Lors des épisodes de canicule de la fin d’année scolaire dernière, le SNES, la FSU et l’intersyndicale ont dénoncé à la fois les conditions de travail des personnels rendues difficiles, et même dangereuses, en raison de l’inadaptation du bâti scolaire, le bricolage institutionnalisé du ministère et des mesures hors sol par rapport aux réalités de terrain, notamment la gestion au cas par cas, avec renvoi au local.
Devant la multiplication des expressions syndicales, le ministère avait concédé une réunion « retour d’expérience » programmée le 9 septembre, sous la forme d’une F3SCT (où siègent les élus des personnels)
Entre temps, le SNES-FSU a découvert, dans la presse, l’existence de coupes budgétaires dans le fond censées accélérer le travail de diagnostic et de rénovation du bâti scolaire après les épisodes caniculaires de mai, juin et juillet. Promettre en juillet, reprendre en août, voilà une conception très particulière d’une politique publique digne de ce nom face aux conséquences du réchauffement climatique !
Le ministère a envoyé des documents préparatoires à cette réunion « retour d’expérience » seulement la veille.
Les premiers échanges en début de réunion ont montré que l’administration n’avait aucune réponse à apporter aux points essentiels (état des lieux budgétaire, marge de manœuvre sur le guide canicule etc) abordés par le SNES, la FSU et les autres organisations syndicales. Toutes les organisations syndicales ont donc décidé de quitter la F3SCT consacré au bilan de la canicule

Le communiqué intersyndical
Nos organisations syndicales, à tous les niveaux, avec l’ensemble des personnels et de nombreux parents, ont constaté l’inefficacité du plan canicule ministériel. Les agent·es du service public se sont retrouvé·es, seul·es à bricoler, pour aménager leurs espaces de travail et l’accueil des élèves. Depuis la rentrée, plusieurs départements sont de nouveau en vigilance orange. Les fortes chaleurs ne se limitent plus à la fin d’année scolaire.
L’intersyndicale de l’éducation demande que le plan canicule soit revu dans ses principes de fonctionnement pour intégrer un cadrage national réglementaire destiné à protéger l’ensemble des personnels et des élèves. Des mesures d’adaptations de poste et d’adaptations horaires, de suspensions de cours ou de passage en service minimum doivent être appliquées en fonction des niveaux de vigilance de Météo France. Les demandes des équipes dans les écoles, établissements et services doivent être prises en compte.
A l’opposé de tous les besoins remontés par les personnels et nos organisations, le gouvernement a coupé de 40 millions d’euros le budget annoncé pour le diagnostic et l’équipement des bâtiments scolaires, qui comptait pourtant 50 millions en juillet. Pour nos organisations, c’est inacceptable. Nous n’acceptons pas que les services publics essentiels tiennent uniquement sur l’engagement des agent·es, qui pallient les carences et l’absence de moyens déployés par l’État.
Nous rappelons que, selon plusieurs rapports, adapter le bâti scolaire au changement climatique nécessiterait un investissement de l’ordre de 5 milliards d’euros par an pendant dix ans. Nous exigeons un financement de la rénovation et de l’adaptation du bâti scolaire à la hauteur de l’urgence.
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