Le président de la République en appelle désormais à l’accessibilité universelle à la CNH (Conférence nationale du handicap). Le ministère prépare ce changement de paradigme avec la publication d’un rapport de l’inspection générale qui préconise la transformation d’un « système compensatoire » vers un système accessible à toutes et tous. Si le concept peut paraitre séduisant, il conduirait à restreindre l’accompagnement par les AESH aux seul·es élèves en situation de handicap physique. Le gouvernement cherche encore à borner l’investissement que demande l’École inclusive, alors même que ses personnels sont déjà précarisés avec une rémunération indécente.
Encore une offensive contre la liberté pédagogique
L’inspection générale, partant du constat partagé de l’augmentation très importante du nombre d’élèves à besoins particuliers en enseignement ordinaire, préconise donc de limiter l’accompagnement humain en faisant glisser la responsabilité et la charge de travail supplémentaire de l’accessibilité universelle des enseignements aux seul·es professeur·es, qui sont déjà sommé·es de différencier leur enseignement depuis des années. Des méthodes seraient transmises par une hiérarchie intermédiaire de conseiller·es pédagogiques (ce qui n’est pas sans rappeler le fonctionnement du premier degré) et imposées via le projet d’établissement. Et quelle est la pratique valorisée par ce rapport ? L’enseignement explicite développé au Québec, fondé sur un enseignement très procédural.
Vu qu’il sera demandé aux professeur·es de prévenir toutes les situations d’incompréhension en amont de leurs cours pour les rendre accessibles, l’IA est mise à l’honneur par l’inspection générale via la plateforme Inclus’IA. L’impact écologique n’en est pas mentionné.
Tout converge pour caporaliser les pratiques et passer de la conception de son métier à un rôle d’exécutant·e.
Comme le DNB resterait inaccessible à certain·es élèves, c’est l’opportunité d’attaquer une fois de plus le principe de la diplomation. Il est proposé de réfléchir à une « certification de la fin de la scolarité de tronc commun » entrant en concurrence avec le DNB .
Une inclusion sans moyens
Sont aussi préconisés des dispositifs existants comme le dispositif d’auto-régulation (DAR), où des élèves ayant des troubles du neurodéveloppement (TND) doivent apprendre l’auto-observation, l’auto-évaluation et même l’auto-réaction (sic), et les Pôles d’appui à la scolarité (PAS), décriés dans les départements où ils sont expérimentés parce qu’ils dégradent les conditions de travail des AESH et celles d’accompagnement de l’élève.
En écho au nouveau mantra du ministre, le rapport propose d’accroitre fortement l’autonomie des établissements, donc leur dérégulation, avec une marge d’autonomie de 20 % au lieu des trois heures actuelles. Le SNES-FSU rappelle que c’est parce que les dotations horaires globales ont été pillées au fil des années que la marge règlementaire n’est même plus toujours assurée. Le ministre ne promet d’ailleurs de rétablir ce financement que pour les 756 Collèges en progrès.






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