La séquence législative que nous vivons est inédite et grave à bien des égards. Après le premier tour, plus que jamais, le Rassemblement national est aux portes du pouvoir, avec un programme de division, de discriminations, émaillé de mesures anti-sociales qu’aucun discours ne saurait masquer. L’arrivée de l’extrême droite au pouvoir serait aussi synonyme de danger, de discrimination, de violences physiques contre les immigrés, les femmes, les personnes LGBTI car l’extrême droite hait la différence. Il n’est donc pas question de comparer les programmes comme si les différents partis étaient équivalents. Il ne s’agit pas non plus d’établir un comparatif pour choisir le meilleur rapport qualité/prix ou avantages/inconvénients sur le marché des programmes politiques. Dans cette élection, il est aussi question d’avenir de l’École, de la société, de la démocratie, d’idées et de principes.

Comme toujours, le SNES-FSU met à disposition de chacun-e les informations nécessaires pour décrypter l’actualité éducation. Ainsi, vous trouverez donc des éléments d’analyse thématique dans cet article.
De plus, comme toujours, à l’issue d’un débat mené dans des instances élues par les syndiqué-es, et sur la base de ses mandats, le SNES-FSU prend position. C’est ainsi que le SNES-FSU, s’inscrivant dans son combat historique contre l’extrême droite, appelle à battre l’extrême droite et a pris position pour le premier tour et le second tour.

Rémunérations

Nouveau front populaireRassemblement nationalRenaissance
– Augmentation de 10% du point d’indice des fonctionnaires.
– Refonte des grilles de salaires des personnels de l’Éducation nationale.
– Indexation des salaires et des pensions sur l’inflation.
En 2022, le programme du RN promettait une revalorisation de 3% par an. Le parti d’extrême droite se borne désormais à dire que cette augmentation sera actualisée et qu’elle ne concernera que les 5 à 7 premières années d’anciennetéAucune revalorisation de salaire prévue

Le SNES-FSU exige que l’évolution de la valeur du point d’indice soit de nouveau indexée sur l’évolution des prix comme cela était le cas jusqu’en 1982. Cela implique aussi d’intégrer un mécanisme de rattrapage du point d’indice calculé à partir de la perte de pouvoir d’achat que les personnels ont subi depuis 2010. Face à décrochage correspondant au quasi-gel du point depuis 14 ans, c’est une augmentation de 15 % du point d’indice que le SNES-FSU revendique.

Conjuguée à cette augmentation de la valeur du point, le SNES-FSU revendique une refonte des grilles : traitement indiciaire de début de carrière d’un·e professeur·e porté à l’indice 520 pour les certifié·es, CPE ou Psy-ÉN et l’indice 580 pour les agrégé·es, soit une augmentation sans contrepartie de 130 points pour le 1er échelon. Cela porterait donc une entrée dans le métier, ISOE comprise à 2500 € net pour les certifié·es, CPE ou Psy-ÉN et 2750 € pour les agrégé·es.

« Choc des savoirs »

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Abrogation du « choc des savoirs » dans les 15 premiers jours de mandature.– Abrogation du « choc des savoirs » mais possibilité laissée aux établissements d’organiser l’enseignement en groupes de niveaux à leur main.

– Renforcement du tri social et scolaire : examen d’entrée en 6eme, DNB comme examen d’entrée au lycée.
Poursuite de la mise en place du Choc des savoirs (groupes de niveaux, généralisation des classes prépa 2de en 2025 et DNB barrage pour l’accès au lycée etc..)

Le « choc des savoirs » constitue un projet d’École passéiste et conservateur dont l’ensemble des mesures font système : groupes de niveaux, classe prépa-seconde, DNB barrage… Le « choc des savoirs » dessine une école du tri. Le SNES-FSU exige l’abandon de la réforme du «Choc des savoirs» et des textes qui l’organisent.

Conditions de travail et d’étude

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Réduction des effectifs par classe pour faire mieux que la moyenne européenne de 19 élèves par classe.Aucune proposition pour la réduction des effectifs dans le 2d degré.Aucune proposition

En collège, le SNES-FSU revendique un maximum de 20 élèves par classe (16 en éducation prioritaire). 

En lycée, le SNES-FSU revendique l’abaissement des effectifs à 24 élèves par classe (20 élèves par classe dans les établissements qui relèveraient de l’éducation prioritaire).

Équipes pluriprofessionnelles

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Renforcer les effectifs de médecine scolaire – garantir le nombre de personnels par établissement.
Renforcer le nombre de personnels de vie scolaire en leur reconnaissant un rôle pédagogique
Aucune propositionAucune proposition

Le SNES-FSU revendique un plan pluriannuel de créations d’emplois, et rappelle ses mandats :

  • 1 poste de CPE pour 250 élèves,
  • 1 poste de Psy-ÉN pour 600 élèves,
  • 1 enseignant·e référent·e à la scolarisation des élèves en situation de handicap (ERSEH) pour 120 élèves.

Ces créations d’emploi sont nécessaires pour limiter la charge de travail et garantir les conditions d’exercices des personnels.

Collège

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Diminution des effectifs dans les classes

Abrogation du choc des savoirs

Préservation de la liberté pédagogique
– Mise en place d’un collège modulaire avec orientation précoce en filière professionnelle.

– En CM2, « un examen national » déterminerait l’entrée en sixième et ceux qui échoueraient redoubleraient ou seraient orientés vers « des sixièmes d’adaptation »
Poursuite de la politique menée actuellement « Choc des savoirs »

Dans un contexte d’une attaque profonde contre le collège unique par la création de groupes triant les élèves dès la Sixième et la Cinquième et préfigurant des formes de filières, le SNES-FSU réaffirme haut et fort son mandat pour un collège de la réussite pour toutes et tous, préparant à une des trois voies du lycée avec pour objectif une scolarité commune, pour une culture commune exigeante dans les formes adaptées aux élèves dans le cadre d’une scolarité obligatoire jusqu’à 18 ans. Voir l’appel du SNES-FSU pour un collège démocratisant

Lycée

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– Abolition de Parcoursup et de la sélection dans l’université publique

– Diminution des effectifs dans les classes

– Abrogation du choc des savoirs

– Préservation de la liberté pédagogique
– DNB examen d’entrée en 2de

– Retour aux séries

– L’examen du bac sera « revu et plus exigeant ». Le RN souhaite aussi « revoir le calendrier et la procédure Parcoursup »
Poursuite de la politique menée actuellement

Le SNES-FSU continue d’exiger l’abandon de la réforme du lycée et du bac Blanquer et l’abandon de Parcoursup. Voir l’appel du SNES-FSU : « Un autre lycée est possible »

Inclusion/AESH

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– Création d’un service public d’accompagnement des élèves en situation de handicap

– Formation et titularisation des AESH actuel·les.
Aucune propositionPoursuite de la politique actuelle (transformation PIAL en PASS…)

Le SNES-FSU revendique :

  • La création d’un véritable statut de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH.
  • L’augmentation des rémunérations.
  • La fin des temps partiels imposés.
  • L’abandon des PIAL et des projets de PASS.
  • La garantie d’accès à des formations.
  • Le recrutement d’AESH.

Jeunesse

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– Arrêt du SNU (Service national universel).
– Soutenir à nouveau les associations de jeunesse et d’éducation populaire.
– Instauration de « sanctions planchers ».
– Ouverture de « centres spécialisés » pour les élèves perturbateurs ou harceleurs. Après deux exclusions, un conseil de discipline présidé par le recteur pourrait affecter dans ces centres spécialisés, dans lesquels ils feraient toute leur scolarité jusqu’à 16 ans, sans possibilité de retour vers « un établissement normal ». Ils se verraient proposer « des perspectives d’insertion professionnelle le plus tôt possible » et « seraient orientés vers des centres éducatifs fermés sur décision de justice » en cas de nouvelle perturbation.

– Vouvoiement des professeurs

– Loi sur le port de l’uniforme à l’école votée en début de mandature et mise en oeuvre sur plusieurs années.
– Généralisation du SNU en 2026.

– Poursuite de l’expérimentions sur l’uniforme.

– Les comportements perturbateurs, les actes de dégradation ou d’agression pourraient avoir des conséquences sur « les examens et les bulletins scolaires ».

Pour le SNES-FSU, Le SNU constitue une attaque en règle contre les principes même d’un système éducatif qui fait de l’émancipation par les savoirs le coeur de son organisation. Les jeunes ont besoin d’école, pas d’un dispositif de domestication qui dévoie les symboles de l’armée au profit d’un projet politique qui vise une fois de plus à affaiblir l’Education nationale. C’est pourquoi le SNES-FSU exige la suppression du SNU.

Pour le SNES-FSU, un système scolaire et universitaire puissant est la clé de l’insertion dans la société et de l’émancipation de la jeunesse. L’École publique doit avoir les moyens matériels et humains d’assurer partout et pour tous et toutes un haut niveau d’éducation.

Pacte

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Aucune proposition.Suppression du Pacte et intégration du remplacement dans les obligations de service.Recentrage du Pacte sur le remplacement de courte durée

Le SNES-FSU revendique l’abandon du Pacte et le redéploiement des sommes allouées à des mesures sans contreparties.

Concours et formation initiale

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Pas de propositionSuppression des Inspé et mise en place des écoles académiques de la formation professionnelle » Licence disciplinaire + année de préparation aux concours en M1. Après la réussite au concours à la fin du M1, les lauréats deviendraient ensuite fonctionnaires stagiaires durant deux ans – avec des temps partiels face aux élèves.Poursuite de la réforme annoncée : concours à bac+3 suivi de deux années de formations

Le SNES-FSU revendique le concours en Master 2 avec des pré-recrutements dès la licence. Ainsi, le SNES-FSU défend un tout autre autre projet (voir notre article), fondé sur :

  • un plan pluriannuel de recrutement, avec le principe de pré-recrutements dès la licence,
  • la diversification des voies d’accès, l
  • ’entrée progressive dans le métier qui ne passe ni par le contrat ni par l’emploi des étudiant.es comme moyens d’enseignement,
  • avec une formation après le concours à l’issue du M2, professionnalisante et à l’université.

Retraites

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– Abrogation de la réforme des retraites 2023.

– Mise en place d’un droit à la retraite à 60 ans.

– Indexation des pensions sur les salaires.


– Retraite à 60 ans pour celles et ceux ayant commencés à travailler avant vingt ans et disposant de 40 annuités.

– Âge légal de départ fixé à 62 ans avec un nombre d’annuités pouvant aller jusqu’à 42 années de cotisation.
– Indexation des pensions sur l’inflation.
– Indexation des pensions sur l’inflation.

Le SNES-FSU continue à s’opposer aux «réformes» des retraites qui ont conduit depuis trente ans à faire reculer lourdement les droits de tou·tes les salarié·es et à baisser le niveau des pensions. Ainsi, il poursuit son combat pour le financement solidaire des retraites, enjeu majeur de société. Ses mandats restent d’actualité avec le droit au départ à la retraite à l’âge légal de 60 ans, avec un taux de remplacement de 75% calculé sur le dernier traitement indiciaire détenu depuis au moins 6 mois pour 37,5 annuités de cotisation.

Dans l’immédiat, le SNES-FSU revendique, avec le groupe des 9 :
– une hausse immédiate des pensions de 10 %,     
– un rattrapage des pertes cumulées soit l’équivalent de 3 mois de pension, 
– l’annulation de la hausse de la CSG, 
– l’indexation des pensions sur l’évolution du salaire moyen,  – une pension minimale au SMIC.   

Une urgence : battre l’extrême droite !

Notre démocratie et notre modèle social sont à un point de bascule. En plus d’une idéologie raciste et xénophobe, d’un programme anti-social, le RN a une vision réactionnaire et antirépublicaine de l’Ecole. Les annonces de Jordan Bardella et Roger Chudeau confirment que l’extrême droite ne tolère pas l’idée d’une école publique, laïque et émancipatrice, celle qui fait grandir les élèves et éveille les consciences, celle où la liberté pédagogique est au service de l’émancipation.

À rebours de ce que porte l’extrême droite pour l’Ecole, le SNES-FSU est attaché au projet scolaire de l’École publique, laïque, gratuite et obligatoire : accueillir partout tous les élèves sans distinction d’aucune sorte, être ambitieux pour chacun, respecter et participer à une véritable liberté de conscience notamment par la construction de l’esprit critique autour de savoirs scientifiquement validés. L’École est aujourd’hui au bord du précipice et va mettre des années à se remettre des politiques menées notamment depuis 2017, mais si l’extrême droite arrive au pouvoir, l’Ecole publique ne s’en remettra pas.

Le SNES-FSU prend ses responsabilités

Il ne s’agit pas pour le SNES-FSU de seulement de s’exprimer en contre.

Au premier tour, en toute indépendance, le SNES-FSU a soutenu le programme du Nouveau Front populaire et les candidatures qui le portent. Cet appel n’est pas un chèque en blanc au Nouveau Front Populaire. L’histoire sociale nous montre que le progrès social n’a été conquis que par les luttes.

Au second tour, le SNES-FSU appelle à battre l’extrême droite et à assurer dans les urnes la défaite des idées d’extrême droite et des candidat·es qui les soutiennent. Comme au premier tour, le SNES-FSU soutient le programme du Nouveau Front populaire et les candidat·es qui le portent. les partis politiques doivent faire le choix du retrait de toutes les candidatures qui seraient les moins bien placées pour battre l’extrême droite et ses alliés ou qui favoriseraient son accès au pouvoir. L’Histoire regarde et jugera celles et ceux qui auront été le marchepied de l’extrême droite vers le pouvoir.

Quelle que soit la situation politique du pays le 8 juillet au matin, le SNES-FSU poursuivra les mobilisations pour faire avancer ses exigences propres pour l’École et la Fonction publique.

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