CSE du 9 juillet 2026
Déclaration préalable du SNES-FSU
Madame la directrice, Monsieur le chef de service, Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs membres du CSE,
Les sessions du baccalauréat et du DNB s’achèvent. Elles auront été marquées par des conditions d’épreuves écrites et orales difficiles tant pour les élèves que pour les personnels. La canicule autant que l’impréparation du ministère pour y faire face, ont nettement dégradé l’ensemble de cette session, laissant les collègues et leurs élèves supporter physiquement la chaleur et la désorganisation. Le SNES-FSU dénonce l’incapacité du ministère à s’adapter au changement climatique. Le 4 septembre dernier, nous avions fait des propositions pour anticiper les vagues de chaleur pendant les examens, notamment en avançant toutes les épreuves, et plus particulièrement les écrits de français et philosophie, pour se donner des solutions alternatives en cas de report d’examens.
En attendant une rénovation complète du bâti scolaire, des solutions immédiates existent donc pour ne pas supprimer purement et simplement les examens de fin d’année au collège et au lycée. Le SNES conteste d’ailleurs toute remise en cause opportuniste des épreuves terminales que d’aucuns trouvent toujours trop couteuses. Il continuera à défendre le cadre national des diplômes garant d’égalité et de sérieux.
La mesure phare du ministre sur la maitrise du français exigée des candidat·es au baccalauréat restera bien nébuleuse et insignifiante. Bien malin qui pourrait résumer les consignes officielles communiquées aux jurys. L’arbitraire comme guide semble être le seul point commun à retenir, avec des attentes à géométrie variable selon les académies. La campagne de communication du ministre est devenue grotesque en plus d’être profondément infamante pour les personnels supposés laxistes.
Au BO du 2 juillet, deux notes de services qui n’ont pas été concertées en amont ni même n’ont fait l’objet d’une simple information préalable, s’inscrivent dans cette communication du coup d’éclat sans se préoccuper des réalités.
La cérémonie obligatoire à proximité du 11 novembre pour « tous les Morts pour la France » ne s’embarrasse pas de nuance ni de tact.
Que dire des « malgré-nous » d’Alsace Moselle qui ont servi sous uniforme allemand et sont reconnus depuis « morts pour la France » ? Que dire des « fusillés pour l’exemple » et des morts des guerres coloniales ? Faut-il hiérarchiser pour ne célébrer que le sacrifice de jeunes soldats morts en combattant les agresseurs allemands ? C’est bien au contraire la culture de la paix qui doit être enseignée dans un contexte international où les conflits éprouvent et brutalisent les populations. L’école n’est pas un tombeau mémoriel mais un lieu de vie, de solidarité, de diversité, d’apprentissage de la complexité pour que la jeunesse apprenne à vivre ensemble afin de construire collectivement de nouveaux jours heureux.
La seconde circulaire au BO du 2 juillet est « l’interdiction du téléphone portable et des autres objets connectés au lycée ».
Un extrait :« L’inscription du principe d’interdiction de l’utilisation du téléphone portable et des autres objets connectés au lycée a vocation à figurer dans la loi actuellement en cours de discussion ou, à défaut d’adoption de celle-ci avant la rentrée, dans le règlement intérieur de l’établissement. »
Comment le ministère peut-il imaginer qu’une circulaire en date du 2 juillet pourrait imposer à chaque établissement de changer son règlement intérieur avant la rentrée et après consultation, si rien dans la loi ne l’oblige et que le Code de l’Éducation n’a pas été modifié ? Une circulaire ne remplace pas une loi, une loi qui pour l’heure n’existe pas, elle n’est d’ailleurs dans aucun des agendas de l’Assemblée ou du Sénat. Cette circulaire n’aurait jamais dû être publiée, l’amateurisme du ministère ne fait pas loi.
Toujours au BO du 2 juillet, le SNES-FSU a pris connaissance de l’instruction « relative à l’amélioration de l’orientation et de la prise en charge des élèves présentant des signes de souffrance psychique ». Nous nous félicitons de la reprise du ministère de certaines de nos propositions notamment en citant nommément comme nous l’avions demandé les psychologues de l’Éducation nationale qui ne sont pas assimilé·es à des personnels de santé. Nous sommes cependant alerté·es par des conventions signées avec les ARS dans le cadre des communautés professionnelles territoriales de santé faisant intervenir dans des collèges et lycées des psychologues libéraux exerçant sur le même territoire que ces EPLE pour des missions qui recouvrent précisément celles des PsyEN. Pour le SNES-FSU, il y a là manifestement un conflit d’intérêts puisque le rôle de ces psychologues serait d’orienter potentiellement les jeunes vers leurs propres cabinets pour des consultations à la charge des familles. Alors qu’on parle de restrictions budgétaires, les sommes engagées dans ce type de dispositif sont scandaleuses (68 000 euros pour un établissement scolaire). Le ministère nous avait assuré qu’il n’y aurait pas d’entrée de psychologues extérieurs puisque l’École n’est pas un lieu de thérapie. Nous constatons que sur le terrain, c’est le contraire qui est en train de se passer. Nous souhaitons donc vous entendre et avoir des réponses sur cette situation qui nous parait inacceptable.
Pour terminer, le SNES-FSU renouvelle sa demande de listes complémentaires aux CAPES et CAPET. De trop nombreuses places seront perdues avec les doubles admissions aux concours L3 et M2. Nous demandons dans un premier temps que les jurys constituent ces listes complémentaires, le ministère pourra ensuite les exploiter, ou pas, pour tenter de corriger des taux d’admission désespérément faibles.



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