Parcoursup - orientation post bac

Pendant que les organisations de jeunesse revendiquent la fin de Parcoursup et dénoncent la sélection qui empêche les jeunes, en particulier les moins favorisés, de poursuivre les études supérieures de leur choix, les ministères de l’Enseignement supérieur et de l’Education nationale déroulent leur communication mensongère habituelle, à grand coup de truquage des chiffres et de sondage CSA, en forme d’enquête marketing de satisfaction.

Enfumage et propagande ministérielle

Du point de vue du gouvernement, tout va très bien : la plateforme est facile, agréable et les usager·es sont contents. Le niveau de satisfaction serait tel que le ministère de l’enseignement supérieur sort le calendrier 2027 comme si de rien n’était, au mépris des « concertations-flash » et autres débats, supposés répondre aux revendications.

Ce mercredi 21 octobre, le ministre de l’enseignement supérieur a voulu se jouer des organisations syndicales et a mis en scène une réunion de lancement de la « concertation flash » devant la presse en s’assurant l’appui de « syndicats » sur mesure pour légitimer son discours et, en invitant l’organisation syndicale d’extrême droite UNI. Au mépris du mouvement social et de ses représentant·es, le ministre de l’enseignement supérieur a ajouté la provocation.

Naufrage d’une politique

Selon les chiffres du ministère, seulement 91,5% des bachelier·res inscrits sur la plateforme ont reçu au moins une proposition. Plus de 56000 n’en ont reçu aucune! Avec les réorientations, on peut estimer que le nombre de recalé·es dépassait les 150 000 à la rentrée de septembre. En catastrophe , après la fermeture du serveur, le ministère a enjoint les rectorats d’Ile de France de débloquer 3000 euros par candidat·es sans affectation pour proposer une inscription en licence.

En 2025, le taux de réponse oscillait selon la source, entre 94% (communication ministérielle) et 93,5% (Note SIES de novembre 2025), ce qui représentait alors près de 40 000 lycéen·nes sur le carreau.

On peut aussi mesurer le niveau d’insatisfaction généré par Parcoursup à l’augmentation du nombre de candidat·es en réorientation au bout d’un an .

Il n’y a aucun hasard : si les néo-bachelier·es sont de plus en plus empêchés de poursuivre des études supérieures , cela correspond à un choix budgétaire dont témoignent les documents annexés au projet de loi de finance 2027.

Pour 2026, la cible du taux des lauréat·es ayant au moins une proposition, était de 93% , en baisse de 1 point par rapport à 2025. Avec 91,5%, on voit que la réalité a dépassé les objectifs officiels. Et les documents pour 2027 n’envisagent pas de rompre avec le choix de la réduction des possibilités de l’accès aux études supérieures.

Ce choix politique cristallise et creuse délibérément les inégalités sociales: en 2024, si 75,2% des jeunes issus de milieux les plus favorisés accédaient à l’enseignement supérieur, cela ne concernait que 50,6% des jeunes issus de la catégorie « ouvriers, employés ». Le gouvernement actuel ne prévoit absolument pas de remédier à cette situation car il propose encore de creuser les inégalités avec un écart encore plus grand (de 25,4 à 30 points) entre les catégories sociales (84% pour les milieux les plus favorisés, et 54% pour la catégorie « Ouvriers-employés).

Qui défend encore Parcoursup ?

Depuis 2018, le SNES-FSU n’a cessé de demander l’abrogation de la loi orientation et réussite des étudiants (ORE) et de Parcoursup. Cela aurait pu être préparé par des mesures transitoires : anonymisation des lycées dans les dossiers individuels, levée du secret des critères de classement, suppression des contingentements selon les capacités d’accueil des formations non sélectives… Tout cela supposait a minima de rompre avec le mensonge entretenu par tous les gouvernements de la Macronie qui refusaient de reconnaître la sélection à l’entrée de l’université et l’arbitraire du classement des candidatures. Pourquoi en effet vouloir maintenir le principe du secret des critères de classement , inscrit dans le marbre de la loi ORE ? Au nom de quelle nécessité? A part celle de l’arbitraire.

Toutes les formations supérieures sont désormais sélectives , et celles réputées non-sélectives le sont parfois davantage que les sélectives. Les rapports de la défenseure des droits , de la Cour des comptes et du comité éthique et scientifique de Parcoursup ont tous, à leur manière dénoncé ce paradoxe. Comment comprendre que les formations non sélectives laissent les candidat·es en attente indéfiniment ?

Comment comprendre que les jeunes soient interdits de saisir la commission d’accès à l’enseignement supérieur (CAES) si, par malheur, ils ont refusé une proposition qui ne correspondait plus à leur choix ? Le ministre peut s’enorgueillir des 60 personnes sans proposition à la fermeture du serveur cette année sur les quelques 5000 saisines de CAES… Mais les faits sont têtus, le système sacrifient des dizaines de milliers de jeunes.

Les ministres de l’enseignement supérieur et de l’Education nationale cherchent volontairement à tromper les medias et l’opinion publique . Cela traduit un mépris total de la jeunesse confrontée aux mécanismes de relégation de Parcoursup. Dans les faits, le gouvernement veut maintenir Parcoursup afin de poursuivre sa politique de casse de l’enseignement supérieur public et de démassification de l’accès à l’enseignement supérieur. Il veut appuyer le développement du privé et renforcer la sélection par l’argent.

« En finir avec Parcoursup » relève de l’urgence sociale

Il faut renouer avec l’ambition d’un ensei­gnement pour toutes et tous qui ouvre réellement les portes de l’enseignement supérieur. Le baccalauréat doit rester le premier grade universitaire avec une liberté d’inscription à l’université. Il faut financer sans attendre des places dans l’enseignement supérieur public et en finir avec les structures privées lucratives qui captent les bachelier·es sans solution dans Parcoursup en les trompant sur le sérieux de leurs formations et sur la solidité de leur modèle économique après avoir encaissé des frais d’inscription exorbitants.

Les mandats du SNES-FSU

  • Permettre à tous les jeunes de poursuivre les études supérieures de leur choix, ce qui exige la fin de la sélection vers l’université et l’ouverture de places dans l’enseignement supérieur public ;
  • Supprimer la plateforme Parcoursup en tant que telle pour la remplacer par une procédure d’affectation dans l’enseignement supérieur public fondé sur une hiérarchisation des vœux a priori ;
  • Renforcer le diplôme du bac comme premier grade universitaire.


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