Depuis 2022, chaque rentrée a été faite par un ministre différent. Mais le cap politique reste le même : un refus de revaloriser les personnels, d’améliorer les conditions de travail qui pèse lourdement sur l’attractivité de nos métiers. Au bout de ce deuxième quinquennat d’Emmanuel Macron, le bilan est sans appel : le second degré manque de tout !
Ces chiffres sont le résultat de choix politiques qui ont asphyxié le service public d’Education. S’étonner ensuite du recul de la France dans les classements internationaux sur l’Éducation ou des piètres performances dans les évaluations relève d’une forme d’hypocrisie insupportable.
Méthodologie – enquête réalisée par téléphone et mails auprès des responsables de sections SNES-FSU d’établissements du 31 septembre, 10h au 4 septembre 10h30. Cette enquête a donc vocation à faire une photographie à un instant T. Échantillon de 1033 établissements en prenant en compte le poids de chaque académie, ainsi que la répartition collèges/lycées. On parle ici de postes au sens poste fixe, BMP à l’année et remplacements de congés longue durée, donc de postes non pourvus qui entraîne l’absence de professeurs devant élèves à la rentrée et pour plusieurs semaines. Les absences ponctuelles (enfants malades etc) sur la semaine de rentrée ont été exclues du champ de l’enquête.
2 établissements sur 3 ont une équipe incomplète ! Une pénurie généralisée
Cette année encore, une majorité des collèges et des lycées publics commencent l’année avec une équipe incomplète. Dans le détail, 69 % des établissements ont une équipe pédagogique et éducative où il manque au moins un personnel (professeur, CPE, AED, AESH ou PsyEN).
L’an dernier, l’enquête du SNES-FSU selon les mêmes modalités, et à la même période révélait que 73 % des collèges et des lycées avaient une équipe incomplète.La situation reste donc comparable et très dégradée, faute de personnels en nombre suffisant. Ce sont les élèves qui vont en subir les conséquences pendant plusieurs semaines.
Part des établissements où les équipes sont complètes/incomplètes au 4 septembre

Il n’y a pas un professeur devant chaque classe à la rentrée !
Contrairement aux discours optimistes du ministre, il n’y a pas un professeur devant chaque classe à la rentrée.
Ainsi, il manque au moins un professeur dans 53 % des collèges et des lycées à la rentrée.
Ce chiffre couvre les postes non pourvus (postes fixes ou BMP) et les remplacements de moyenne et longue durée dont certains étaient prévisibles (congés maladie, congés maternité, congés parentaux sont souvent cités par les répondants à l’enquête).
Des élèves ont donc commencé l’année sans professeur et cela devrait se poursuivre quand les besoins en remplacement vont augmenter en cours d’année, d’autant plus que les rectorats ont fait le choix de ne pas renouveler un nombre conséquent de professeurs non-titulaires en CDD. En 2026, la France, 7eme puissance mondiale est incapable de recruter suffisamment d’enseignants pour assurer la rentrée et le déroulement de l’année.

Lecture : au 4 septembre, il manquait au moins un professeur dans 53% des collèges et des lycées.
Ces chiffres viennent rappeler les limites de l’autosatisfaction du ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, qui pointait le fait que les concours avaient fait « le plein ». Ce n’était pas complètement vrai : 446 postes ont été perdus au CAPES externe, dont 240 en mathématiques par exemple, qui viennent s’ajouter aux centaines de postes perdus lors des sessions précédentes. Par ailleurs, la session 2026 est une session exceptionnelle car transitoire, où deux concours co-existent : l’augmentation du nombre de reçus est donc un résultat en trompe l’oeil, essentiellement dû à l’existence de deux concours. Le retour à une situation normale, à un concours, devrait confirmer que cette réforme du recrutement et de la formation est loin d’avoir atteint ses objectifs.
Tous les personnels concernés : zoom sur les AESH et les PsyEN
Dans le détail, les données par catégorie de personnels confirment la crise de l’Ecole inclusive.
Il manque au moins une AESH dans 17 % des collèges et des lycées. Concrètement, cela se traduit par le fait qu’à la rentrée, un nombre significatif d’élèves qui disposent d’une notification se retrouve sans accompagnement effectif.
Quelques jours après la CNH où Emmanuel Macron a vanté son bilan en matière d’inclusion des personnes en situation de handicap dans la société, le SNES-FSU réaffirme l’urgence de créer un statut d’AESH afin d’en faire un métier reconnu et de sortir les personnels concernés de la précarité, qui pèse aussi sur l’attractivité de cette profession.
Enfin, à l’heure où le ministère, et le gouvernement, font de la santé mentale, une grande cause nationale, la situation des PsyEN reste un angle mort des politiques ministérielles.Accumulation des missions, conditions de travail dégradées par un grand nombre d’élèves à suivre etc), le métier n’attire plus. Il manque au moins un ou une PsyEN dans 16 % des établissements.
Quelques focus académiques
Établissements où il manque au moins un professeur par académie
Lecture : au 4 septembre, il manquait au moins un professeur dans 50,8% des collèges et des lycées de l’académie de Normandie

Établissements où il manque au moins une AESH, par académie
Lecture : au 4 septembre, il manquait au moins une AESH dans 25,6 % des collèges et lycées de l’académie de Versailles

Pour nos salaires, pour le service public d’Education, toutes et tous en grève le 29 septembre !
Les candidats à l’élection présidentielle rivalisent de promesses, notamment salariales, envers les personnels. Personne n’est dupe de l’opération électoraliste en cours. Mais la revalorisation est d’abord un enjeu syndical d’aujourd’hui avant d’être un enjeu électoral en 2027. Il reste un budget d’ici la fin de quinquennat. Le SNES et la FSU sont déterminés à obtenir des mesures de revalorisation dès les prochaines semaines.
Pour cela, soyons nombreuses et nombreux en grève le mardi 29 septembre !
Canicules : près de 4 établissements sur 5 où aucune adaptation du bâti n’est envisagée
Après les épisodes de fortes chaleur et de canicules de la fin d’année dernière, des aménagements du bâti ont été évoqués lors de la prérentrée dans seulement 21 % des établissements.

Dans l’immense majorité des établissements, rien n’a évolué depuis la fin de la dernière année scolaire et il n’y a pas aucune perspective pour les prochains mois. Même l’achat d’équipements mobiles et d’urgence n’est pas à l’ordre du jour, à rebours des engagements du gouvernement et des différents plans annoncés. L’équipement des établissements en dispositifs de rafraîchissement par EDF reste, à ce stade, marginal, et fait parfois l’objet de blocages financiers.


Dans les établissements où des mesures sont évoqués pour cette rentrée et les prochaines semaines (21%), les travaux sont bien souvent simplement envisagés ou demandés sans réalisation concrète (près de 61 % des réponses de ces établissements). Là où les intentions se sont concrétisées, on est loin des projets de rénovations structurelles.
– Ventilateurs 73,4 %
– Climatiseurs mobiles 20,2 %
– Protection solaire fenêtre 17,3 %
– Isolation : 9,25 %
– Végétalisation : 9,25 %
Le recours aux ventilateurs ou aux brasseurs d’air ou climatiseurs mobiles apparaît beaucoup plus fréquent que la rénovation thermique. Les équipements sont souvent limités à quelques salles particulièrement exposées, aux salles d’examen ou aux espaces les plus difficiles à rafraîchir. Les projets de rénovation structurelle ne sont quasiment jamais évoqués ou renvoyés à plusieurs années.
Focus dotation EDF
En juillet dernier, EDF annonçant un plan d’équipements pour les écoles et les établissements scolaires, avec une première échéance pour la rentrée 2026. Au 4 septembre, très peu d’établissements y ont accès.
On peut distinguer les catégories suivantes
– établissements n’ayant pas eu recours à la dotation EDF (la majorité)
– établissements qui ont reçu une dotation EDF (ventilateurs et climatiseurs mobiles)
– établissements qui annonce une dotation EDF mais n’ont encore rien reçu
– établissements qui évoquent la dotation EDF mais sans concrétisation (blocage financier le plus souvent)
La dotation EDF ne semble pas être un dispositif uniforme et des freins financiers demeurent.
Les leçons n’ont donc pas été tirées des derniers épisodes caniculaires. L’Éducation nationale en reste au mieux à des travaux d’appoint et d’urgence qui n’ont rien à avoir avec les enjeux structurels d’adaptation au changement climatique. Le SNES-FSU dénonce le nouveau renoncement du gouvernement en la matière : le média Politico a révélé le 3 septembre que le gouvernement avait coupé 40 millions d’euros du plan d’urgence pour les écoles et établissements annoncé en juillet ! Autrement dit, en juillet, après la canicule, le gouvernement fait des promesses pour sortir du bricolage institutionnalisé qui a servi de protocole canicule et en août, ce même gouvernement sabre ces mêmes promesses. Irresponsable.



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