Le SNES-FSU rencontre la ministre.

La nouvelle vague de très fortes chaleurs qui touche l’Hexagone depuis mercredi dernier fait une nouvelle fois apparaître l’impréparation manifeste de l’Education nationale face aux épisodes caniculaires. En quelques heures, les représentants du SNES-FSU dans les établissements ont rempli la deuxième vague de notre enquête « météo des classes » et le résultat est sans appel : 88% des réponses indiquent un collège ou un lycée où la température dépasse les 30 degrés. Le SNES-FSU n’a cessé d’interpeller les autorités, au niveau national et académique, ces derniers jours pour que des mesures d’urgence soient prises afin de protéger les personnels et les élèves dans les prochains jours avant, enfin, et comme le demande le SNES-FSU depuis plusieurs années d’engager un grand plan de rénovation thermique du bâti scolaire.

Après un premier point d’information le jeudi 18 juin, une nouvelle réunion a été organisée par le ministère le 20 juin en fin d’après-midi, en présence du ministre. Si des réponses vont dans le bon sens sur la situation des personnels, le problème reste entier sur l’organisation des établissements. La grande débrouille continue avec un renvoi au local systématique de la prise de décision. Cela va mettre entrainer une grande confusion pour les personnels et les familles.

La situation dans l’Hexagone ne doit pas faire oublier celle des DROM où la situation n’est pas meilleure. Aucune organisation n’est pensée pour permettre aux communautés scolaires de faire face aux pics de chaleur et ces territoires restent à l’écart des niveaux de vigilance météorologiques. Le SNES-FSU demande d’inclure les DROM dans la mise en place d’un plan d’action permettant la prise en compte des températures élevées, et des taux d’humidité élevés.

Les exigences du SNES-FSU

Dans l’immédiat, des mesures sont à prendre en urgence pour traverser les prochains jours, en préservant la santé des personnels et des élèves. Il sera ensuite nécessaire de faire un bilan de cette séquence. Le SNES-FSU réclame aussi de longue date un travail autour de l’adaptation de notre système éducatif au réchauffement climatique, par exemple intégrer le paramètre canicule à la définition du calendrier des examens : cette année, le SNES-FSU avait proposé que les épreuves du brevet se déroule sur 4 demi-journées, le matin.

Un cadrage national

Selon Météo France, l’Hexagone va connaître « un plateau » de chaleur « entre lundi et jeudi et un maintien des températures maximales et minimales à un niveau extrêmement élevé ». Il ne s’agit donc plus d’un « pic de températures » mais d’une situation durable qui va s’installer durant plusieurs jours. « Lundi sera encore plus chaud que dimanche : la température moyenne sur l’Hexagone pourrait atteindre le niveau de la journée la plus chaude jamais mesurée en France tous mois confondus », rappelle Météo-France. Les températures maximales sont censées atteindre 37 à 42° « dépassant par endroits les records absolus (tous mois confondus) ». Après ce plateau de chaleur, « une baisse s’amorcera à partir du vendredi, mais cela reste à confirmer », prévient Météo-France

Le SNES-FSU a dénoncé le renvoi au local de la prise de décision pour des aménagements de cours. La majorité des départements de l’Hexagone vont être en vigilance orange ou rouge. Il n’est pas acceptable de laisser chaque établissement décider des aménagements horaires ou organisationnels : les retours de ces derniers jours confirment une grande confusion où, à quelques kilomètres de distance, un établissement peut être ouvert et un autre voir ses cours suspendu. Pour la lisibilité, la clarté, la compréhension mais aussi l’acceptation générale de la situation, il faut des décisions claires.

Le SNES-FSU demande ainsi des mesures générales qui correspondent au niveau de vigilance et qui permettent d’avoir un cadre de décision global. Par exemple, pour les zones en vigilance orange, un fonctionnement nécessairement aménagé, par exemple au niveau des horaires. Vu la vague de chaleur, il est illusoire de penser que l’état du bâti scolaire permettra de faire baisser les températures la nuit à l’intérieur des établissements scolaires. Pour la zone en vigilance rouge (selon Météo France, une « canicule extrême, exceptionnelle par sa durée, son intensité, son extension géographique » avec « fort impact sanitaire pour l’ensemble de la population »), cela pourrait être un fonctionnement en accueil minimum et suspension des cours.

Des dispositions pour les personnels

Le SNES-FSU, dès la semaine dernière, avait pointé la situation des personnels dits vulnérables, aussi bien en exercice dans les établissements, que dans les jurys d’examens. Par ailleurs, avec la cacophonie généralisée, des collègues, parents d’élèves, peuvent voir l’école de leurs enfants fermer une journée ou une demi-journée, et ne peuvent alors se rendre sur leur lieu d’exercice. Ils ne doivent pas être pénalisés.

Le SNES-FSU a été alerté ces derniers jours sur des pressions exercée sur des collègues pour qu’ils restent dans l’établissement ou viennent au collège pour participer à des réunions. Quelques exemples : suspension des cours à 13h mais collègues sommés de rester dans un collège vide pour des réunions jusqu’à 16h, des conseils de classe maintenus avec refus de la visio (des chefs d’établissement qui ont perdu les mots de passe depuis le Covid ?), des AED à qui il est demandé de rester jusqu’à 16h, alors que les cours ont été suspendus et qu’il n’y a plus d’élèves…. Nous avons donc demandé que cessent les pressions et infantilisations en tout genre. Les réunions doivent être reportées si elles n’ont pas un caractère urgent ou être basculées en visio.

Les examens

Après les annonces du ministre la semaine dernière sur l’oral de français et le Grand oral organisés le lundi, le SNES-FSU a demandé des précisions sur la réorganisation des oraux du bac dans les jours qui suivent. Jeudi dernier, nous avions demandé de l’anticipation, en pointant la faible probabilité que les températures diminuent dans la nuit de lundi à mardi et que les élèves et les examinateurs ne devaient pas découvrir le mardi matin que leur épreuve était reportée.
Pour les corrections du brevet, lors de la réunion du jeudi, le SNES-FSU a demandé qu’une souplesse soit accordée aux personnels concernés : correction sur site ou au domicile au choix et levée des pressions obligeant à rester jusqu’à l’épuisement de toutes les copies.

Dès le mois de septembre, il faudra travailler sur un calendrier des examens adapté au réchauffement climatique.

Les réponses du ministre

Le ministre a confirmé les dispositions prises pour les personnels vulnérables avec la mise en place des aménagements nécessaires. Il a aussi indiqué que les réunions devaient aussi être proposées en visio, et qu’il ne s’agissait pas de « courir après le présentéisme ». Pour les collègues dont l’école de leurs enfants ferment et qui se retrouvent, soudainement, dans l’impossibilité de venir au collège ou au lycée, la décision est renvoyé à la gestion locale et au dialogue social local.

En revanche, Edouard Geffray réfute toute cadre de décision global (national, par département ou par zone), persistant à renvoyer au cas par cas et au niveau local, en s’abritant derrière l’approche interministérielle, une approche territorialisée et transversale, impossible à remettre en cause à ce stade. C’est donc au par cas, lorsque les conditions de sécurité ne sont pas satisfaisantes, que des décisions de fermetures ou d’aménagements peuvent être prises. Le ministre a quand même clos la réunion en affirmant, notamment pour la vigilance rouge, « s’il faut fermer, on ferme ».

Sur les épreuves orales prévues la semaine prochaine, la règle de base pose que les oraux prévus le matin sont maintenus. Le ministre reconnait que les températures ne seront pas nécessairement agréables mais seront supportables, notamment car les collectivités territoriales ont été sollicitées pour mettre à disposition des équipements type ventilateurs ou climatiseurs mobiles. En ce qui concerne les oraux prévus l’après-midi, l’appréciation se fait au cas par cas, en fonction des conditions dans les centres d’examen. Les prévisions météo étant maintenant stabilisées pour 5 jours, les candidats et les personnels seront informés du report de leur épreuve et de leur nouvelle convocation au plus tard lundi.

En ce qui concerne le brevet, le ministre se donne quelques jours de réflexion pour arbitrer sur les conditions de correction. Le ministre a aussi acté un travail d’anticipation sur le calendrier des examens pour la session 2026 ainsi un bilan de la séquence canicule 2026.

Des élèves sont actuellement en stage (2de ou PFMP dans la voie pro) : le ministre a rappelé que c’est le droit du travail qui s’applique. Un rappel va être fait à tous les employeurs : dès que le département passe en vigilance rouge, des recommandations vont être faites sur la présence et les activités en extérieur, ainsi que sur la nécessaire adaptation aux activités en présentiel.

Le bilan

Si des éléments de réponse vont dans le bon sens, notamment sur la situation des personnels ou sur une forme d’anticipation pour l’organisation de l’oral du bac, le problème reste entier sur l’organisation des établissements.

La doctrine du cas par cas et du renvoi au local va créer confusion et incompréhension. Elle suscitait déjà de la colère ces derniers jours, dans des zones en vigilance orange. En vigilance rouge, avec près de 40 degrés à certains endroits, comment comprendre qu’il soit nécessaire d’attendre de vérifier sur place, une fois que des personnels et des élèves sont là, qu’il n’est pas possible de faire cours dans des salles surchauffés et de renvoyer tout le monde ? Avec les températures annoncées, il est incompréhensible qu’il n’y ait pas de décision uniforme à l’intérieur d’un département ou d’une zone de vigilance : comment expliquer que deux établissements à quelques kilomètres de distance ne soient pas logés à la même enseigne, que l’un reste ouvert et que l’autre suspende ses cours ? L’argument du bâti scolaire qui fait diminuer la température ne tient pas vu les températures attendues.
Ce mode de fonctionnement qui fait aussi prendre la décision en dernière minute, plutôt qu’en anticipant, va aussi mettre tous les personnels sous tension, en les maintenant dans l’incertitude jusqu’au dernier moment.

Et maintenant ?

Le SNES-FSU ne peut accepter que le bricolage continue !

Face à l’improvisation permanente, à des conditions de travail inacceptables, qui peut aussi avoir des conséquences sur leur santé, le SNES-FSU appelle les personnels à se mobiliser, pour faire valoir leurs droits dans les établissements, remplir le Registre Santé et Sécurité au travail, demander des aménagements. Il a également déposé un préavis de grève sur la période.

En cas de difficultés pour faire valoir vos droits (rappel ci-dessous), vous pouvez aussi contacter le SNES près de chez vous.


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