Le ministère a fait paraître le 26 août une circulaire sur le calendrier des épreuves des examens pour la session 2027. Le texte revendique de « mieux prendre en compte les conséquences des épisodes de fortes chaleurs » par rapport à la session 2026.
Avec le dérèglement climatique, les fins d’année scolaire sont de plus en plus éprouvantes pour les élèves comme pour les personnels en raison des chaleurs intenses, rendant la vie des établissements (cours et examens) plus difficiles à organiser dans des conditions convenables. Il aurait donc fallu accorder explicitement une priorité des missions d’examens sur toutes les autres missions des professeur·es. Il en va de la santé des personnels mais aussi de l’intérêt des candidat·es qui doivent être évalué·es par des examinateurs et examinatrices disponibles de corps et d’esprit. Il est donc irresponsable d’écrire qu’il faudra poursuivre les cours et les activités pédagogiques « le plus tard possible, grâce à un aménagement de l’emploi du temps des classes qui tienne compte de la disponibilité effective des enseignants ». Le SNES-FSU veut croire que le ministère donne ici instruction de décharger de cours les professeur·es convoqué·es aux examens, et non qu’il demande aux chef·fes d’établissement de modifier les emplois du temps afin de faire cumuler les tâches d’enseignement et d’examens, augmentant ainsi le risque d’épuisement professionnel.
Une autre phrase est particulièrement inquiétante : elle demande aux services de veiller pour les examinateurs et examinatrices « à l’équilibre entre leur charge d’enseignement et les missions qui leur sont confiées au titre des examens ». S’il s’agit de tenir compte des temps partiels et de ne pas dépasser les maximas hebdomadaires de service, c’est une bonne chose mais le ministère doit clarifier l’écriture. Si en revanche l’intention est d’imposer une organisation « oraux le matin / cours l’après-midi » ou « cours la journée et correction de copies le soir, la nuit et les week-ends », c’est une provocation que le SNES-FSU ne laissera pas passer !
De plus, le ministère invoque, à juste titre, les risques de canicules pour faire passer les oraux uniquement le matin et non l’après-midi, mais cela ne l’empêche pas de préconiser la poursuite des cours, l’après-midi, en parallèle des examens… par temps de canicule ! Cherchez l’erreur.
Le ministère mesure-t-il vraiment les risques psycho-sociaux qu’il fait peser sur les personnels ?
La situation dans laquelle il envisage de placer les professeur·es de lettres en particulier est intenable. Cela fait des années que le SNES-FSU alerte sur la charge de travail insupportable au moment des examens. Mais alors qu’enfin l’administration reconnait le travail aussi lourd qu’invisible de préparation des oraux des EAF en dispensant de surveillance d’épreuves les enseignant·es de lettres, elle prolonge la période de passation de ces oraux jusqu’au 9 juillet ! C’est un tunnel dont ces collègues ne verront pas le bout ! Si cette mesure était appliquée, les professeur·es de lettres seraient d’examen pendant un mois entier, voire un mois et demi si elles et
ils sont aussi convoqué·es pour les épreuves de BTS, ce qui est très souvent le cas. Le ministre doit renoncer à l’idée de ne faire passer les oraux des EAF, comme les autres épreuves orales, que le matin. L’allongement des périodes d’examens et le surcroit de déplacements que cela entrainerait, conduiraient à une amplification de la charge de travail, une aggravation de la fatigue et des autres risques professionnels pesant sur les collègues et les candidat·es pâtiraient aussi de fait de ces nouvelles conditions.
D’autres solutions existent !
Le SNES-FSU a d’autres propositions pour améliorer la situation et conserver des épreuves terminales, nationales et anonymes : réel desserrement du calendrier en commençant plus tôt, équipements rafraichissants pour les salles d’examens, organisations judicieuses dans certaines académies à généraliser… La suppression du Grand Oral, épreuve en total décalage avec les apprentissages faits en classe, permettrait également de rendre de la souplesse au calendrier des examens. Le SNES-FSU demande également que les épreuves écrites de spécialités se déroulent sur une seule journée, sans sujets d’inégale difficulté entre jour 1 et jour 2.
Le ministère doit entendre les propositions de SNES-FSU qui connait le terrain, pour que la prochaine session d’examens ne soit pas un enfer ! Le SNES-FSU demande au ministre de suspendre cette circulaire et reprendre les concertations.
Paris, le 28 août 2026



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