L’ensemble des résultats d’admission aux concours de l’enseignement et de l’éducation sont désormais disponibles. Malgré une réforme, que le SNES-FSU a combattue, qui permet de s’inscrire dès la troisième année de licence et multiplie les viviers de recrutement avec l’organisation de doubles concours (à bac+3 et bac+5) dans de nombreuses disciplines, la crise d’attractivité de nos métiers reste vive et la pénurie demeure.

Une première session post-réforme

La session 2026 est la première depuis la mise en œuvre de la réforme. Elle s’inscrit dans les deux sessions transitoires où le concours est organisé à bac+3 et bac+5 dans de nombreuses disciplines. Les épreuves écrites des disciplines déficitaires ont eu lieu à des dates différentes permettant aux candidat·es de passer à la fois le concours bac+3 et le concours bac+5.

Comme nous le démontrions dans notre article, la hausse des inscriptions aux concours était en trompe-l’œil ! Avec l’ouverture d’un nouveau concours à bac+3 concomitamment aux habituels concours à bac+5, trois viviers (L3, M1 et M2) peuvent cette année s’inscrire. Le vivier étudiant est donc mécaniquement plus important que les années passées. En additionnant ces deux concours, le nombre global de postes ouverts est plus important provoquant également un appel d’air.

Une mise en perspective historique du nombre d’inscrits aux concours du CAPES externe permet de constater qu’il est similaire à 2017, dernière session ayant eu lieu avant les quinquennats d’Emmanuel Macron. L’étiage reste historiquement bas. Hors agrégation, 64 511 candidat·es sont inscrit·es aux concours de recrutement à bac+3 et bac+5. Si l’on retire les inscriptions multiples, il y a 53 554 candidatures uniques. Malgré un nombre de postes offerts similaire aux sessions 2016 et 2017, le nombre d’inscrit·es est bien inférieur. Si l’on retranche les inscriptions multiples, le nombre de candidat·es est à un niveau très faible.

La plupart des concours en crise


Postes ouvertsAdmissiblesAdmis·es uniquesPostes perdus % postes perdus
Agrégation externe162832611544845,16 %
Agrégation spéciale531125211,89 %
CAPES externe78301355273844465,7 %
CAPES externe Mayotte368336
CAPET externe7321268688446,01 %
CPE externe6321337632
Agrégation interne107022601070
CAPES interne9792137944353,58 %
CAPES interne Mayotte3436201441,18 %
CAPES interne Guyane316627412, 90 %
CAPET interne14030813642,86 %
CPE interne105210105
3e concours CAPES/CAPET2884352375117,71 %
3e concours CPE185118
TOTAL1357625116128936835,03 %
Source : SNES-FSU

La plupart des concours ne parvient pas à pourvoir l’ensemble des postes ouverts. La crise d’attractivité de nos métiers s’inscrit désormais dans le temps comme le soulignait récemment un rapport du haut-commissariat au plan. Les concours de la session 2026 montre l’étendue de la pénurie.

CAPES externe et interne

La majorité des concours du CAPES étaient ouverts à la fois à bac+3 et à bac+5. Les épreuves écrites étaient organisées à des dates distinctes dans l’ensemble des disciplines déficitaires permettant aux candidat·es de passer le concours deux fois.

10 postes ont été perdus au CAPES à bac+3 en lettres classiques dès l’admissibilité.

L’analyse faite par le SNES-FSU de la liste des admissibles permettait de constater qu’il y avait 1195 candidat·es au CAPES bi-admissibles aux deux concours

À l’issue des résultats d’admission, malgré les trois viviers étudiants liés à la réforme, de nombreux postes ne sont pas pourvus au CAPES dans les disciplines historiquement déficitaires (24 en lettres classiques, 13 en allemand…). L’analyse des listes d’admission des CAPES externes à bac+3 et bac+5 permet également de constater qu’il y a de nombreux bi-admis·es provoquant la perte de 250 postes supplémentaires.

Aux CAPES externes :

  • 24 postes sont perdus en lettres classiques (30% de postes perdus !)
  • 65 postes sont perdus en lettres modernes (5,5%)
  • 13 postes perdus en allemand (11%)
  • 1 poste perdu en anglais
  • 2 postes perdus en arabe (28%)
  • 33 postes perdus en espagnol (7%)
  • 240 postes perdus en mathématiques (17%)
  • 36 postes perdus en physique-chimie (14%)
  • 1 poste perdu en créole

Au CAPES interne, 3 postes sont perdus en lettres classiques, 11 en lettres modernes, 1 en arabe, 16 en mathématiques, 3 en physique-chimie, 1 en éducation musicale.

Le SNES-FSU ne peut que constater que, malgré un ratio admissibles/admis·es extrêmement favorable dans de nombreuses disciplines et l’abondance des viviers potentiels de recrutement en raison de la réforme, la crise d’attractivité de nos métiers reste vive.

CAPET externe et interne

Au CAPET externe, l’ensemble des concours se passent dès cette année à bac+3 sauf pour trois options d’économie-gestion.
6% des postes sont perdus au CAPET externe à bac+3 : 38 en économie-gestion (10% !) et 6 en SII électrique (19%).

Au CAPET interne, 4 postes sont également perdus.

Agrégation externe

À l’agrégation externe, 84 postes sont perdus dont 68 en mathématiques (23% des postes ouverts), 9 en allemand (22,5%), 4 en lettres classiques (8%), 2 en SII info (29%).

L’agrégation subit peu à peu une désaffection en raison de la perte d’attractivité, notamment salariale, de nos métiers.

Troisième concours

Le troisième concours, qui est la voie privilégiée pour les reconversions du secteur privé vers l’enseignement, connaît une crise majeure.

18% des postes restent non pourvus à l’issue des résultats d’admissions ! 30 % des postes en mathématiques ; 42% en allemand ; 67% en NSI ; 40% en éco-gestion SI, …

Quelles perspectives ?

Cette crise d’attractivité des métiers de l’enseignement qui se poursuit à la session 2026 des concours de recrutement est le produit de la politique salariale menée ces dernières années, de la dégradation des conditions de travail, du prof-bashing permanent et de la valse des réformes contraires aux intérêts des élèves et des personnels.

Plutôt que de répondre à cette crise en augmentant les salaires avec un début de carrière à 2 SMIC et une reconstruction des grilles salariales, en revenant à une entrée dans le métier progressive et à tiers-temps et à un recrutement sous statut d’élève-fonctionnaire bien rémunéré dès la L2, le gouvernement s’entête. La réforme mise en place par le gouvernement qui ne s’attaquait pas aux véritables causes de la crise ne suscite pas d’engouement nouveau pour les concours. La crise d’attractivité de nos métiers, comme le démontrait le haut-commissariat au plan, est une « ”tendance lourde“ qui ne paraît pas, selon des indices concordants, susceptible de s’inverser à court terme ».

Il devient urgent que le Ministère ouvre des discussions pour s’attaquer véritablement aux problèmes structurels avec :

  • Un début de carrière à hauteur de 2 fois le SMIC
  • La reconstruction des grilles salariales
  • La révision de l’indemnité de résidence pour qu’elle prenne en compte la réalité du marché locatif
  • À terme, la mise en extinction du corps des certifié·es et CPE et leur intégration dans le corps des agrégé·es, l’agrégation revalorisée devenant l’unique niveau de recrutement
  • Le pré-recrutement dès la L2 sous statut d’élève-fonctionnaire et une entrée progressive dans le métier
  • Un plan pluriannuel de recrutement pour stabiliser les viviers
  • Des mesures sociales d’accompagnement des candidat·es durant leurs études

Se syndiquer au SNES-FSU et être informé·e

Enseignant·e, CPE ou Psy-EN stagiaire ou élève-fonctionnaire ? Prends quelques minutes pour remplir notre fiche contact et te syndiquer au SNES-FSU, premier syndicat du second degré général et technique.

Tu peux te syndiquer de façon anticipée pour la rentrée prochaine. Les prélèvements ne commenceront qu’en octobre mais tu pourras bénéficier de l’accompagnement du SNES-FSU notamment la mise en contact avec le responsable syndical dès connaissance de ton établissement d’affectation.

Les impôts te rembourseront 66% de ta cotisation ce qui revient, après crédit d’impôt, à 41€ annuel pour un·e agrégé·e et 34€ pour un·e certifié·e/CPE/Psy-EN, 21€ pour un élève-fonctionnaire et 8,50€ pour un·e étudiant·e.

Le SNES-FSU met à ta disposition une carte des postes réservés aux stagiaires, et grâce au réseau militant de notre organisation, dès connaissance de ton affectation, tu peux bénéficier de la mise en contact avec le/la responsable de ton établissement d’affectation.


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