Note : au regard des informations contradictoires qui circulent depuis 14h, il est fort possible que cet article soit régulièrement mis à jour.
26/10 – 18h
Les organisations syndicales étaient invitées, lundi 26 octobre, à 14h30 à une visio d’échanges avec le cabinet du ministre afin de présenter les réponses du gouvernement au mouvement lycéen soutenu par l’intersyndicale de l’Education. Cette organisation était pensée par le ministre de l’Education pour permettre aux syndicats d’avoir les annonces avant qu’elles ne soient diffusées dans la presse, comme s’y est régulièrement engagé et tenu Edouard Geffray. Mais Sébastien Lecornu a rencontré des influenceurs dans la matinée, qui ont dévoilé les mesures prises dès 13h50. Quel mépris de la part du premier ministre ! C’est pourtant le même qui déclamait son attachement à la démocratie sociale mercredi lors de la rencontre avec l’interpro mercredi dernier.
Diverses annonces ont été présentées lors de cette réunion. Elles sont encore, à cette heure, très confuses et parfois insuffisantes, par exemple sur la question des salaires et des carrières. Une nouvelle réunion est prévue avec le ministre le mardi 27 octobre matin. Ces annonces montrent que le gouvernement est obligé de céder face au rapport de force créé par le mouvement lycéen, appuyé par les personnels, qui portent depuis des années, ces revendications. Ces annonces sont des premières lignes qui bougent, mais nous ne pouvons en rester là. Il faut aller plus loin sur les salaires, les moyens en collège comme en lycée et une rupture claire avec les politiques macronistes. Le SNES-FSU appelle à poursuivre la mobilisation, notamment par une grève massive le 5 novembre.
Le ministère a annoncé le plafonnement des classes de 2de générale et technologique à 28 dans certains lycées, les plus défavorisés, sans préciser à ce stade comment ils seront choisis. La mesure a vocation a être généralisée en 2028. 500 emplois de professeurs sont créés à cet effet dans le PLF 2027.
Depuis des années, le SNES-FSU dénonce les classes trop chargées, en collège comme en lycée. Il était temps que le gouvernement agisse ! Mais diminuer les effectifs doit se faire dans toutes les classes, en collège comme en lycée. Comment seront choisis les lycées concernés à la rentrée 2027 ? Diminuer les effectifs implique donc de créer des classes supplémentaires : quelles salles disponibles ? Quels emplois du temps à l’heure où le ministère veut les simplifier ?
Le ministère a aussi annoncé l’ouverture de chantiers sur le contrôle continu et les emplois du temps, reconnaissant implicitement les impasses du lycée Blanquer. Ces totems présentés comme indépassables sont en train de bouger. Pour le SNES-FSU, il faut aller plus loin. On ne peut se contenter de rustines qui, en bougeant tel ou tel élément, pourraient créer de nouveaux problèmes. Il faut déblanqueriser le lycée et en finir avec les réformes du lycée, du bac et de Parcoursup !
Les suppressions d’emplois de professeurs dans le 2d degré prévues au budget 2027 sont annulées. C’est un premier pas mais qui en appelle d’autres vu comme le 2d degré public a été maltraité ces dernières années. Depuis 2006, il a accueilli 63 262 élèves supplémentaires mais a perdu 29 846 emplois ! Il ne suffit pas d’annuler des suppressions, il faut aussi créer des emplois, d’enseignants mais aussi d’autres catégories de personnels.
Sur Parcoursup, la plus grande confusion a régné tout l’après-midi. Des évolutions techniques pour la session 2027 sont prévues, pour améliorer la transparence, par exemple en rendant publics les critères d’examens des candidatures. Le reste de l’évolution de la plateforme est renvoyé aux conclusions d’un « comité de transparence », pour 2028, et le ministère l’affirme « on ne peut pas dire qu’il n’y aura plus Parcoursup à la rentrée 2028 », tout dépendra des conclusions du travail qui va être mené. Il faut poursuivre la mobilisation pour obtenir l’abrogation de Parcoursup.
Le SNES-FSU a interrogé le cabinet du ministre sur les mesures de salaires et de carrière, indispensables pour revaloriser la profession et relancer l’attractivité de nos métiers. Il nous a été précisé que les réponses du jour concernaient le mouvement lycéen mais que le ministère continuait de travailler sur des mesures pour les milieux de carrières, avec notamment le décret Borne. Pour le SNES-FSU, il faudra aller beaucoup plus loin en matière de salaires et de carrière.
Sur le bâti scolaire, le gouvernement annonce 4 milliards d’euros d’ici 2023 sous forme de prêt aux collectivités territoriales. Mais il faut 4 milliards d’euros par an, pendant 10 ans pour assurer la rénovation thermique de l’ensemble du parc du bâti scolaire.
Mise à jour – 20h
En conférence de presse, le ministre de l’Education nationale a précisé que le plafonnement des classes de 2de GT à 28 élèves viserait d’abord les lycées les plus défavorisés. Cela montre en creux les effets de la sortie des lycées de l’Education prioritaire qui ont donc été complètement délaissés depuis près de 10 ans. Si ce seuil d’effectif à cranter est le bienvenue, il n’est pas suffisant : le SNES-FSU a un mandat de 25 élèves maximum par classe en lycée et 20 en collège (16 en REP/REP+).
Edouard Geffray a aussi précisé les contours du chantier sur les emplois du temps, pointant les plus de 300 combinaisons possibles de triplettes en 1ère, appelant à leur optimisation. Il a aussi pointé le caractère anxiogène du contrôle continu en 1ère. Enfin ! Le SNES-FSU a dénoncé ces effets depuis la mise en place des réformes Blanquer. Le ministre de l’époque nous a traité de ventilateurs à angoisse et de preneurs d’otages lors des grèves. Aujourd’hui, plus personne, pas même le Dgesco de l’époque, ne peut défendre Parcoursup et l’organisation du lycée Blanquer. Mais il faut aller au bout de la déblanquérisation du lycée, sans attendre.
Ces précisions, en attendant la réunion avec le ministre, le 27 octobre, confirment une chose : le rapport de force permet de faire bouger des lignes. Le gouvernement, fébrile, est obligé de lâcher sur certains points importants. A nous de continuer pour des moyens (salaires, postes, conditions de travail) et une rupture claire avec les politiques éducatives macronistes : le 5 novembre toutes et tous en grève !



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