous forme de tract à destination des parents d’élèves Partir des besoins réels de votre établissement (effectif par classe, manque de personnels éducatifs, d’AESH, de psy-EN, d’infirmier.es d’assistant.es social.es, non remplacement de professeur.e, DHG insuffisante) pour les comparer avec le vide du plan « 800 collèges en progrès ».
Agir pendant les demi-journées de concertation
Parmi les nombreux établissements en lutte contre la mise en place du « plan 800 collèges en progrès », trois formes d’opposition s’organisent le plus souvent.
→ Le détournement des heures banalisées. Les heures d’« auto-critique » présentée comme une « auto-évaluation » peuvent servir à évaluer les besoins réels pour améliorer les conditions d’enseignement : du bâti aux besoins humains en passant par les dispositifs supprimés (dédoublements, options, technologie en sixième…) par manque d’heures. La question des effectifs de classe reste au cœur des discussions Faire mieux avec moins » n’est qu’une expression du neomanagement public.
→ Refus de coopérer. Après la lecture d’une déclaration liminaire collective, refuser de participer aux réunions soit en restant silencieux soit en corrigeant leurs copies sur le temps libéré.
→ Faire grève. des collèges se sont mis en grève sur lors des demi-journées banalisées pour refuser cette mascarade. Dans ce cas, il est conseillé d’en informer la section académique du SNES-FSU et d’écrire un bref communiqué pour faire connaitre remonter la situation (exemple : collège Elsa Triolet de Champigny-Sur-Marne). Le SNES-FSU dépose des préavis de grève chaque semaine pour permettre aux collègues d’être couverts pour dans leur action.
Réfléchir collectivement en amont vos actions, notamment en heure d’informations syndicale est essentiel .Ce sont la résistance collective et la mobilisation qui ont rendu les regroupements de niveaux obsolètes.
Agir en Conseil d’Administration
L’autonomie des établissements, c’est avant tout l’autonomie des conseils d’administration des établissements (ce que de nombreux personnels de direction semblent oublier…). Il est essentiel de rappeler que de nombreuses décisions (expérimentations, mise en œuvre de l’autonomie pédagogique et éducative, projet d’établissement…) sont des compétences du CA.
Le Conseil d’Administration « fixe les principes de mise en œuvre de l’autonomie pédagogique et éducative dont disposent les établissements […]» (décret de 1985 fixant le fonctionnement des EPLE : article R421-20 du Code de l’éducation). À ce titre, c’est en CA, par un vote des membres de celui-ci, qu’on détermine: « l’organisation de l’établissement en classes et en groupes d’élèves »,« les modalités de répartition des élèves », « l’organisation du temps scolaire » et « l’emploi des dotations en heures d’enseignement » (article R421-2 du Code de l’éducation).
C’est un lieu de contre-pouvoir où des actions peuvent être menées pour alerter la communauté éducative et remettre en cause le principe des « collèges en progrès ».
→ Vœu en CA. Parfois appelé, à tort, motion, les vœux sont un moyen de mettre à l’ordre du jour du CA les problématiques liées à cette réforme. Le code de l’éducation indique de « Le conseil d’administration peut, à son initiative , adopter tous vœux sur les questions intéressant la vie de l’établissement » Article R.421-23 du code de l’éducation. Le SNES-FSU vous propose un vœu (adaptable) à voter en CA
Aller au contenu PDF→ Vigilance sur le projet d’établissement. Les « projets » sont souvent utilisés pour contourner le caractère national du système éducatif. Il faut donc bien examiner leurs contenus.l’article L912-1-1 du code de l’Education précise que la liberté pédagogique est contrainte par Le projet d’établissement. Si un projet d’établissement existe ou est remis en chantier, il faut donc strictement veiller sur son contenu qui doit demeurer vague et sans contrainte pour les personnels . Dans le cadre des « 800 collèges en progrès », il pourrait être revu pour y introduire un projet local d’évaluation, qui n’a aucune existence règlementaire en collège, ou tout protocole d’évaluation ou autres dispositifs de contraintes pédagogiques (soutien/approfondissement qui trie les élèves, regroupements de niveau, écoles du socle….).
→ Les expérimentations doivent faire l’objet d’un vote en CA (« école du socle » avec ou sans échanges de service avec le primaire, …).
→Refuser les regroupements de niveau ou le soutien/approfondissement.
Les groupes de niveau en mathématiques et en français ne sont plus obligatoires mais ils peuvent être mis en place selon le dernier arrêté organisant les enseignements du collège ; le soutien/approfondissement y figure aussi explicitement comme une possibilité. Sur le terrain, les regroupements de niveau ont pratiquement disparu. C’est une grande victoire pour le SNES-FSU et la profession qui se sont mobilisés pied à pied contre une mesure de ségrégation scolaire délétère que l’Inspection générale a qualifiée de « dérive des continents » pour pointer le creusement des inégalités.
Agir en CA :







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