Le ministre se félicite de la prochaine chute du taux de réussite du DNB de 85 à 75 % avec le retour aux moyennes disciplinaires pour le contrôle continu. Dans une approche élitiste, il crée un concours général des collèges.

Sur le terrain, des personnels de direction inquiets mettent la pression sur les professeur·es.

Les IA-IPR de Physique-Chimie de l’académie de Nancy-Metz viennent de prévenir les professeur·es de physique-chimie de changements dans l’épreuve terminale de physique-chimie. Il est temps, alors que les brevets blancs se sont déroulés presque tous les collèges !

Bien que les résultats nationaux et académiques aux différentes épreuves terminales ne soient jamais communiqués par le ministère, les professeur·es de physique-chimie se doutent que leur épreuve n’est pas la plus réussie par les élèves.

Trente minutes, c’est peu de temps pour s’approprier un sujet qui comporte souvent moult documents. Certaines années, les professeur·es se disent que la première difficulté du sujet consiste précisément à lire tous ces documents.


Quelles seraient les changements ?

Voilà ce qui est écrit dans le courrier reçu
par les professeur·es de physique-chimie de l’académie de
Nancy-Metz :« Des
modifications seront apportées à la conception de l’exercice de
physique-chimie de l’épreuve de sciences du diplôme national du
brevet (DNB) à compter de la session 2026 :


  • L’exercice est allégé, 7 questions au maximum ;Le temps de lecture est diminué avec une contextualisation plus
    efficace ;Les figures, tableaux ou explications ponctuelles doivent être placés
    à l’endroit de leur utilisation et être sans distracteurs ;Une question au moins doit demander une prise d’initiative
    Toute démarche, même partielle, sera prise en compte ») ;Une question au moins permet d’évaluer les qualités rédactionnelles
    de l’élève
    , en indiquant le nombre de lignes attendu
    (« La qualité de la rédaction est prise en compte et valorisée
    dans cette question. Un minimum de X lignes est attendu »). Pour
    éviter la « double peine », cette question ne fait pas appel à
    des connaissances ou des raisonnements complexes qui pourraient être
    bloquants.
     »



Un changement de paradigme ?


Le ministère décide donc de revoir sa copie pour moins entraver la réussite des élèves, surtout celles et ceux qui maîtrisent moins bien la lecture et celles et ceux qui parviennent le moins à se concentrer et à déchiffrer l’information dans des documents.

En revanche, la volonté de prise en compte de la qualité de la rédaction affichée par le ministre se traduira par une question ne relevant pas vraiment des sciences physiques. Le SNES-FSU est inquiet de voir l’énoncé de physique-chimie ressembler davantage à l’épreuve de SVT où les réponses se trouvent dans les documents, sans besoin de connaissances du programme pour répondre. Ce serait alors une grande régression.

Si certains changements semblent aller dans le bon sens, il est dommage qu’ils n’aient pas été plus largement diffusés et bien plus tôt. En effet, la plupart des collèges ont déjà fait plancher les élèves sur les sujets des années précédentes au lieu de s’adapter à ce nouveau type d’énoncés.

La question de rédaction, qui satisfait la marotte du ministre, pourrait toutefois aussi bien recouvrir une façon d’augmenter artificiellement les notes à l’épreuve de physique-chimie en remplaçant le besoin de connaissances de notions du programme en une simple lecture de documents.

On verra à l’usage.


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