Silence, ça chauffe !

Pendant que la ministre de la transition écologique Monique Barbut annonçait « un élan collectif » , en dressant le bilan de canicules de la fin de l’année scolaire et de l’été, le gouvernement a mis l’adaptation du bâti scolaire aux oubliettes. Dans son enquête de rentrée, le SNES-FSU révèle une nouvelle fois la situation de pénurie dans les collèges et les lycées.

Au cours des réunions de pré-rentrée, l’adaptation et les aménagements du bâti ont été évoqués dans seulement 21% des établissements. Dans l’immense majorité, rien n’a évolué depuis la fin de la dernière année scolaire. Même l’achat d’équipements mobiles et d’urgence n’est pas à l’ordre du jour, à rebours des engagements du gouvernement. L’équipement des établissements en dispositifs de rafraîchissement par EDF reste, à ce stade, marginal, et fait parfois l’objet de blocages financiers.

Quand des aménagements sont évoqués, il s’agit à 61% de « travaux envisagés ou demandés », donc qui ne sont pas réalisés, à 4% de « travaux programmés », et seulement à 35% de « petits travaux et équipements effectivement réalisés ». Sur cette part extrêmement restreinte d’établissements, les achats d’équipements sont majoritaires, ventilateur à 73,4%, suivis à 20% par des climatiseurs mobiles et à 17% par les protections solaires.

Un plan d’investissement pour le bâti scolaire est nécessaire

Adapter le bâti scolaire aux canicules nécessiterait des investissements de l’ordre de 5 milliards d’euros par an pendant dix ans. Ce n’est jamais que 2% des aides aux grandes entreprises pour la seule année 2023. Le SNES-FSU dénonce l’absence de volonté d’un gouvernement qui se refuse à penser une stratégie pour un plan massif de financement commun avec les collectivités, qui ont la responsabilité du bâti scolaire.

La situation dans l’Hexagone ne doit pas occulter celle des DROM où la situation n’est pas meilleure, alors que ces territoires restent à l’écart des niveaux de vigilance météorologiques. Le SNES-FSU demande d’inclure les DROM dans la mise en place d’un plan d’action permettant la prise en compte des températures et des taux d’humidité élevés

Alors que les accords de Paris sur le climat sont pulvérisés, que les engagements portés dans les COP ne sont pas respectés, le ministère ne peut continuer de se défausser sur le terrain. L’État a un devoir de protection immédiate des personnels et des usager·ères du Service public. Le SNES avec la FSU demande un véritable plan d’investissement pour le bâti scolaire, la mise en place de mesures générales qui correspondent aux niveaux de vigilance et qui permettent d’adopter un cadre de décision national, et n´accepte pas que les services publics essentiels ne tiennent, en définitive, que par l’engagement des agent·es qui pallient les carences et l’absence de moyens déployés par l’État.


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