Directeur des affaires scolaires de G. Attal en 2023, É. Geffray manipule les mêmes grosses ficelles : utiliser PISA pour avancer dans ses réformes au pas de charge et dévoiler ses objectifs postélectoraux. Il y a trois ans PISA avait servi à lancer la réforme du Choc des savoirs avec le principe des groupes de niveau, du DNB obligatoire pour entrer au lycée et la Prépa-Seconde. Le développement de l’apprentissage est allé de pair avec le sabotage des lycées professionnels. La mobilisation de la profession avec le SNES-FSU a endigué une bonne partie de ces mesures qui augmentent les inégalités sociales et scolaires.
Les résultats de PISA sont connus des ministères de l’Éducation six mois avant leur publication. Les élèves testé·es sont surtout en Seconde. Celles et ceux qui sont au lycée général et technologique obtiennent des résultats comparables aux autres pays de l’OCDE. Ce sont surtout les élèves de milieu populaire, concentré·es au lycée professionnel ou en CAP, dont les scores sont faibles. Est-ce étonnant quand les dotations horaires sont sabrées année après année même en Éducation prioritaire et que les effectifs de classe sont les plus chargés d’Europe ?
Que reste-t-il d’unique au collège ?
Ce n’est pas le manque de moyens que cible le ministre mais le collège, taxé d’être « complètement monolithique ». Le ministère irait-il jusqu’à exclure certain·es élèves de 15 ans de l’École afin d’améliorer les résultats de PISA ? En tous cas, depuis 2017, toutes les modifications des textes officiels concourent à individualiser le fonctionnement des collèges et à les mettre en concurrence à travers leur « coloration » (horaires plafond d’options, devoirs faits, etc.). S’il demeure une grille horaire nationale, le fonctionnement des groupes de niveau était initialement prévu pour différer d’un collège à l’autre. S’ils avaient perduré, il n’aurait plus été possible de respecter la loi, c’est-à-dire d’appliquer les mêmes programmes disciplinaires pour l’ensemble des élèves.
« La réduction de la taille des classes ne peut pas être le seul horizon. […] On devrait utiliser la baisse démographique pour redonner une marge d’autonomie aux établissements », dit É. Geffray, prêt à se couler dans les programmes les plus droitiers. PISA devient une belle occasion de tenter de multiplier les écoles du socle accueillant élèves de primaire et collégien·nes avec à la clé des échanges de services interdegrés pour préparer la fusion des corps de professeur·e des écoles et de professeur·e du second degré, limiter l’enseignement à des apprentissages procéduraux pour les élèves les plus faibles, recruter localement les personnels, réinstaurer un palier d’orientation en fin de Cinquième, etc.
Collèges en progrès : la matrice
Une instruction coercitive, envoyée aux personnels des « collèges en progrès », affirme la volonté d’« agir sur les pratiques pédagogiques », c’est-à-dire d’imposer à tou·tes les professeur·es l’enseignement explicite à la québécoise. À quand nos diaporamas de cours fournis par le ministère, qui annonce déjà rouvrir le chantier de manuels labellisés pour le CP et CE1 ? Le SNES-FSU et la profession ne laisseront pas faire !





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