Canicule 2026 : collèges, lycées, CIO

La nouvelle vague de très fortes chaleurs qui touche l’Hexagone depuis mercredi dernier fait une nouvelle fois apparaître l’impréparation manifeste de l’Education nationale face aux épisodes caniculaires : la trajectoire du réchauffement climatique est connue, documentée, mais les gouvernements successifs ont refusé de financer, à la hauteur des besoins, le grand plan de financement de rénovation thermique du bâti scolaire. Résultat, des températures très élevées dans les collèges et les lycées dès qu’une vague de chaleur apparaît
– lors de première vague de notre météo des classes, fin mai, 78 % des collèges et des lycées ont relevé une température de plus de 30 degrés, 87 % des établissements n’ont pas mis en place de mesures d’adaptation.
– lors de la deuxième vague, entre le jeudi 18 et 19 juin, 88% des réponses indiquent un collège ou un lycée où la température dépasse les 30 degrés.

Pour la semaine à venir, continuez de compléter notre enquête flash « météo des classes », 2 questions, 5 minutes https://r.snes.edu/canicule2026 (accès syndiqués)



On ne compte plus les témoignages de bricolage au sens propre comme au sens figuré : professeurs qui amènent leurs propres ventilateurs, qui scotchent des couvertures de survie aux fenêtres etc.

Mais, dans cette vague de fortes chaleurs témoigne aussi d’une gestion de la crise révélatrice de la conception de l’action publique en période de crise par les gouvernements successifs d’Emmanuel Macron.

Renvoi au local, quand le gouvernement se défausse de ses responsabilités

La majorité des départements de l’Hexagone vont être en vigilance orange ou rouge. Dimanche soir, plus de 90 % de la population est sous vigilance rouge ou orange ; 35 millions de personnes concernées par la vigilance rouge. Cette dernière se définit , selon Météo France, comme une « canicule extrême, exceptionnelle par sa durée, son intensité, son extension géographique » avec « fort impact sanitaire pour l’ensemble de la population »

Le SNES-FSU a demandé des mesures générales qui correspondent au niveau de vigilance et qui permettent d’avoir un cadre de décision global. Le gouvernement, et dans l’Education, le ministre, refusent et s’obstinent à renvoyer la gestion de cette crise au niveau local. C’est donc au par cas, lorsque les conditions de sécurité ne sont pas satisfaisantes, que des décisions de fermetures ou d’aménagements dans l’organisation des établissements peuvent être prises.


Il n’est pas acceptable de laisser chaque établissement décider des aménagements horaires ou organisationnels : les retours de ces derniers jours confirment une grande confusion où, à quelques kilomètres de distance, un établissement peut être ouvert et un autre voir ses cours suspendus. Pour la lisibilité, la clarté, la compréhension mais aussi l’acceptation générale de la situation, il faut des décisions claires.

Tout au long du week-end, les informations de fermetures ou d’aménagements sont tombées. Il n’y a pas une seule décision qui ressemble à une autre.
En vigilance orange ou rouge, avec près de 40 degrés à certains endroits, comment comprendre qu’il soit nécessaire d’attendre ou de vérifier sur place, une fois que des personnels et des élèves sont là, qu’il n’est pas possible de faire cours dans des salles surchauffées et de renvoyer tout le monde ? Avec les températures annoncées, il est incompréhensible qu’il n’y ait pas de décision uniforme à l’intérieur d’un département ou d’une zone de vigilance. L’argument de l’adaptation de certains bâtiments scolaires ne tient pas vu les températures attendues.

Refuser prendre des mesures de protection collective, c’est individualiser les risques et donc individualiser les responsabilités. Comme toujours, les gouvernements macronistes, en renvoyant la décision au local se défaussent de leurs responsabilité aussi bien sur la prise de décision que sur le traitement de la crise climatique.

Agir ensemble pour vos droits !

Face à l’improvisation permanente, à des conditions de travail inacceptables, qui peut aussi avoir des conséquences sur leur santé, le SNES-FSU appelle les personnels à se mobiliser, pour faire valoir leurs droits dans les établissements
– remplir le Registre Santé et Sécurité au travail
– s’adresser collectivement (courrier etc) au Recteur ou à la Rectrice pour exiger des aménagements urgents (suspension des cours, réorganisation etc)
– user de son droit de retrait (cette procédure est un droit individuel, dont l’utilisation est définie de manière stricte, cf ci-dessous)
– le SNES-FSU a également déposé un préavis de grève sur la période.

Dans tous les cas, contactez votre section SNES-FSU académique le SNES près de chez vous.

Les références réglementaires

Depuis le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025, les « épisodes de chaleur extrême » concernent à la fois les épisodes « jaune », « orange » ou « rouge ». Dès le déclenchement des vigilances, des mesures de prévention adaptées doivent être mises en œuvre par l’employeur, notamment :

– l’adaptation de l’organisation du travail, des locaux et des horaires de travail

– la mise en œuvre de moyens techniques pour réduire le rayonnement solaire

– la mise à disposition d’eau potable fraîche et d’équipements de protection individuelle

– l’information et formation adéquates des personnels

Ces règles du code du travail s’appliquent à l’Éducation Nationale. Si aucune modalité d’aménagement ne permet l’accueil des personnels et des élèves en toute sécurité, la question de la fermeture de l’établissement doit être posée.

Il n’existe pas de seuil réglementaire d’exposition aux fortes chaleurs, mais aucune situation de travail ne doit porter atteinte à la santé et l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), indique « au delà de 30 °C pour une activité de bureau et de 28 °C pour un travail physique, la chaleur peut constituer un risque pour la santé des salariés ».

La canicule exceptionnelle qui a débuté et qui va s’étendre sur la semaine va exposer une grande partie des personnels et des élèves à des situations de travail intenables et dangereuses pour la santé.

Le droit de retrait : qu’est-ce que c’est ?

Dans ce contexte, en prenant en compte aussi les risques d’exposition aux fortes chaleurs durant le trajet domicile/travail, ou entre sites différents, il peut être légitime et utile d’exercer un droit de retrait.

Ce droit est individuel. Toute personne qui a un motif raisonnable de penser que sa situation de travail l’expose dans l’immédiat à un danger grave (risque de mort ou d’atteinte durable à la santé) peut se retirer de cette situation.

La personne qui exerce son droit de retrait doit prévenir par tout moyen son supérieur hiérarchique. 

Se retirer de la situation ne signifie pas systématiquement quitter l’établissement. Dans la situation présente, cela peut par exemple être quitter une salle, avec les élèves, pour un lieu moins exposé à la chaleur et/ou mieux aéré.

Le droit de retrait ne doit pas créer de danger supplémentaire pour d’autres personnes. Il peut s’agir par exemple de quitter un espace suffoquant avec les élèves, sans les exposer à d’autres risques.

Prendre en compte l’état de santé et/ou l’exposition particulière d’un espace de travail

Le droit de retrait permet aussi de prendre en compte la situation particulière ou individuelle : lieu de travail particulièrement exposé, transports en communs, femmes enceintes, personnes atteintes de maladies chroniques et notamment cardio-vasculaires, certaines situations de handicap, traitements médicamenteux…

Face à l’absence d’évaluation du risque caniculaire par notre ministère, il est important de faire valoir ses droits.

Il faut signaler tout exercice du droit de retrait à vos représentant-es en F3SCT académique ou départementale.

Exercer sont droit de retrait c’est aussi prendre acte de l’impossibilité d’enseigner dans les conditions extrêmes et sans moyens adaptés.

Pour le SNES-FSU, protéger véritablement les personnels passe par des mesures d’ensemble pour un département ou une académie, pour protéger pleinement tous les personnels et les élèves.


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