Le ras le bol salutaire des lycéen·nes face aux conditions d’études et aux perspectives d’avenir que ce gouvernement leur prépare met enfin à jour les choix désastreux qu’il a faits depuis dix ans.
Les psychologues de l’Éducation nationale constatent depuis longtemps la montée des inquiétudes et du mal être de nombreux·ses lycéen·nes et collégien·nes, qu’ils·elles reçoivent dans les établissements scolaires et au CIO pression scolaire accrue et perspectives d’orientation de plus en plus contraintes,mise en concurrence des élèves et fragilisation du lien social, difficultés familiales quand les parents sont eux aussi impactés par un contexte professionnel emprunt de chômage et de précarité. Dans la voie professionnelle, les dernières réformes ont aussi dégradé les conditions de formation et réduit les perspectives d’études et /ou d’insertion des jeunes.
Les critiques de Parcoursup, comme les lycéen·nes et les étudiant·es l’ont bien dénoncé, ne doivent pas être l’arbre qui cache la forêt ! Au-delà des questions de transparence des algorithmes, c’est la logique qui doit être interrogée. Sur le fond Parcoursup est bien un outil de sélection qui ne reconnaît plus à chaque bachelier·ère le droit d’entrée dans l’enseignement supérieur. Plus de 126 000 candidats étaient sans proposition en juillet 2026 !
Force est de constater que le nombre de places dans l’enseignement supérieur public est insuffisant pour permettre d’accueillir tous·tes les lycéen·nes.
Il s’agit bien un changement de paradigme des finalités de l’École qui s’est opéré avec les réformes du lycée et la loi Orientation Réussite des Étudiants, instituant Parcoursup. Nos gouvernants ne veulent plus se fixer comme objectif principal l’accès de tous·tes au meilleur niveau de formation et de qualification afin de pouvoir faire face aux évolutions des métiers de demain. Ils visent au contraire le plus probable pour chacun en fonction de son origine sociale en faisant peser sur les élèves de milieu populaire la responsabilité de « leurs mauvais choix » !
Le rôle de tri social dévolu à l’enseignement public ne fait désormais plus de doute!
La question de la santé mentale est bien sûr préoccupante. Mais elle ne doit pas être considérée essentiellement comme la révélation de fragilités individuelles qui n’auraient rien à voir avec la façon dont les élèves sont considéré·es et traité·es par les réformes incessantes dans l’Éducation nationale. Rappelons que cesréformes ont également malmené les personnels de l’EN causant la perte de sens de leur métier.
Les PsyEN refusent de voir un discours faussement psychologique instrumentalisé pour justifier les inégalités sociales et scolaires.
Au-delà de la communication, le MEN ne cesse de diminuer le nombre de recrutements de PsyEN aux concours. 2 000 postes dans le 1er et le 2d degré sur 7 800 sont aujourd’hui vacants ou occupés par des non titulaires alors qu’un·e PsyEN a en charge plus de 1500 élèves!
Les élèves ne doivent pas porter la responsabilité individuelle de ce qu’on leur fait subir et qu’on pourrait changer !
Les PsyEN veulent pouvoir développer leurs missions spécifiques auprès de tous les élèves et des équipes des établissements pour la réussite scolaire, la lutte contre les inégalités, l’accompagnement et le suivi psychologique de tous·tes celles et ceux qui en ont besoin !
Elles et ils sont aux côtés des lycéen·nes et des étudiant·es pour réclamer d’autres choix politiques et budgétaires!
Version téléchargeable du communiqué de presse:
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