Lors de la vague de chaleur de mai 2026 dans l’Hexagone, le SNES-FSU a lancé un travail de cartographie des collèges et des lycées. Cette initiative, inédite dans notre champ, que même le ministère n’a pas lancée, a révélé des résultats édifiants et révélateurs de l’état d’impréparation de l’Éducation nationale pour faire face au réchauffement climatique : 78 % des collèges et des lycées avaient relevé une température de plus de 30 degrés et 87 % des établissements n’avaient pas mis en place de mesures d’adaptation.
A la mi-juin, c’est une nouvelle vague de chaleur, inédite par son ampleur qui est annoncée : Météo-France anticipe que la journée de lundi 22 juin pourrait devenir « la journée la plus chaude jamais mesurée en France tous mois confondus ». Mais dès le 17 juin, le niveau élevé des températures a fait replonger les collèges et les lycées dans la chaude ambiance du mois de mai. Tout montre, encore une fois, les effets désastreux du manque d’anticipation et d’adaptation de l’Education nationale alors même que la trajectoire du changement climatique est connu, documenté et incontestable.
Météo des classes (18 et 19 juin 2026)
Toujours plus chaud !
En un peu moins de 24 h, entre le jeudi 18 juin et le vendredi 19 juin, le SNES-FSU a obtenu des réponses de 669 collèges et lycées. Dans 88% des établissements, la température a dépassé les 30 degrés. 40% des collèges et des lycées ont même relevé une température dépassant les les 33 degrés. Ces premiers chiffres montrent que la vague de chaleur est plus intense que la précédente ou les 3/4 des collèges et des lycées avaient dépassé les 30 degrés.


Ce relevé express a été fait avant que le ministre de l’Education nationale n’ouvre la porte à des aménagements au cas par cas en vue du pic prévu lundi 22 juin. Aussi, les jeudi 18 et vendredi 19 juin, ce fut de nouveau la cacophonie la plus totale : des établissements ont commencé à passer en distanciel, d’autres non, alors qu’ils sont du même département ! Mais dans beaucoup de collèges et de lycées, pratiquement les 2/3, il n’y avait toujours aucun aménagement, soit horaire, soit organisationnel.
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La grande débrouille
Les témoignages qui ont accompagné ces résultats sont aussi révélateurs de l’impréparation de l’institution. Achats en urgence de ventilateurs, système D et bricolage (au sens propre comme au sens figuré), conditions extrêmes… l’Education nationale n’est pas prête !
Académie de Clermont-Ferrand
Malaise enseignant + malaise élèves. Pas de climatisation. Températures insupportables avec effet sauna. Pas d’adaptation de l’emploi du temps.Académie de Grenoble
J’ai apporté deux ventilateurs personnels pour ma salle de cours.Académie d’Orléans-Tours
J’ai mis de l’aluminium aux fenêtres et ramené un ventilateur de chez moiAcadémie de Bordeaux
seule adaptation : les élèves ont droit à leur gourde…Académie de Versailles
Nous avons reçu un message Pronote contenant un fichier joint « adopter les bons réflexes pendant la canicule ». Depuis que je sais qu’il faut boire, fermer les stores et limiter l’exposition au soleil… tout va pour le mieux !!! Mais de qui se moque t on ?
Et maintenant ?
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Lors d’un échange avec le cabinet du ministre, le SNES-FSU a obtenu des assurances pour que la situation des personnels fragiles soit regardée avec attention par les rectorats. Le ministère assure aussi qu’il n’y aura pas de décalage du calendrier de fin d’année (jury de bac) en raison du report des oraux de baccalauréat. Le SNES avait posé ses conditions : il n’était pas question que l’impréparation du ministère conduise à allonger la période des examens au-delà des dates prévues, en empiétant sur les congés d’été.
En revanche, le ministère refuse toujours de sortir de la logique du renvoi au local et de la décision au cas par cas pour la réorganisation des cours en collège. Le ministère avance le fait que les collèges ont des configurations de bâti scolaire différentes. Certes, mais vu la vague de chaleur, à ce stade, cela ne fera plus vraiment la différence. Le SNES-FSU conteste cette doctrine du renvoi au local et exige que des mesures soient prises nationalement et déclinées selon les niveaux de vigilance dans les départements. A l’approche de la séquence caniculaire qui débutera le 21 juin, il y a quasiment autant d’organisations que de collège : ici un passage en enseignement à distance l’après-midi, là une suspension totale des cours, ailleurs une priorisation de l’accueil des élèves de 6eme et de 3eme….
Face à l’improvisation permanente, à des conditions de travail inacceptables, qui peut aussi avoir des conséquences sur leur santé, le SNES-FSU appelle les personnels à se mobiliser, pour faire valoir leurs droits dans les établissements, remplir le Registre Santé et Sécurité au travail, demander des aménagements. Il a également déposé un préavis de grève sur la période.
En cas de difficultés pour faire valoir vos droits (rappel ci-dessous), vous pouvez aussi contacter le SNES près de chez vous.



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