Les décisions prises par le ministère depuis la tenue des assises de la santé scolaire et l’acte 2 de l’école inclusive impactent fortement les missions et les conditions d’exercice des PsyEN et DCIO :

  • création d’une fonction de conseiller·ère technique en santé mentale qui privilégie la gouvernance et non les moyens,
  • interchangeabilité des personnels ressources tant du point de vue des interventions que des formations imposées,
  • imitation du rôle de l’École à la détection de troubles éventuels,
  • appel à des psychologues recruté·es par les ARS ou issu·es du secteur libéral pour apporter une expertise et assurer un accompagnement au sein de l’école,
  • extension de l’expérimentation des Pôles d’Appui à la Scolarité (PAS) qui institue de fait un guichet unique des difficultés des enfants et adolescent·es au mépris du travail déjà mené par les PsyEN et une grande incertitude sur l’avenir des RASED (pour le premier degré) et des CIO (pour le second degré).

Ces mesures sont cohérentes avec une conception du développement de l’enfant et de l’adolescent·e, basée sur l’externalisation et la confusion entretenue des missions et des corps de métier.

Les concepts sur lesquels reposent ces orientations ont pu être analysés et critiqués pour leur manque de validité scientifique. De plus, leur démarche idéologique est également bien éloignée d’une pluralité d’approches théoriques et méthodologiques. Enfin, leur origine et leur proximité avec certains milieux économiques incitent pour le moins à la prudence quant à l’adoption de mantras tels le « bien-être” qui peut, comme le souligne Philippe Meirieu, relever d’une posture de renoncement et d’assignation sociale.

Ancrées dans les théories du développement personnel et de la psychologie positive, ces conceptions introduisent une vision essentialiste du sujet, niant le temps du développement et son imprévisibilité, et dessaisissant les équipes de toute possibilité d’initiative et de créativité.

Les échanges lors des ateliers ont montré de manière concrète en quoi ministère organise une véritable stratégie d’attaque contre les métiers et les collectifs de travail. De fait, il brouille les frontières entre les institutions et entre les missions, en créant des hiérarchies grises non statutaires et en laissant aux échelons locaux une grande latitude alors que les PsyEN et DCIO appartiennent à un corps national.

Mais cela a montré également comment, en dépit de la maltraitance institutionnelle ressentie par nos collègues, celles·ceux-ci gardaient des ressources souvent collectives, pour innover, tenter de répondre aux besoins réels des enfants et des adolescent·es et préserver leur déontologie.


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