Plus fréquentes en lycée professionnel et en Éducation prioritaire
Sans que cela soit une grande surprise, on retrouve quasiment autant d’UPE2A en lycée professionnel qu’en lycée général et technologique alors que ces derniers sont plus nombreux. De même, dans les collèges, près d’un tiers des UPE2A (NSA ou non) sont dans des établissements d’Éducation prioritaire alors que ceux-ci ne représentent que 20 % de tous les collèges. Il y a donc une grande inégalité de traitement de ces élèves.
Des structures à géométrie variable
Les UPE2A ont des effectifs qui varient tout au long de l’année. S’il y a, en moyenne, 18 élèves par dispositif, ce chiffre n’est valable qu’à un moment donné et cache une grande disparité (jusqu’à plus de cent élèves à Mayotte). Dans 29 % des établissements, les élèves ne bénéficient pas de la double inscription qui leur permet une inclusion programmée dans les classes.
Il existe en parallèle des élèves qui n’ont pas été scolarisées auparavant et qui intègrent des UP2A non NSA. Plus de la moitié de celles-ci reçoivent des enfants qui n’ont pas été scolarisé.es auparavant. Il est donc urgent d’ouvrir de nouvelles unités pour intégrer ces élèves.
Les élèves de ce dispositif, suivent autour de 12 heures (médiane) de FLS (Français langue seconde).

Dans 60 % des établissements accueillant une UPE2A, d’autres élèves que celles et ceux de l’unité bénéficie de soutien FLS. Cela démontre que ce besoin dépasse les limites du dispositif. Son horaire reste cependant faible avec en moyenne 2,67 heures par semaine (pourtant ces élèves comptent dans les chiffres du ministère qui affiche 9 élèves sur 10 bénéficiant de soutien FLS).
Enfin, en ce qui concerne la possibilité de réaliser une seconde année en UPE2A en cas de nécessité pour les élèves, cela n’est possible que dans un quart des établissements. Dans les autres, il faut que les personnels luttent pour permettre cette prolongation. Dans 10 % des établissements, cela est systématiquement refusé.
Un budget spécifique dans à peine la moitié des UPE2A
Là encore, d’importantes disparités existent entre les établissements bénéficiant d’un budget spécifique (principalement avec une dotation ciblée du département ou de la région) et d’autres qui n’ont presque rien. La somme varie fortement de 150 € par structure jusqu’à 2000€.
Des personnels qualifié·es, investi·es mais peu reconnu·es par l’institution
95 % des référent·es UPE2A ont une formation spécifique pour enseigner, parfois deux. 75% d’entre eux ou elles possèdent la certification FLS. Un tiers des personnels ont un master FLS. D’autres formations existent de manière plus anecdotiques (CAPPEI, DELF…).
Il existe désormais une très grande disparité entre ces personnels enseignants : un tiers ne touchant rien et deux tiers obtiennent la NBI ou une IMP et parfois, à la marge, on propose de les rémunérer avec une part de Pacte ou des HSA. Cette situation est scandaleuse et ne peut plus durer.
Dans plus de 70 % des cas, les professeur·es ont candidaté sur un poste spécifique. Ils et elles sont principalement des professeur.es de lettres modernes (61 %). Ils et elles enseignent en moyenne 15,5 heures dans le dispositif (avec une médiane à 18 h soit un service complet).
Ce qu’exige le SNES-FSU
Cette enquête nous a permis de documenter les réalités très disparates des personnels enseignant en UPE2A. Le SNES-FSU poursuit ses travaux et revendique la mise en place d’un cadre national pour les UPE2A. Ce cadre national est une urgence tant pour les élèves que pour les professeur·es. Il faut augmenter le nombre de structures (NSA ou non) pour que tou·tes les élèves soient acceuilli·es dans de bonnes conditions et ce sur l’ensemble du territoire. Il faut aussi que l’engagement des personnels soit reconnu et valorisé à sa juste valeur.






Élections professionnelles :