Au lendemain de la mobilisation du mardi 6 octobre qui a réuni des centaines de milliers de lycéen·nes, de personnels en grève et de parents d’élèves, le ministère attend des équipes qu’elles réfléchissent au retour des élèves dans les classes ! Après avoir fermé les lycées, interdit les rassemblements à leurs abords, et encouragé les professeur·es à faire cours en distanciel, le ministère compte maintenant sur les collègues pour faire revenir les élèves en classe alors même qu’aucune réponse concrète ne leur a été apportée. Tout est renvoyé au mois de novembre !

Le SNES-FSU est attaché à faire vivre le dialogue avec les élèves mais nous ne serons pas celles et ceux qui cassent le mouvement des lycéennes et des lycéens ou qui font le SAV d’un gouvernement aux abois. Le SNES-FSU appelle les personnels à refuser cette démarche et à transformer la réunion plénière en AG pour mener le débat avec les collègues et reprendre la main sur la réunion. Un préavis de grève est déposé sur la période pour couvrir aussi toute initiative et boycotter cette injonction de réunion.

Les collègues dont les lycées restent fermés à tous les personnels n’ont aucune obligation de s’y déplacer. Pour les lycées qui accueillent les élèves, il est toujours possible de faire cours.

Les élèves ont fait le choix depuis maintenant plus d’une semaine d’initier un mouvement dont l’ampleur est aujourd’hui inégalée. Ils et elles prouvent ainsi leur capacité à s’engager, à s’organiser, à exprimer des revendications mais n’ont reçu comme réponses du gouvernement que de la répression policière et plus de 5000 gardes à vue dont très largement celles de mineur·es. Le gouvernement doit entendre ce qu’ils et elles défendent pour l’école publique et la lutte contre les inégalités et faire des annonces sans plus tarder, avant les vacances, notamment avec un autre budget !

Si des discussions s’engagent entre collègues, il s’agit de faire partager au plus grand nombre que le mouvement des lycéen·nes met la lumière sur leurs conditions d’étude et la casse du service public d’éducation après 10 ans de réformes Blanquer, sélectives et inégalitaires. Depuis 2017, 10 230 postes ont été supprimés dans le second degré public quand les effectifs augmentaient. Les collectivités territoriales privilégient trop souvent le réseau privé, et l’état global du bâti est déplorable.

Le SNES-FSU appelle à poursuivre et amplifier la mobilisation par la manifestation et la grève, en étant aux côtés des lycéen·nes pour leur nouvelle mobilisation jeudi 8 octobre. Le SNES-FSU réunit ses instances mercredi 7 octobre après-midi pour décider des modalités d’action la semaine prochaine, notamment avec un temps fort éducation nationale.

Le SNES-FSU a par ailleurs diffusé des analyses sur les cours en « distanciel ». Cette modalité n’est pas l’école, et n’est en aucun cas obligatoire pour les personnels. Cette fausse « continuité pédagogique » a surtout servi de prétexte pour fermer des lycées et tenter d’étouffer la contestation. Il peut être utile d’en parler avec les collègues pour leur faire connaître leurs droits.


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