Le dispositif serait mis en place pour permettre la prise en charge sous 48h des jeunes « détecté·es » en souffrance psychique par l’Éducation nationale.

Quoi qu’en pensent les ministres successifs, il y a des personnels dans l’Éducation nationale, dont la fonction consiste à accompagner les enfants, les adolescent·es dans leur développement psychologique et social. Il y a même des psychologues de l’Éducation nationale, ce que la ministre de la santé semble ignorer et que le ministre de l’Éducation nationale considère comme négligeable puisqu’il a réduit leur recrutement de 20% au concours 2026 !

Orienter vers le libéral, et en particulier vers le dispositif « mon soutien-psy » et vers les listes d’attente des CMPP, CMP et Maisons des adolescents ne peut être la solution. Le système des « coupe files » s’est déjà mis spontanément en place dans de nombreux endroits, grâce aux liens que les psychologues de l’Éducation nationale tissent quotidiennement avec les structures de soins extérieures à l’EN.

Mais d’une part, la file des coupe-files est déjà « saturée », d’autre part elle génère des dilemmes déontologiques. En effet, faut-il faire un classement parmi celles et ceux qui ont besoin d’un accompagnement psychologique ?

Cela suppose de transformer la vision essentialiste des troubles psychologiques qui privilégie les causes internes et individuelles et nie la dimension du développement.

Cela nécessite également d’arrêter de médicaliser toutes les difficultés scolaires en les attribuant systématiquement à des troubles neuro développementaux et de permettre aux équipes de mettre en place un cadre contenant, favorable aux apprentissages et à l’épanouissement de chacun.e

Cela exige enfin d’accepter de prendre en compte l’effet négatif voire délétère des multiples réformes qu’a subi le système éducatif depuis 10 ans, déstabilisantes pour les élèves comme pour les personnels. Ajoutée au contexte marqué par les crises, économiques, sociales, écologiques, la projection dans l’avenir est impactée par la perspective d’un monde où la compétition fait rage. La méthode Coué ne suffira pas ! L’adaptation à tout prix a des limites que la vulnérabilité psychologique des jeunes comme des adultes nous rappelle chaque jour.

L’Éducation nationale est dotée de plusieurs corps de métiers spécifiquement formés et qualifiés pour prendre en charge les difficultés du développement des enfants et des adolescent·es, dans leurs dimensions scolaires, relationnelles, psychologiques et sociales.


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