17 mai : journée internationale de lutte contre les LGBTIphobies

Le 17 mai 1990, l’homosexualité était retirée de la liste des maladies mentales par l’OMS, après des décennies de luttes menées par les personnes concerné·es et leurs allié·es. La transidentité, quant à elle, n’a été retirée de cette classification qu’en 2019. Concernant les personnes intersexes, elles sont toujours exposées à des violences médicales donnant lieu à des traitements hormonaux non nécessaires et à des opérations chirurgicales non consenties visant à les faire entrer dans une norme. La lutte pour la dépathologisation des existences LGBTQIA+ (lesbienne, gay, bisexuel, transgenre, queer, intersexe, asexuel·le et autres) est toujours en cours.

Ces deux dates ont marqué un premier pas vers la dépathologisation des identités et des orientations sexuelles, révélant que les normes qui prétendent encadrer les identités de genre et les orientations sexuelles/romantiques ne sont pas naturelles mais sociales. Elles sont le produit de rapports sociaux spécifiques et susceptibles d’évoluer. La lutte pour l’égalité des droits et des conditions d’existence des personnes LGBTQIA+ implique donc une lutte de transformation sociale en profondeur.

Des discriminations et violences toujours présentes

Les personnes LGBTQIA+ subissent des discriminations systémiques dans l’accès à l’emploi, aux salaires, au logement, à la santé, et dans leur vie quotidienne. Les violences, qu’elles soient physiques, verbales ou institutionnelles, persistent. À l’école comme au travail, les situations de harcèlement sont monnaie courante. Le suicide de notre collègue Caroline Grandjean-Paccoud, victime de harcèlement lesbophobe, met en lumière les graves manquements de l’institution à son devoir de protection des personnels. Face aux revendications légitimes des personnes LGBTQIA+, l’Éducation nationale ne participe pas suffisamment à la lutte contre les discriminations. L’inaction contribue à banaliser et à renforcer les LGBTQIA+phobies. Au quotidien, le SNES-FSU accompagne les collègues victimes de discriminations et milite pour un cadre de travail sûr, inclusif et respectueux des droits de chacun.

Offensive réactionnaire contre les personnes LGBTQIA+

La lutte pour obtenir des droits et l’égalité réelle s’accompagne d’une lutte constante contre les offensives envers les personnes LGBTQIA+ allant du centre-droit jusqu’à l’extrême-droite. Ces offensives ciblent en priorité les personnes trans par des stratégies qui reposent sur des mécanismes bien connus. Elles sont déshumanisées, objectifiées puis présentées comme des menaces envers les enfants, les femmes cis, à l’école, au sport, ou dans les espaces genrés notamment, et enfin deviennent des menaces à la société entière. Ces attaques sont une offensive frontale menée à l’encontre des personnes LGBTQIA+, mais elles nous impactent collectivement, par la mise en avant d’une idéologie sexiste qui cherche à établir des normes de genre fixes, rigides et binaires pour l’ensemble des individus. Quand elles ne sont pas attaquées, les personnes LGBTQIA+ sont invisibilisées ou instrumentalisées ; en effet, d’autres stratégies sont mises en œuvre par les réactionnaires. Le pinkwashing notamment, ou encore l’homonationalisme et le racisme qui l’accompagne finissent par nuire à toutes les minorités et diviser les luttes.

Face à ces constats, il est nécessaire de construire des réponses collectives. La défense des droits LGBTQIA+ ne peut être dissociée des combats contre le sexisme, le racisme et les logiques néo-libérales ou réactionnaires. Il s’agit de penser la convergences de luttes pour une transformation globale de la société. C’est dans cette perspective que le SNES-FSU agit au quotidien.

Nos revendications

Dans les établissements scolaires, le SNES-FSU défend :

  • Une formation obligatoire et régulière des personnels aux enjeux LGBTQIA+ pour lutter contre les discriminations.
  • L’autodétermination et l’accès aux soins des mineur·es trans
  • La garantie d’un environnement sûr et inclusif pour les élèves et les personnels.
  • La reconnaissance et le respect des identités de genre et des prénoms choisis.
  • Une lutte active contre toutes les formes de harcèlement et de violences.
  • La mise en place effective de l’EVARS dans tous les établissements et des moyens pour le faire. 
  • Un programme EVARS à la hauteur des enjeux, qui rende visible l’ensemble du spectre LGBTQIA+. 
  • L’introduction explicite des réalités LGBTQIA+ dans l’ensemble de programmes. 
  • Des espaces d’intimité (toilettes/vestiaires) non-genrés et individualisés, pour les élèves et les personnels.

Le SNES avec la FSU militent pour des revendications à l’échelle de toute la société : 

  • Le droit de vivre son genre sur la base de l’autodétermination.
  • La reconnaissance administrative des personnes trans et non binaires.
  • La simplification des démarches administratives pour les transitions légales sur la base du déclaratif à la mairie.
  • L’inscription à la Constitution de la liberté de genre.
  • Un accès égalitaire au travail, au logement, à la parentalité.
  • Le droit d’asile pour les personnes persécutées en raison de leur identité ou orientation.
  • La fin des mutilations et de la médicalisation non consentie des personnes intersexes.
  • La dépsychiatrisation totale des identités et des parcours LGBTQIA+.
  • Un accès universel aux soins et la liberté des parcours

Agissons ensemble

Le SNES-FSU appelle à participer aux mobilisations du 17 mai et aux marches des fiertés. Lutter pour les droits des personnes LGBTQIA+, c’est lutter pour une société plus juste, plus égalitaire et plus libre! 

Voir en plein écran


Vos questions
Le Snes défend les droits individuels et collectifs. Vos représentants vous répondent, vous conseillent et vous accompagnent.
Accès à la FAQ

Vous ne trouvez pas votre réponse, posez-nous votre question